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La suspicion de cas de maladie de Carré à Bassenge

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2026
  • N° : 357 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 30/03/2026
    • de BERNARD Alice
    • à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
    Selon un article de presse paru le 26 mars 2026, un renard mort et un blaireau agonisant ont été découverts le week-end du 21 mars à Eben-Emael, sur le territoire de la commune de Bassenge. Les premiers constats du Département de la nature et des forêts (DNF) laissent envisager une possible contamination à la maladie de Carré, une infection virale hautement contagieuse et souvent mortelle, sans exclure toutefois l'hypothèse de la gale.

    Cette situation suscite de vives inquiétudes, tant pour la faune sauvage que pour les animaux domestiques, en particulier les chiens, pour lesquels des consignes de vigilance ont déjà été diffusées (tenue en laisse, éviter les contacts, etc.).

    Mme la Ministre peut-elle confirmer si des analyses ont été réalisées afin d'établir avec certitude l'origine de ces cas (maladie de Carré, gale ou autre pathologie) ?

    Quels en sont les résultats à ce stade ?

    Dispose-t-elle d'informations sur une éventuelle propagation de la maladie de Carré dans la faune sauvage en Wallonie, et plus particulièrement dans la province de Liège ?

    Quels dispositifs de surveillance sanitaire sont actuellement en place pour détecter et suivre ce type de maladies chez les animaux sauvages ?

    Quelles mesures concrètes ont été prises ou sont envisagées pour limiter la propagation de cette maladie, notamment en matière de coordination entre le DNF, les communes et les services vétérinaires ?

    Une communication spécifique à destination des citoyens et des propriétaires d'animaux est-elle prévue ou renforcée, afin d'éviter tout risque de transmission ?

    Enfin, la Région wallonne envisage-t-elle de renforcer les moyens alloués à la surveillance et à la gestion des maladies affectant la faune sauvage, dans un contexte où ces risques semblent croissants ?
  • Réponse du 11/05/2026
    • de DALCQ Anne-Catherine
    Le Département de la nature et des forêts (DNF) a pris connaissance des faits en question par voie de presse. Il n’a été sollicité ni par l’administration communale concernée, ni via le service de signalement SOS Environnement, ni encore au travers du formulaire de signalement en ligne du site biodiversité du SPW.

    Par ailleurs, selon les éléments portés à ma connaissance, il apparaît qu’un animal aurait été pris en charge par les services communaux aux alentours des 26 mars 2026. Il n’est toutefois pas possible, à ce stade, d’établir avec certitude s’il s’agit du ou des mêmes animaux que ceux mentionnés dans les articles de presse.

    S’agissant de la maladie de Carré, la cellule faune sauvage du DEMNA rappelle qu’il s’agit d’une affection virale bien présente au sein de la faune sauvage. Dans ce cadre, le service de l’Université de Liège, opérant sous convention avec le SPW ARNE, réalise régulièrement des analyses visant à détecter ce virus, principalement chez le renard, mais également chez d’autres espèces telles que le blaireau, le raton laveur ou encore le loup. La détection du virus à plusieurs reprises au cours de l’année ne constitue donc pas, en soi, un phénomène inhabituel.

    À titre d’illustration, en 2022, cinq renards sur 26 analysés ainsi qu’un blaireau se sont révélés positifs. En 2023, quatre renards sur 19 analysés étaient positifs, tandis que les autres espèces testées étaient négatives. En 2024, trois renards sur 32 analysés ont été identifiés comme porteurs du virus, les autres animaux testés étant négatifs. Enfin, en 2025, l’ensemble des analyses réalisées sur les renards, blaireaux et un loup gris se sont révélées négatives.

    La vaccination contre la maladie de Carré fait partie des vaccinations essentielles, mais non obligatoires chez le chien. Elle contribue à la fois à la protection individuelle contre une maladie potentiellement grave et au maintien d’une immunité collective limitant les risques de propagation.

    Plus largement, la surveillance sanitaire de la faune sauvage en Wallonie est assurée notamment par le Service de la santé et des pathologies de la faune sauvage de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Liège, dans le cadre d’une convention avec le SPW ARNE. Cette surveillance repose à la fois sur une approche passive, fondée sur l’analyse de carcasses d’animaux retrouvés morts ou abattus pour raisons sanitaires, et sur une approche active menée notamment au sein des centres de revalidation de la faune sauvage ainsi que sur les animaux prélevés à la chasse. Ces dispositifs contribuent tant à la détection précoce de maladies émergentes qu’au suivi des agents pathogènes circulant de manière endémique.

    Il n’est pas envisagé à ce stade de renforcer spécifiquement les moyens alloués à la surveillance et à la gestion des maladies affectant la faune sauvage. Les ressources disponibles sont mobilisées de manière ciblée et proportionnée, en fonction des risques identifiés et dans le cadre des missions existantes.

    La Région demeure pleinement mobilisée : les dispositifs actuels sont maintenus et leur efficacité fait l’objet d’évaluations régulières afin d’orienter au mieux les priorités d’action. Les collaborations avec les acteurs de terrain, les centres de revalidation, les vétérinaires ainsi que les autorités sanitaires fédérales restent essentielles et permettent de garantir une surveillance adaptée aux enjeux ainsi qu’une capacité de réaction rapide en cas de situation problématique.