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Les microplastiques présents dans les boues d’épuration épandues sur les terres agricoles

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2026
  • N° : 414 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 20/04/2026
    • de BERNARD Alice
    • à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
    Une étude récente menée par l'Institut scientifique de service public (ISSeP) met en lumière une contamination importante des boues de stations d'épuration par des microplastiques. Selon cette étude, ces boues contiennent en moyenne plus de 31 000 particules de plastique par kilogramme, avec des pics dépassant 60 000 particules.

    Or, en Wallonie, près de 66 % de ces boues sont épandues sur des terres agricoles. Cet épandage constitue dès lors une source significative de contamination des sols, avec des conséquences potentielles pour la qualité des terres, des cultures et, à terme, de la chaîne alimentaire.

    Alors que des normes strictes existent pour certains polluants comme les métaux lourds ou les PFAS, aucune réglementation spécifique ne concerne actuellement les microplastiques dans les boues destinées à l'épandage agricole. Cette situation est d'autant plus préoccupante que les stations d'épuration ne sont pas conçues pour filtrer efficacement ces particules.

    Comment le Gouvernement wallon évalue-t-il les risques liés à la présence massive de microplastiques dans les boues épandues sur les terres agricoles ?

    Mme la Ministre dispose-t-elle d'analyses complémentaires permettant d'évaluer l'impact de ces microplastiques sur la qualité des sols agricoles et sur la sécurité alimentaire ?

    En l'absence actuelle de normes spécifiques, envisage-t-elle de fixer des seuils maximaux de microplastiques dans les boues destinées à l'épandage ?

    À court terme, des mesures de précaution sont-elles envisagées afin de limiter l'épandage de boues potentiellement contaminées ?

    Comment la Wallonie se prépare-t-elle à la future obligation européenne de surveillance des microplastiques dans les boues, prévue dans la directive sur les eaux résiduaires à transposer d'ici 2027 ?

    Enfin, le Gouvernement wallon envisage-t-il de soutenir ou de développer des alternatives à l'épandage des boues, afin de réduire cette source de contamination des sols agricoles ?
  • Réponse du 09/06/2026
    • de DALCQ Anne-Catherine
    Les microplastiques (MP) sont des fragments de plastique de 1 µm à 5 mm, aux propriétés variées (densité, forme, polymère, additifs). Les nanoplastiques mesurent moins de 1 µm.

    Les études montrent que les microplastiques, en raison de leurs caractéristiques (surface spécifique, hydrophobie, persistance), peuvent interagir avec des contaminants (métaux lourds, pesticides), influencer les propriétés des sols (structure, rétention d’eau) et perturber les communautés microbiennes. Ils peuvent ainsi affecter les cycles du carbone et de l’azote, ainsi que la faune et la flore du sol. Leur impact sur les plantes reste encore peu documenté, mais des effets sur la croissance et la physiologie racinaire sont évoqués. Ces effets varient toutefois fortement selon les contextes et les concentrations.

    À ce stade, les connaissances restent limitées et nécessitent une harmonisation des méthodes d’analyse.

    La détection des microplastiques dans les sols, sédiments et boues est complexe, faute de méthodes analytiques standardisées et robustes. En Wallonie, plusieurs travaux (ISSeP, ULiège) ont été menés, mais aucune méthode normalisée n’existe à ce jour, contrairement à l’eau. Cela limite le suivi global de la contamination.

    Les premières études, notamment Microplastep, indiquent des niveaux potentiellement élevés dans les boues (environ 30 000 particules/kg MS), mais ces résultats doivent être interprétés avec prudence en raison des limites méthodologiques et du faible nombre d’échantillons.

    Les données sur les sols wallons restent insuffisantes. Des recherches sont en cours, notamment via des projets européens et l’étude régionale Plastagrisol, qui analysera 150 parcelles agricoles avec des résultats attendus en 2029.

    Sur le plan réglementaire, je renvoie l’honorable membre vers mon collègue, M. le Ministre Coppieters, qui a la charge de la gestion de ce dossier. Néanmoins, je souhaite qu’à court terme, l’utilisation des boues de stations d’épuration en agriculture soit abandonnée. Malgré l’application de normes strictes, ces boues ne garantissent pas une absence totale de risques pour les sols, notamment en raison de la présence potentielle de microplastiques ou de métaux lourds.

    Dans cette perspective, il conviendra d’explorer des alternatives, telles que les digestats, ainsi qu’une ouverture encadrée et contrôlée aux effluents organiques en provenance de Flandre. Cette transition devra être menée en concertation avec le secteur agricole afin de répondre au mieux aux réalités du terrain.