Alternatives possibles à la traversée de la ville de Couvin en attendant la finalisation de son contournement.
Session : 2005-2006
Année : 2005
N° : 25 (2005-2006) 1
2 élément(s) trouvé(s).
Question écrite du 17/11/2005
de BAYENET Maurice
à DAERDEN Michel, Ministre du Budget, des Finances, de l'Equipement et du Patrimoine
Le « Plan d'actions prioritaires pour l'avenir wallon », devenu illustre sous le nom de « Plan Marshall wallon » a défini cinq pôles de compétitivité. Un de ces pôles est le transport logistique. Ceci s'explique par la position centrale de la Région wallonne, mais aussi par la densité de son réseau d'autoroutes, la possibilité de développement de transport fluvial grâce aux canaux et rivières, mais aussi grâce à l'infrastructure ferroviaire.
Le transport et la mobilité, tant des marchandises que des citoyens, seront des enjeux économiques et sociétaux fondamentaux dans les années à venir. Pour nous, il est clair qu'une mobilité efficiente passe par le développement de synergies entre les différents modes de transports, et ce, sans en favoriser un pour en délaisser un autre. En ce domaine, la transversalité doit être la pierre angulaire de la politique wallonne.
La nationale 5 est un bel exemple d'infrastructure à développer. Du sud de Charleroi à la frontière française, ce tronçon doit être finalisé, sécurisé et rendu plus rapide.
Pour l'arrondissement de Dinant-Philippeville, la réalisation du contournement de la ville est de Couvin est indispensable, et ce, pour de nombreuses raisons.
Il y a d'abord d'évidents enjeux économiques. Le contournement de Couvin doit être l'outil mis à la disposition de tous par la Région wallonne, afin de désenclaver la région et de permettre son redéploiement économique. La E420 est vitale non seulement pour la commune de Couvin, mais aussi pour tout le sud de la province de Namur. Elle doit être la pierre angulaire du redéploiement économique du sud-namurois. On le voit, ce dossier dépasse le cadre couvinois, il est d'une importance régionale. C'est d'ailleurs pour ça que la jonction Charleroi/Charleville est reprise comme étant le chaînon manquant du réseau transeuropéen du transport routier.
C'est en rapprochant la région des autres pôles économiques wallons que cet arrondissement pourra à nouveau présenter des avantages pour les investisseurs et les entrepreneurs. Favoriser l'emploi afin que tous les citoyens vivent mieux, tel est le défi des autorités wallonnes, le contournement de Couvin doit, dans ce cadre, être considéré comme un outil indispensable pour la région de Couvin et de Philippeville.
Rapprocher des pôles économiques wallons d'un côté, s'ouvrir au département des Ardennes de l'autre. Le développement économique wallon en général, et de Couvin en particulier, ne peut
faire l'économie de l'ouverture vers les autres régions européennes. Dans le cas qui nous occupe aujourd'hui, il s'agit pour nous de se situer au cœur de l'axe Charleville Mézières/Charleroi et de profiter au mieux de ce réservoir de main d'œuvre et de ressources naturelles.
Ensuite, viennent des enjeux touristiques. Au-delà du tourisme rural qui se développe dans toute la Région wallonne, il est indispensable d'associer le dossier du contournement à celui des Lacs de l'Eau d'Heure. Ce site a été choisi par le Gouvernement comme étant un des deux pôles touristiques wallons. Depuis 1995, ce sont des millions d'euros publics qui ont été investis dans notre arrondissement. Il faut que les communes avoisinantes profitent de l'afflux de touristes et développent leurs capacités d'accueil.
L'arrivée d'une masse de gens supplémentaires va inévitablement engendrer des problèmes de mobilité. La finalisation du contournement de Couvin doit aussi être considérée dans ce cadre-là.
Par ailleurs, comment inciter les touristes à visiter Couvin, si la ville est bloquée à cause des camions de passage ? C'est ça aussi la transversalité politique : prévoir les infrastructures routières en ayant une vision exhaustive de la problématique.
Enfin, et c'est sans doute le plus important, d'évidents enjeux de sécurité routière. La traversée de Couvin est dangereuse et, malheureusement, elle a déjà été mortelle. La montée vers Brûly l'est tout autant : il ne se passe pas une semaine sans qu'un nouvel accident ne bloque totalement la circulation.
De fait, en attendant l'indispensable finalisation du contournement, il serait pour le moins opportun de diminuer le nombre de camions empruntant ce tronçon de la R.N. 5.
Pour ce faire, j'ai proposé différentes alternatives qui permettront aux transporteurs d'emprunter des itinéraires de délestage le temps que prendront les travaux. En effet, pendant ce laps de temps, tout camion qui évitera Couvin sera un plus pour la sécurité des riverains.
Donc, contrairement à ce qui a pu être dit, il ne s'agit pas d'interdire les poids lourds dans Couvin (bien que la ville française de Charleville le fasse sans problème), mais bien d'inciter les transporteurs à éviter Couvin.
Clairement, la commune de Couvin et les autorités policières devront aussi effectuer des contrôles de police (vitesse des camions et poids) afin que l'action de délestage soit efficace.
Après ce plaidoyer pour le contournement de Couvin, j'en viens à ma question. Quelle suite Monsieur le Ministre compte-t-il donner à mes propositions ?
Réponse du 07/12/2005
de DAERDEN Michel
En réponse à sa question, je rappelle à l'honorable Membre que lors des séances du 10 octobre (par la voix de mon Chef de Cabinet) et du 25 octobre dernier, je me suis longuement exprimé sur ce sujet.
J'ai reçu, le 9 novembre dernier, le courrier de l'honorable Membre proposant diverses alternatives en attendant l'ouverture du contournement de Couvin.
Comme il le souligne, ce contournement est primordial pour la région et cet itinéraire est repris dans le cadre du réseau transeuropéen de transport routier. Le Gouvernement wallon est d'ailleurs favorable à la réalisation du contournement, pour lequel mon collègue André Antoine s'est engagé à donner les permis nécessaires dans quelques jours.
Comme dans bien d'autres cas, notamment celui relatif à le R.N. 83 Florenville-Arlon ou encore celui de la R.N. 87 Etalle-Virton, il est souvent souhaité que les camions empruntent un itinéraire ne traversant pas des zones agglomérées.
Toutefois, la réalité est bien souvent que l'itinéraire retenu est le plus rapide, le plus court et, en tout cas, le plus économique. De plus, les camions de circulation plus locale doivent toujours être maintenus.
Si dans dans son courrier l'honorable Membre fait état d'un allongement de 40 km sur le trajet Anvers-Dijon, soit 600km, il existe aussi un trafic de camions parcourant des itinéraires plus courts. Ces chiffres ont été mis en évidence dans les études relatives au contournement de Couvin.
Toutefois, tenant compte de son souhait et de l'importance pour les riverains d'une diminution du nombre de camions dans le centre de Couvin, je demande à mes services de contacter les autorités françaises afin d'étudier les possibilités de mise en place de la signalisation qu'il souhaite.
Le réseau des routes régionales étant avant tout un réseau de grande mobilité, il est évidement difficile d'obtenir un résultat significatif, c'est pourquoi je suis pleinement d'accord avec l'honorable Membre sur le fait que la vraie solution réside dans la réalisation d'urgence du contournement.
En ce qui concerne d'éventuelles mesures supplémentaires du pouvoir communal comme des contrôles de vitesse et de surcharge des camions, mes services contacteront les autorités locales et de police en vue d'aboutir à des actions concertées et dissuasives et rencontrant les souhaits de sécurité que nous partageons tous.