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La guerre du steak

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2026
  • N° : 351 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 24/03/2026
    • de BERNARD Alice
    • à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
    Un récent article du magazine Le Sillon belge revient sur le compromis européen qui prévoit d'interdire l'appellation « steak végétal », tout en autorisant des dénominations telles que « burger végétarien » ou « saucisse végétale ». Cette décision, issue de négociations entre les institutions européennes et les États membres, est présentée par certains comme une mesure de protection des filières d'élevage et de clarification pour les consommateurs.

    Cependant, ce compromis soulève plusieurs interrogations. D'une part, la règle apparaît incohérente : pourquoi interdire le mot « steak » tout en autorisant d'autres termes historiquement associés à la viande ?

    D'autre part, plusieurs associations de consommateurs estiment que cette distinction arbitraire risque au contraire d'accroître la confusion.

    Au-delà de la question sémantique, ce débat révèle surtout les tensions qui traversent aujourd'hui notre système alimentaire. Les éleveurs wallons vivent une situation difficile et doivent être soutenus. Mais, dans le même temps, les alternatives végétales se développent rapidement, notamment pour des raisons climatiques, de santé ou de bien-être animal. La transition de nos systèmes alimentaires ne peut donc pas se réduire à une bataille de mots.

    Quelle est la position du Gouvernement wallon sur cette décision européenne relative aux dénominations des produits végétaux ?

    Mme la Ministre considère-t-elle que cette interdiction du terme « steak végétal » constitue réellement un soutien pertinent aux éleveurs wallons ?

    Plus largement, comment la Wallonie entend-elle accompagner à la fois la viabilité économique de l'élevage et l'évolution des pratiques alimentaires vers davantage de diversification des protéines ?
  • Réponse du 04/05/2026
    • de DALCQ Anne-Catherine
    Cette matière n’étant pas de la compétence de la Région wallonne, je ne peux me prononcer sur la position du Gouvernement wallon quant à cette décision. En revanche, en tant que ministre de l’Agriculture, je salue cette décision qui va dans le bon sens. Je trouve cependant dommage que cela n’ait pas été étendu aux autres appellations, comme pour les saucisses et les boulettes. L’Union européenne clarifie les dénominations pour ne pas tromper le consommateur et permettre à toutes les filières d’exister de façon transparente et claire. Il était en effet incohérent de parler de steak végétal quand le produit n’était finalement pas un steak. Les industriels ne pourront plus semer une certaine confusion entre les dénominations qui pouvaient induire les consommateurs en erreur. Il est évident que certaines incompréhensions demeurent ; ce qui est, pour moi, une déception.

    La Wallonie est une région riche de son élevage bovin. Malheureusement, ce secteur est en difficulté et le cheptel wallon continue sa diminution progressive. Il est essentiel de préserver le cheptel wallon afin de soutenir nos exploitations wallonnes, de garantir une production locale de qualité et d’éviter la consommation de produits importés issus de systèmes d’élevage aux standards moins exigeants.

    De plus, je rappelle l’étude menée par Gembloux Agro-Bio Tech portant sur la possibilité pour la Wallonie d’atteindre une autosuffisance alimentaire déjà mentionnée en commission en octobre dernier et en plénière ce 8 avril 2026. L’étude mettait en avant l’importance de la matière organique d’origine animale, indispensable pour entretenir la fertilité des sols. Nos bovins entretiennent et valorisent nos prairies, qui sont indispensables pour la biodiversité notamment.

    Dans ce contexte, il est important de conscientiser le consommateur à se tourner davantage vers la viande locale, ce que le repère fort va apporter. C’est donc une opportunité ici de revaloriser la viande locale de qualité tout en permettant d’avoir un impact sur le revenu des éleveurs wallons. Pour rappel, la PAC propose également plusieurs mesures pour soutenir l’élevage wallon.