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Le risque de gaspillage massif de pommes de terre

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2026
  • N° : 352 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 24/03/2026
    • de BERNARD Alice
    • à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
    La presse a récemment alerté sur un risque de gaspillage spectaculaire de pommes de terre en Belgique. Selon les estimations du secteur, jusqu'à 800 000 tonnes de pommes de terre pourraient rester sans débouché, faute d'acheteurs. Dans le même temps, les prix du marché libre se sont effondrés, tombant autour de 10 euros la tonne, un niveau historiquement bas pour les producteurs.

    Cette situation s'explique notamment par une production en hausse et une demande insuffisante, ainsi que par un système fortement contractuel : environ 70 à 80 % de la production est couverte par des contrats avec l'industrie, laissant le reste exposé aux fluctuations brutales du marché.

    Le résultat est paradoxal et inquiétant : alors que de nombreux ménages peinent à accéder à une alimentation de qualité et que les banques alimentaires sont sous pression, des centaines de milliers de tonnes de nourriture risquent d'être déclassées, dirigées vers l'alimentation animale, le biogaz, voire détruites.

    Au-delà du choc économique pour les agriculteurs, cette situation pose aussi une question environnementale et sociale majeure : produire pour finalement jeter est un non-sens à l'heure où l'on demande au secteur agricole d'être plus durable.

    Comment le Gouvernement wallon analyse-t-il cette situation de surproduction et de chute des prix ?

    Quelles mesures Mme la Ministre envisage-t-elle pour éviter que ces volumes ne soient gaspillés, notamment via des circuits solidaires, les banques alimentaires ou la transformation locale ?

    Enfin, cette crise ne révèle-t-elle pas les limites d'un système agricole dépendant de quelques grands acteurs industriels ?

    Le Gouvernement wallon compte-t-il renforcer la régulation et la diversification des débouchés afin de mieux protéger les producteurs ?
  • Réponse du 04/05/2026
    • de DALCQ Anne-Catherine
    L’année 2025 se distingue par une augmentation significative des superficies, tant en Wallonie que dans les pays limitrophes. Les conditions climatiques particulièrement favorables ont, en outre, permis d’atteindre des rendements très élevés, entraînant une offre largement excédentaire par rapport à la demande sur le marché libre.

    À l’automne dernier, des négociations ont été engagées avec les enseignes de la grande distribution afin de les sensibiliser à l’importance du surplus de production et de favoriser l’écoulement des pommes de terre belges. En parallèle, des contacts ont été pris avec les banques alimentaires et d’autres acteurs de l’aide alimentaire. Le Collège des Producteurs collabore notamment avec les organisateurs de la Bourse aux dons afin d’assurer une redistribution efficace, comme ce fut le cas en 2021. Cette politique est bien en cours.

    Réduire la dépendance des agriculteurs à la filière pomme de terre passe par le développement de débouchés alternatifs, à la fois rentables et durables. La structuration de nouvelles filières est essentielle, mais nécessite du temps pour produire des résultats significatifs. Ces alternatives restent viables et sécurisées à condition d’être encadrées par des contrats avec les acheteurs. Parmi les pistes envisagées figurent notamment l’orge brassicole, les céréales panifiables (y compris via des contrats pour des biscuiteries), les pois protéagineux (soutenus par l’implantation d’une nouvelle usine à Mettet) ainsi que le tournesol, dont la culture progresse. Le développement de ces filières pourra également être renforcé par la mise en place d’un repère fort avec la mise en avant de ces productions wallonnes.