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La situation du groupe Umicore

  • Session : 2015-2016
  • Année : 2016
  • N° : 424 (2015-2016) 1
  • Question écrite du 11/07/2016
    • de DEFRAIGNE Christine
    • à MARCOURT Jean-Claude, Ministre de l'Economie, de l'Industrie, de l'Innovation et du Numérique

    Fin 2014, on apprenait que le groupe Umicore, dont la filiale liégeoise est installée à Angleur et actif dans les secteurs de la chimie et de la métallurgie, se séparerait de son département zinc, qui ne rapportait plus. Aujourd’hui, le groupe se serait vu imposer une amende en France pour abus de position dominante. Umicore devrait cependant faire appel de cette décision. Cette situation aura-t-elle des conséquences en Wallonie  ?

    Par ailleurs, Monsieur le Ministre peut-il me faire un état des lieux des autres branches du groupe Umicore en activité en Wallonie  ?

    Les branches «  Recyclage  » et «  Energy & Surface Technologies  » ont subi une perte sévère. Lorsque je l'avais interrogé, Monsieur le Ministre m’avait répondu que «  les résultats annoncés – qui ne concernent par ailleurs qu'un seul quadrimestre – ne sont pas de nature à remettre en cause cette stratégie globale.  ». Qu’en est-il à présent  ?

    Concernant la cession de l’unité «  zinc  », en sait-on aujourd’hui un peu plus  ? Le groupe cherche un repreneur depuis deux ans maintenant. Monsieur le Ministre peut-il me faire le point sur la situation de l’entreprise  ?

    Je reviens d’ailleurs sur mon interpellation de mai, car je n’avais pas obtenu de réponse.

    Ce département emploie une centaine de personnes. L’emploi va-t-il être maintenu si le département est repris/supprimé  ? Que va-t-il advenir des employés le cas échéant  ?

    Monsieur le Ministre peut-il me fournir un calendrier des échéances pour cette cession  ?
  • Réponse du 18/07/2016
    • de MARCOURT Jean-Claude

    Le groupe Umicore ne dispose que d’un seul site de production en Wallonie, à savoir le site d’Angleur, qui constitue la branche « Zinc chimique ». La cession de cette branche d’activité, et donc du site, a été annoncée fin 2014 par le groupe. L’objectif initial d’Umicore était de finaliser cette cession courant 2016.

    Pour rappel, cette cession s’inscrit dans la stratégie du groupe de se recentrer sur ses activités à haute valeur ajoutée et ses activités « produits propres » (recyclage, catalyse pour lutter contre le CO2, électrolyse). Ces activités présentent en effet des potentiels de croissance beaucoup plus importants que le zinc chimique. La cession du site d’Angleur n’est donc pas motivée par un problème de rentabilité de la branche zinc chimique, qui reste à ce stade tout à fait profitable.

    Comme cela a été annoncé le 1er juin dernier, au terme d’un processus ultra confidentiel de mise en compétition, la direction du groupe a pris la décision de céder la branche « Zinc chimique » à la société OpenGate. Il s’agit d’un groupe de private equity américain, à savoir un fonds d’investissement, qui souhaite investir dans des sociétés industrielles à haute valeur ajoutée.

    La vente proprement dite devrait être clôturée entre septembre et novembre 2016, une fois que toutes les formalités y liées auront été remplies.

    L’activité zinc chimique se portant bien, il n’y a, à ce stade, aucune raison de craindre une diminution de l’emploi sur le site d’Angleur. Le repreneur n’a d’ailleurs pas fait part d’une quelconque intention de licencier les travailleurs de Zinc Chemical et doit encore présenter son plan industriel pour le site. Il était important pour Umicore de choisir un acheteur disposant des moyens nécessaires pour poursuivre les investissements à Angleur, ce qui est le cas avec OpenGate.

    La Région se tiendra évidemment à la disposition de la nouvelle direction, mais également à la disposition des organisations syndicales, afin d’apporter son soutien dans le cadre de la poursuite du projet industriel.

    Pour ce qui concerne plus particulièrement la situation du groupe Umicore, celui-ci n’accuse aucune perte. Les résultats restent positifs. On peut relever le fait que l’activité recyclage accuse une légère diminution de son résultat par rapport à l’année dernière, liée à des investissements d’augmentation de capacités qui ont amené des arrêts de ligne et un prix des métaux plus bas. Les activités du groupe restent donc rentables.

    Enfin, Umicore a en effet fait l’objet d’une condamnation par l’autorité française de la concurrence pour un abus de position dominante sur le marché français. Le groupe conteste en appel cette décision, qui n’aura d’impact que sur le marché français.