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La situation du Biopark de Gosselies et la stratégie wallonne de soutien au secteur des biotechnologies

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2026
  • N° : 587 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 19/05/2026
    • de MAILLEN Vincent
    • à JEHOLET Pierre-Yves, Ministre de l'Economie, de l'Industrie, de l'Emploi, de la Formation, de la Recherche et du Numérique
    Le secteur des biotechnologies constitue un pilier stratégique de l'économie wallonne, tant en matière d'innovation que d'exportations, celles-ci représentant près de 44 % des exportations régionales selon les données de l'Agence wallonne à l'exportation et aux investissements étrangers (AWEx). Dans ce contexte, les évolutions récentes observées au sein des pôles biotechnologiques wallons appellent une attention particulière.

    Au Biopark de Gosselies, l'année écoulée a été marquée par une série de restructurations majeures, incluant des faillites et cessations d'activités d'acteurs. Ces événements ont entraîné la perte estimée de 400 à 500 emplois et une diminution notable de l'emploi total sur le site.
    Parallèlement, environ 20 000 m² de surface (bureaux, laboratoires, salles blanches) seraient actuellement inoccupés à Gosselies, avec un taux d'occupation des incubateurs retombé aux alentours de 60 %. Cette situation devrait encore être accentuée par la mise sur le marché prochaine de près de 19 000 m² supplémentaires via le nouvel incubateur Biotech 5, représentant un investissement d'environ 70 millions d'euros.

    À l'inverse, le LégiaPark affiche une dynamique plus favorable, avec un taux d'occupation avoisinant les 70 % et des perspectives de remplissage à court terme. Ce site se caractérise notamment par une diversification accrue de ses occupants et une moindre dépendance à quelques grands acteurs, contrairement au modèle carolorégien.
    Ces éléments traduisent à la fois la cyclicité du secteur des sciences du vivant, fortement influencé par les dynamiques internationales, mais aussi des différences structurelles entre les écosystèmes wallons.

    Comment le Gouvernement wallon analyse-t-il la situation actuelle du Biopark de Gosselies, marquée par une vacance importante de surfaces et des pertes d'emplois significatives ?

    Quelles mesures sont mises en place pour accélérer la réoccupation des surfaces disponibles, notamment dans la perspective de l'arrivée sur le marché du nouvel incubateur Biotech 5 ?

    Des actions ciblées sont-elles prévues afin d'attirer de nouveaux investisseurs internationaux ou des entreprises de taille intermédiaire et mature, susceptibles de renforcer la résilience du site ?

    Comment le Gouvernement entend-il valoriser les compétences disponibles à la suite des restructurations récentes, afin d'éviter une perte de talents pour la Wallonie ?

    Plus largement, comment s'inscrit cette situation dans la stratégie wallonne de soutien au secteur biotech, notamment dans le cadre de la réforme à venir en matière de clustering ?
  • Réponse du 09/06/2026
    • de JEHOLET Pierre-Yves
    Après plusieurs années de forte croissance, notamment liée à la crise sanitaire début 2020, le secteur des biotechnologies connaît un ralentissement mondial : recul des investissements, volatilité des marchés et consolidation industrielle.

    Dans ce contexte, les difficultés observées à Gosselies relèvent d’une conjoncture internationale et ne remettent pas en cause le modèle wallon, touché comme les autres grands écosystèmes des sciences du vivant.

    En Wallonie, les fondamentaux restent solides : un écosystème des sciences de la vie reconnu, adossé à une recherche de haut niveau, des infrastructures performantes et des compétences qualifiées. Il s’agit d’un pilier stratégique pour l’économie, l’innovation, l’emploi et les exportations - près de la moitié du total.

    À Gosselies, les surfaces disponibles constituent une opportunité rare en Europe : elles peuvent accueillir rapidement de nouveaux investissements, des plateformes technologiques et des projets porteurs en thérapies innovantes, en médecine nucléaire ou en santé digitale, pour ne citer que ceux-là.

    Le Gouvernement poursuit, en parallèle, la réforme du paysage wallon de l’innovation afin de mieux coordonner les acteurs, renforcer l’attractivité internationale et accélérer les projets à haute valeur ajoutée. Cette démarche vise aussi à mieux positionner la Wallonie dans les grands programmes européens de recherche, d’innovation et d’industrialisation, notamment en biotechnologies, thérapies innovantes, santé digitale et technologies médicales.

    Le Gouvernement travaille actuellement avec les acteurs de terrain pour en assurer la mise en œuvre opérationnelle.

    La réforme fera l’objet d’un pilotage étroit : gouvernance claire, indicateurs de performance et suivi régulier pour vérifier l’atteinte des jalons, ajuster si nécessaire et garantir l’impact des mesures.

    En conclusion, les difficultés ponctuelles constatées, notamment à Gosselies, s’expliquent d’abord par une conjoncture internationale défavorable. Le secteur biotech wallon conserve des bases solides et une stratégie proactive pour transformer ces défis en opportunités de développement et d’attractivité.