L’impact territorial de la réforme des pôles locaux du logement en Hainaut et dans les bassins Centre, Cœur de Hainaut et Charleroi Métropole
Session : 2025-2026
Année : 2026
N° : 428 (2025-2026) 1
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Question écrite du 08/06/2026
de DEVIN Laurent
à NEVEN Cécile, Ministre de l'Energie, du Plan Air-Climat, du Logement et des Aéroports
Le Schéma de développement du logement public 2025 met en évidence l'importance particulière de plusieurs bassins hainuyers dans le logement public wallon.
Le bassin du Centre rassemble notamment 7,5 % des candidatures au logement public et 8,5 % des logements publics wallons, avec une intensité de la demande supérieure à la moyenne wallonne. Le rapport souligne également que le Centre présente une proportion élevée de familles monoparentales et que le maintien d'un parc public important y est justifié par les revenus relativement faibles d'une partie importante de la population.
Le Cœur de Hainaut, autour de Mons, rassemble quant à lui 7,7 % des candidatures wallonnes et 10,1 % des logements des sociétés de logement de service public (SLSP). Le rapport souligne une fragilité forte face au logement, notamment en raison d'une présence importante de personnes isolées, de familles monoparentales et de revenus faibles dans plusieurs communes. Ces constats démontrent que le Hainaut sera particulièrement concerné par la réforme des pôles locaux du logement.
Comment la réforme des pôles locaux du logement tiendra-t-elle compte du poids particulier du Hainaut dans le parc public wallon et dans la demande de logements accessibles ?
Quels seront les moyens spécifiques prévus pour les bassins Centre, Cœur de Hainaut et Charleroi Métropole ?
Le Gouvernement wallon dispose-t-il d'une estimation, par futur pôle local du logement, du nombre de logements à créer, à rénover et à remettre en service d'ici 2030 et d'ici 2035 ?
Comment les réalités sociales spécifiques des bassins hainuyers, notamment la forte présence de familles monoparentales, de personnes isolées et de ménages à bas revenus, seront-elles intégrées dans la programmation des logements ?
La réforme prévoit-elle des objectifs différenciés selon les bassins en matière de typologie des logements, en particulier pour répondre au besoin de petits logements, de logements adaptés et de logements accessibles aux familles monoparentales ?
Mme la Ministre peut-elle transmettre au Parlement wallon une ventilation par bassin et par futur pôle local du logement des candidatures, du parc existant, du taux de vacance, des logements inoccupés, des besoins estimés et des financements prévus ?
Comment le Gouvernement wallon garantira-t-il que les territoires où le parc public est déjà important ne soient pas pénalisés, mais au contraire soutenus dans l'entretien, la rénovation, l'adaptation et la remise en service de ce parc ?
Réponse du 26/06/2026
de NEVEN Cécile
Je rappelle que cette réforme vise l’ensemble de la politique du logement. Elle s’inscrit dans quatre priorités : faciliter l’accès au logement abordable, fluidifier le parcours résidentiel des citoyens, accélérer la rénovation et financer durablement la politique du logement.
Le pôle local du logement est une délimitation géographique où l'on souhaite coordonner et mutualiser les moyens dédiés à la politique du logement au niveau local, de manière la plus efficiente. Actuellement, nous pourrions considérer qu’il n’y a qu’un pôle, la Wallonie, soit 16 901 km². La volonté est de définir des objectifs régionaux dans le cadre de la politique du logement et de les décliner en tenant compte des spécificités et besoins locaux, objectivés à l’échelle des pôles donc.
Les chiffres que l’honorable membre reprend, issus du Schéma de développement du logement public en Wallonie établi par le CEHD, illustrent effectivement le fait que les bassins cités occupent une place importante dans le logement public wallon, tant par le volume du parc que par le nombre de candidatures enregistrées.
Ces éléments confirment que les territoires hainuyers seront pleinement concernés par la réforme des pôles locaux du logement. Cette réforme vise précisément à mieux tenir compte des réalités territoriales, en dépassant une approche uniforme ou strictement communale. L’objectif est, en l’espèce, d’organiser la programmation en matière de logement à une échelle supra-communale permettant de mieux appréhender les besoins réels des ménages, les caractéristiques du parc existant et les capacités d’action des différents opérateurs.
Il ne s’agit donc pas de considérer les territoires qui disposent déjà d’un parc public important comme ne nécessitant plus de moyens. Au contraire, l’existence d’un parc important implique des besoins spécifiques en matière d’entretien, de rénovation, d’adaptation et de remise en service. Dans des bassins comme ceux qu’il prend en exemple, la réponse ne peut pas se limiter à la création de nouveaux logements, mais doit intégrer les dimensions relatives à la qualité du parc existant, sa disponibilité effective et l’adéquation entre l’offre et les besoins des ménages.
Pour ce qui concerne les moyens spécifiques alloués à chaque bassin, ils seront déterminés en fonction de critères objectifs qui tiennent compte de plusieurs dimensions qui reflètent les réalités territoriales et de leur évolution dans le temps. Il ne s’agira pas de construire une répartition historique ou purement administrative, mais un mécanisme qui permet d’orienter les moyens vers les territoires et les projets où ils répondent le plus directement aux besoins des citoyens.
Pour chacun de ces bassins, des objectifs spécifiques seront déterminés en matière de typologie de logements à créer, rénover ou adapter pour répondre à la demande des ménages et à leurs situations particulières. Cette estimation pour 2030 et 2035 par le futur pôle local du logement doit encore être affinée. Le Schéma de développement du logement public constitue une base d’analyse importante, mais la déclinaison opérationnelle devra être établie en lien avec les opérateurs concernés, notamment les SLSP, les AIS, les communes, les CPAS et les autres acteurs du logement. À l’heure actuelle, la définition géographique des pôles, la répartition des communes entre les différents pôles n’est toujours pas arrêtée.
C’est également pour cette raison qu’il est encore prématuré de présenter des ventilations alors que les territoires exacts ne sont pas encore arrêtés et que les retours des communes sur le sujet me parviennent encore. Une fois que le périmètre de chaque pôle sera arrêté, je serai en mesure de transmettre les données qui caractérisent chaque territoire en matière de parcs existants, de candidatures, de taux de vacance. Pour ce qui concerne les financements prévus, je travaille actuellement sur la mise au point d’un droit de tirage en la matière qui s’appuiera en partie sur les éléments évoqués plus haut en termes d’objectivation des besoins territoriaux et sa mise en œuvre est donc intimement liée à la réforme des pôles en cours. La ventilation complète des financements futurs dépendra des arbitrages qui seront posés dans le cadre du mécanisme de programmation et de financement encore en cours d’élaboration.
Je peux confirmer à l’honorable membre que l’objectif est bien que les décisions futures puissent s’appuyer sur des données objectivées et que le suivi de la réforme permette d’identifier, pour chaque territoire, les moyens mobilisés, les projets engagés, les logements créés, rénovés ou remis en service, ainsi que l’évolution de la vacance et de l’adéquation du parc.