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Le cadre incomplet au Département de la nature et des forêts (DNF)

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2026
  • N° : 339 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 20/03/2026
    • de BERNARD Alice
    • à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
    La situation du Département de la nature et des forêts (DNF) a déjà été abordée plusieurs fois en commission. Alors que la Région wallonne fait face à des défis majeurs tels que le réchauffement climatique, l'effondrement de la biodiversité et la dégradation de ses forêts publiques, près d'une centaine de postes restent vacants et certaines missions essentielles ne peuvent déjà plus être assurées.

    Cette situation est d'autant plus incompréhensible que des jeunes se forment chaque année, notamment à l'École de la Reid, afin de devenir des agents hautement qualifiés pour intégrer le DNF. Ces formations exigent un investissement considérable : quatre années d'internat, un engagement personnel total, des sacrifices financiers importants et l'acquisition de compétences pointues. On demande à ces jeunes de se former, de s'investir « corps et âme », puis de rejoindre rapidement le marché du travail. Dans le même temps, l'Office wallon de la formation professionnelle et de l'emploi (FOREm) exerce une pression constante pour une mise à l'emploi rapide.

    Or, une fois diplômés, beaucoup se heurtent à une réalité brutale : on leur dit qu'il n'y a pas de postes disponibles dans le domaine pour lequel ils se sont formés. Cette incohérence est humainement injuste et politiquement irresponsable.

    Comment justifier qu'on laisse fermer des triages, que l'on reporte des martelages, que l'on perde des recettes communales et que l'on désorganise des filières locales, alors même que du personnel compétent existe ?

    Comment expliquer que l'on invoque des contraintes budgétaires quand il s'agit de protéger un patrimoine naturel essentiel et d'assurer des missions de service public fondamentales ?

    Ne pas investir aujourd'hui dans le DNF, c'est accepter consciemment l'affaiblissement de la gestion forestière publique, au détriment de l'environnement, des citoyens et des générations futures. Cette politique de non-remplacement des départs et de sous-effectif permanent est absurde face aux enjeux climatiques actuels, et ses conséquences pourraient être qualifiées de graves, voire criminelles à long terme.

    Il semble que le moratoire à l'embauche ait été levé concernant le DNF.

    Mme la Ministre peut-elle indiquer combien de postes sont ouverts ?

    Cela sera-t-il suffisant pour compléter le cadre ?

    Dans quel délai le cadre sera-t-il complet ?

    Il semble également que les marchés publics pour les uniformes et les équipements prennent plus de temps que prévu.

    Dans quel délai les agents pourront-ils recevoir les moyens pour exercer pleinement leurs missions ?
  • Réponse du 04/05/2026
    • de DALCQ Anne-Catherine
    De manière générale, les étudiants issus des filières « Forêt et Nature » ne s’orientent pas majoritairement vers une carrière au sein du Département de la nature et des forêts.

    La diversité des compétences acquises au cours de leur formation leur ouvre en effet un large éventail d’opportunités professionnelles, notamment dans les secteurs des travaux forestiers et horticoles ou au sein d’ASBL actives dans les domaines de la nature et de l’environnement, des contrats de rivière.

    Le DNF assure, pour le compte des communes et de la collectivité, un service public de gestion forestière reconnu pour sa qualité, sa proximité et son expertise. Ce service repose en grande partie sur la connaissance fine des territoires, la continuité du suivi et l’investissement des agents sur le terrain. Les partenaires sont inquiets et j’ai d’ailleurs été interpellée par plusieurs commune ainsi que par l’UVCW. À ce jour, la priorité est de poursuivre le service à ces partenaires. Il n’y a donc pas de pertes à ce jour, les martelages en forêts communales étant assurés.

    Le moratoire sur les procédures d’engagement et de recrutement est effectivement levé depuis le 5 février.

    Le plan de personnel du SPW ARNE élaboré par le Directeur général pourra contribuer à apporter certaines réponses à la situation actuellement rencontrée au sein du DNF.

    Le Directeur général élabore le plan de personnel dans le cadre d’une enveloppe globale budgétaire fixée par le Gouvernement sur la base de la méthodologie proposée par le Costra. À ce stade, le plan de personnel prévoit l’engagement de trois chefs de cantonnement.

    Une demande d’ouverture des postes d’encadrement a été transmise par la DG Support à la ministre de la Fonction publique, qui devrait statuer prochainement sur ce point. Je soutiens cette demande, qui permettrait de pourvoir aux postes d’encadrement des services extérieurs du DNF. Dans ce cadre, les agents promus par avancement de grade seraient remplacés poste pour poste. Une rencontre avec les représentants syndicaux a eu lieu afin d’échanger avec eux sur le bien-être des agents.

    En ce qui concerne les marchés publics, celui des chaussants est en cours. Les agents ont procédé aux essayages des bottines et bottes dans le courant du mois de mars et ont passé commande. Je poursuis mes contacts avec ma collègue, Ministre de la Fonction publique, afin de la sensibiliser au cas particulier du DNF tant sur le personnel que sur les équipements.

    En parallèle, nous collaborons avec le CODEP pour trouver des solutions qui permettent d’assurer le maintien des missions essentielles tout en réduisant la charge de travail et la charge mentale des agents. Un travail sur les missionset sera effectivement effectué. Il doit être lié à la simplification administrative des missions, à la charge administrative relative à leur mise en œuvre, et au travail plus global de réorganisation du travail au sein du SPW ARNE pilotée par le DG.