à BORSUS Willy, Ministre-Président du Gouvernement wallon
Les économistes Hylke Vandenbussche, William Connell et Wouter Simons de la KUL estiment que le Brexit pourrait faire disparaître jusqu'à 42.390 emplois en Belgique (L'Echo, 22 septembre 2017).
Ce chiffre ne peut que nous inquiéter et, malgré l'absence totale de référence au Brexit dans la DPR 2017, doit amener le Gouvernement à anticiper au mieux la sortie annoncée du Royaume-Uni de l'Union européenne, à la suite du référendum du 23 juin 2016.
Les effets plus précis pour notre Région d'un Brexit soft ou dur ont-ils été ou sont-ils analysés par les services de Monsieur le Ministre-Président et son administration ? Il est en effet important de pouvoir répondre à cette question afin que le Gouvernement puisse anticiper de manière optimale tout effet négatif du Brexit sur notre Région.
Comment Monsieur le Ministre-Président prépare-t-il notre Région au Brexit ? Quelles mesures et initiatives prend-il dans cet objectif ? Quelle est la position du Gouvernement wallon dans ce dossier majeur ?
Réponse du 17/10/2017
de BORSUS Willy
L’étude réalisée par les économistes Hylke Vandenbussche, William Connell et Wouter Simons de la KUL visait à identifier les effets du BREXIT en se basant sur un modèle économique qui tient compte des effets potentiels sur les exportations directes et indirectes. L’étude conclut qu’en cas de « hard » BREXIT, la Belgique pourrait perdre jusqu’à 42.390 emplois. Ce chiffre serait de 10.060 pertes d’emplois en cas de « soft » BREXIT. Par ailleurs, cette étude indique également que les Britanniques perdraient de 526.830 à 139.860 emplois selon ces deux mêmes scénarii. D’autres études seront très certainement élaborées au fur et à mesure des négociations.
Lors des négociations en cours au niveau européen avec le Royaume-Uni, l’objectif est justement que les deux parties puissent trouver un accord pour répondre au mieux aux conséquences économiques de part et d’autre. Il s’agira aussi pour l’Union européenne d’agréer avec le Royaume-Uni la méthodologie permettant d’établir ses obligations financières restantes ainsi que d’établir les modalités des relations futures.
Depuis l’annonce du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, la Délégation Wallonie-Bruxelles auprès de l’Union européenne, se basant sur l’expertise des correspondants BREXIT désignés dans les administrations et OIP wallons, s’est attelée à dresser un état des lieux des conséquences potentielles pour les domaines de compétences de la Wallonie. Il convient en effet de circonscrire autant que possible l’impact potentiel de ce retrait pour notre Région en vue d’anticiper les effets de ces nouvelles frontières sur nos politiques.
La version définitive de ce rapport est en cours d’élaboration et devrait être finalisée par les administrations et OIP compétentes avec la collaboration de la Délégation Wallonie-Bruxelles auprès de l’Union européenne. L’objectif est d’aboutir à des recommandations pour chacun des secteurs concernés. Celles-ci seront validées politiquement d’ici à l’ouverture des négociations de l’accord d’association qui devrait intervenir lors du Conseil européen de décembre.
Il est également à noter que l’AWEx procède actuellement, sur base d’une enquête auprès des entreprises, à l’identification plus précise des enjeux du BREXIT pour ces dernières. Outre cette enquête auprès des entreprises, l’AWEx travaille à une étude d’impact basée sur les statistiques disponibles auprès de la Banque nationale belge et collabore avec l’IWEPS pour corroborer ses conclusions.
Je signale enfin à l’Honorable membre que j’ai rencontré il y a quelques jours la Ministre d’Etat britannique pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, la Baronne Joyce Anelay, et l’Ambassadeur du Royaume-Uni pour discuter de ce thème.