Le soutien aux initiatives de sauvetage de la faune lors des fauches agricoles
Session : 2025-2026
Année : 2026
N° : 358 (2025-2026) 1
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Question écrite du 30/03/2026
de BERNARD Alice
à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
Selon un article de presse du 25 mars 2026, l'ASBL Sauvons Bambi, active depuis 2020, a déjà permis de sauver plus de 3 000 faons grâce à l'utilisation de drones thermiques lors des périodes de fauche. L'association lance aujourd'hui un appel à des pilotes bénévoles supplémentaires, notamment dans les provinces du Hainaut et du Luxembourg, où les besoins sont particulièrement importants.
Cette initiative met en lumière une problématique bien connue du monde agricole : chaque année, de nombreux animaux sauvages – notamment des faons, levreaux et oiseaux nichant au sol – sont tués ou gravement blessés lors des travaux de fauche. Cette situation est liée au comportement instinctif de ces animaux, qui se tapissent au sol face au danger.
Au-delà de l'enjeu éthique et de biodiversité, ces situations peuvent également engendrer des conséquences sanitaires pour les élevages. En effet, la présence de carcasses dans les fourrages peut entraîner le développement de bactéries responsables d'intoxications du bétail, avec des pertes économiques à la clé pour les agriculteurs.
La Région wallonne soutient-elle actuellement, financièrement ou logistiquement, des initiatives telles que celles menées par l'ASBL Sauvons Bambi ? Si oui, sous quelle forme et pour quels montants ?
Des dispositifs publics existent-ils pour encourager ou organiser la détection préalable de la faune sauvage avant les opérations de fauche (par exemple via l'utilisation de drones thermiques) ?
La Région wallonne envisage-t-elle de structurer davantage ces pratiques, notamment en facilitant l'accès à du matériel (drones thermiques) ou en soutenant la formation de pilotes, afin de ne pas dépendre uniquement du bénévolat ?
Une réflexion est-elle en cours pour intégrer ces enjeux dans les politiques agricoles, par exemple via des obligations ou incitants pour les entreprises de fauche et les exploitations agricoles ?
Quelles mesures la Région wallonne entend-elle prendre pour mieux prévenir les risques sanitaires liés à la présence de carcasses animales dans les fourrages ?
Enfin, comment la Région wallonne compte-t-elle renforcer la sensibilisation des agriculteurs, des entrepreneurs agricoles et des grandes firmes de fauche à ces enjeux de biodiversité et de santé animale ?
Au regard des résultats obtenus par des initiatives citoyennes comme Sauvons Bambi, Mme la Ministre ne pense-t-elle pas qu'un soutien public plus structurel permettrait à la fois de protéger la biodiversité et de sécuriser les revenus agricoles ?
Réponse du 11/05/2026
de DALCQ Anne-Catherine
Je confirme que la Région wallonne soutient l’ASBL « Sauvons Bambi », aujourd’hui bien reconnue dans le monde agricole.
En 2025, un soutien financier de 7 000 euros lui a été accordé afin d’appuyer ses actions de protection de la faune, d’aide aux agriculteurs lors des fauchages et de sensibilisation à cette problématique. Les démarches de mon administration sont en cours afin de mettre en place un soutien régulier, équivalent à celui de 2025, pour les prochaines années, via une convention pluriannuelle.
L’approche par drones thermiques est effectivement intéressante et a démontré son efficacité en matière de prévention des pertes de faune lors des fauches. Elle constitue toutefois un levier parmi d’autres. D’autres dispositifs existent déjà sur le terrain, comme les barres d’effarouchement installées à l’avant des machines agricoles.
Par ailleurs, plusieurs pratiques favorables à la faune sont déjà encouragées dans le cadre des dispositifs existants, notamment les mesures agroenvironnementales et climatiques. Les MAEC « prairie naturelle » ou « prairie de haute valeur biologique » permettent notamment de réduire les pertes de faune grâce à la mise en place de zones refuges ou au recours à la fauche tardive.
Mon administration ne dispose pas de statistiques officielles consolidées à l’échelle régionale concernant le nombre d’animaux impactés lors des fauches.
Toutefois, les données communiquées par l’ASBL illustrent une forte dynamique, avec une croissance importante de ses activités ces dernières années, tant en nombre de faons sauvés qu’en surfaces couvertes et en mobilisation de bénévoles.
Ma volonté est d’encourager le développement de ce type d’initiatives et, plus largement, l’adoption de bonnes pratiques par les agriculteurs. Cette approche repose sur des dispositifs incitatifs adaptés aux réalités du terrain, plutôt que sur l’imposition de nouvelles contraintes.
Ces bonnes pratiques contribuent à la fois à la protection de la biodiversité et à la prévention des risques liés aux opérations de fauche. Elles s’inscrivent dans une logique de sensibilisation et de responsabilisation des acteurs agricoles, en lien avec les enjeux environnementaux et sanitaires.