à DESQUESNES François, Ministre du Territoire, des Infrastructures, de la Mobilité et des Pouvoirs locaux
Les assistants sociaux des CPAS sont aujourd'hui en première ligne face à une précarité croissante, aggravée notamment par les exclusions du droit aux allocations de chômage. Dans ce contexte, de très nombreux témoignages font état d'un profond mal-être professionnel, d'un épuisement généralisé et d'une perte de sens du métier.
Pris en étau entre l'explosion des situations de détresse sociale et des logiques administratives toujours plus lourdes, ces professionnels dénoncent une surcharge bureaucratique qui réduit le temps consacré à l'accompagnement humain. À cela s'ajoutent un manque de personnel, des outils informatiques inadaptés, une forte charge émotionnelle, un sentiment d'impuissance face à la détresse humaine, qui entache profondément leur vocation, et une pression toujours croissante liée à des impératifs de contrôle.
Plus préoccupants encore, les CPAS et leurs travailleurs font l'objet de discours stigmatisants, et ce, au plus haut niveau politique : ils sont accusés de favoriser « l'assistanat » ou la fraude sociale, alors qu'ils remplissent une mission essentielle de maintien de la dignité humaine et de cohésion sociale.
Dans ce contexte social particulièrement inquiétant, le rôle des assistants sociaux n'a pourtant jamais été aussi indispensable.
En tant que ministre des Pouvoirs locaux ayant la tutelle des CPAS, M. le Ministre dispose-t-il d'un état des lieux du mal-être, des burn-out, de l'absentéisme et des difficultés de recrutement dans les CPAS ?
Quelles mesures entend-il prendre pour alléger la surcharge administrative et améliorer les conditions de travail des assistants sociaux ?
Entend-il plaider auprès des autres niveaux de pouvoir disposant des leviers d'action pour renforcer les moyens humains et financiers des CPAS face à l'explosion des besoins sociaux ?
Enfin, compte-t-il réaffirmer publiquement le rôle essentiel des assistants sociaux de nos CPAS face aux discours qui fragilisent injustement leur travail ?
Réponse du 18/06/2026
de DESQUESNES François
Depuis plusieurs années, les crises se succèdent et rendent le travail des assistantes et assistants sociaux en CPAS, mais aussi de toutes les autres fonctions en leur sein, de plus en plus complexe et fastidieux.
Leur rôle est essentiel dans l’accompagnement global et la réinsertion professionnelle des citoyens fragilisés. Cette fonction est reconnue par la loi organique des CPAS, ce qui prouve ce caractère essentiel.
Quant à l’état des lieux du mal-être, de l’absentéisme et des difficultés de recrutement dans les CPAS, seuls les employeurs eux-mêmes pourraient l’évaluer.
Concernant la question du renfort des moyens humains et financiers des CPAS face à l’explosion des besoins sociaux, j’avais indiqué le 3 mars 2026 en réponse à une question écrite de M. Mugemangango relative aux besoins en personnel dans les CPAS que par rapport à sa réforme du chômage, le Gouvernement fédéral a prévu qu’une enveloppe de 300 millions d’euros pour 2026 et 2027, 302,3 millions en 2028 et 342,6 millions en 2029. De plus, une première enveloppe de 234 millions d’euros a été dégagée pour couvrir la première vague d’exclusions en 2026.
Dans ma sphère de compétences en cette matière, je reste convaincu que le rapprochement entre les communes et les CPAS et, plus largement, la mise en place du service public local intégré, regroupant les services transversaux des communes et CPAS, est une réponse systémique au problème et permettra de soulager les travailleurs sociaux d’une large partie de contraintes administratives en leur permettant de se concentrer sur l’aide à la personne.