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L'évolution des prix des terres agricoles en Europe

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2026
  • N° : 292 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 24/02/2026
    • de BERNARD Alice
    • à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
    Les dernières données publiées par Eurostat montrent une nouvelle hausse significative des prix des terres agricoles au sein de l’Union européenne : +6,1 % en un an, avec un prix moyen de 15 224 euros/ha en 2024. Les fermages suivent la même tendance, avec une augmentation de 6,4 %.

    Si les écarts sont importants entre États – de Malte à la Slovaquie – la Wallonie n’échappe pas à la pression foncière. Selon l’Observatoire du foncier agricole, le prix moyen d’un hectare atteignait 41 128 euros en 2024, avec des pointes à près de 70 000 euros dans la région limoneuse namuroise. Les fermages wallons, eux, s’élèvent en moyenne à 262 euros/ha pour les terres arables et 242 euros/ha pour les prairies, selon Statbel.

    Ces montants constituent un obstacle majeur pour les jeunes agriculteurs, pour la transmission des exploitations et pour l’installation en agriculture paysanne. La terre devient un actif financier soumis à la spéculation plutôt qu’un outil de travail au service de la souveraineté alimentaire.

    Mme la Ministre dispose-t-elle d’indicateurs attestant d’une intensification de la spéculation foncière dans certaines zones de notre région ?

    Quelles mesures concrètes compte-t-elle prendre pour garantir un accès abordable à la terre, en particulier pour les jeunes agriculteurs et les projets agroécologiques ?

    Envisage-t-elle un renforcement des outils publics de régulation foncière afin d’enrayer cette spirale inflationniste ?
    Si oui, lesquels ?
  • Réponse du 24/02/2026
    • de DALCQ Anne-Catherine
    L’Observatoire du foncier agricole a analysé les prix de vente de la zone agricole non bâtie pour l’année 2024. Il en ressort un prix moyen de 41 128 euros/ha pour l’ensemble de la Région wallonne, et une augmentation de 51 % depuis 2017, soit une augmentation annuelle moyenne de 6,1 % entre 2017 et 2024.

    La différence de prix entre les régions agricoles provinciales wallonnes peut s’expliquer par divers facteurs, entre autres :
    - la qualité agronomique des terres, meilleure dans les régions agricoles (sablo-)limoneuse ou du Condroz (Hainaut, Namur, Brabant wallon) qu’en Ardenne ou en région jurassique (Luxembourg) ;
    - la répartition entre les prairies et terres arables, les premières étant plus nombreuses dans le Sud et l’Est de la région et présentant un prix près de 40 % moins élevé que les secondes ;
    - la proximité frontalière.

    La problématique de l’accès au foncier en Wallonie est le résultat de l’addition de trois phénomènes :
    - une location en baisse ;
    - une location qui ne se fait pas toujours sous bail à ferme ;
    - un prix d’achat élevé et en augmentation.

    Trouver une solution afin d’améliorer l’accès au foncier nécessite donc de s’attaquer à ces trois phénomènes de front, sachant que toucher à l’un peut influencer les autres.

    C’est la raison pour laquelle j’ai lancé des groupes de travail thématiques rassemblant les parties prenantes depuis novembre 2025 travaillant sur divers axes d’amélioration : rendre le bail à ferme plus attractif, revoir les dérives de la réglementation sur la mise en location des biens publics, définir la notion de l’agriculteur actif, etc. La question des prix des terres agricoles sera également examinée dans un groupe de travail spécifique à ce sujet.

    Comme je l’ai déjà souligné à plusieurs reprises, le travail sur le foncier agricole est à la fois complexe et de grande ampleur. Ma volonté n’est pas d’apporter des réponses superficielles, mais bien de renforcer l’accès à la terre pour les agriculteurs qui travaillent réellement la terre, tout en garantissant une sécurité juridique équitable et cohérente pour l’ensemble des acteurs concernés.

    Une politique foncière agricole ambitieuse et efficace doit reposer sur plusieurs axes complémentaires. Elle ne requiert pas nécessairement des moyens financiers supplémentaires, mais surtout des réformes structurelles permettant d’assurer la transparence, la justice et la durabilité dans la gestion du foncier.