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Le trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H)

  • Session : 2016-2017
  • Année : 2017
  • N° : 469 (2016-2017) 1
  • Question écrite du 24/01/2017
    • de TROTTA Graziana
    • à PREVOT Maxime, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l'Action sociale et du Patrimoine

    Sur base d'une initiative prise au premier semestre 2016 par la ministre fédérale de la Santé, chaque province devait disposer pour la fin de l'année dernière d'une personne ressource (médecins ou psychologues) ayant pour mission d'encadrer les diagnostics et les traitements des personnes souffrant du Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H), et chargée d'informer les parents, les enseignants et les médecins de première ligne.

    L'objectif est la rationalisation des diagnostics et des traitements, compte tenu du fait que ce sont ces deux éléments qui posent le plus de problèmes actuellement.

    Monsieur le Ministre peut-il m'indiquer si la Région wallonne est associée à ce déploiement et si oui, de quelle manière précisément ?

    Comment s’opère la collaboration entre les Provinces, les personnes ressources et les acteurs qui, en Wallonie, interviennent en matière de TDA/H, dont l'AviQ et les services d'aide précoce agréés et subventionnés par celle-ci ?

    Un budget est-il prévu par la Région pour assurer cette bonne collaboration et donc l'amélioration du diagnostic et du traitement du TDA/H ?

    Plus globalement, quelle est la teneur de la réflexion - si tant est qu'il y en ait réellement une – entre la Région et le Fédéral concernant la médication en matière de TDA/H, considérant que la consommation de Rilatine (méthylphénidate) peut poser des problèmes parce que ne constituant pas dans tous les cas le traitement le plus adapté ?
  • Réponse du 07/02/2017
    • de PREVOT Maxime

    Comme le signale l'honorable membre, la question du diagnostic du trouble déficitaire de l’attention/hyperactivité peut être délicate. Il existe d'ailleurs de légères différences à ce propos entre les deux grandes classifications diagnostiques des troubles mentaux : le DSM-IV, d’une part, et l’ICD-10, d’autre part. L'un les classe dans la catégorie « trouble : déficit de l’attention/hyperactivité » avec plusieurs sous-types tandis que l’autre les classe comme « Perturbation de l’activité et de l’attention », au sein du groupe des « Troubles hyperkinétiques ». Une explication de ces différences est le manque de certitude scientifique au niveau des processus psychologiques et/ou neuropsychologiques qui en sont la cause. Pour que le jeune patient puisse bénéficier d’un remboursement du méthylphénidate ou d’autres psychostimulants, le diagnostic devra avoir été posé par un médecin spécialiste en neurologie ou un psychiatre suivant les critères de l’une de ces deux classifications et sous les conditions suivantes : les symptômes sont insuffisamment contrôlés par des mesures psychologiques, éducatives ou sociales adaptées et le traitement pharmacologique fait partie d’un schéma de traitement global comprenant d’autres mesures (psychologiques, éducatives et sociales). La réponse doit être adaptée à la situation particulière de l’enfant ou de l’adolescent. Le diagnostic posé ne doit l’être qu’après avoir exclu d’autres diagnostics aux symptômes similaires.

    À partir du constat de l'existence de grandes disparités entre les provinces de notre pays en ce qui concerne le taux de prescription de ces psychostimulants, alors que la prévalence du TDA/H semble pourtant similaire partout, et sur base d’autres constats tels que l’utilisation variable de tests psychologiques diagnostiques ou de pratiques de dépistage, la Ministre fédérale de la Santé publique a estimé opportun de mettre en place, dans le cadre de la nouvelle politique de santé mentale pour les enfants et les adolescents, un programme de consultation et de liaison intersectorielle.

    Les réseaux constitués dans le cadre de cette nouvelle politique sont sollicités afin que les personnes concernées puissent partager leur expertise et leurs expériences pour améliorer la qualité des prises en charge. Dans ce programme, une attention particulière sera portée aux enfants et adolescents diagnostiqués avec un TDA/H. Cela constituera donc un des axes du travail des réseaux en santé mentale. La personne ressource dont elle fait mention aura également une fonction de liaison entre les intervenants.

    Une phase de recherche d’un an a été lancée du 1er mai 2016 au 31 avril 2017. Un budget du Gouvernement fédéral est réservé à cet effet. Chaque réseau a engagé un mi-temps (un psychologue généralement) pour une période d’un an, afin de proposer une méthode commune de prise en charge des patients TDA/H. Cette méthode viendra en appui de la fonction de liaison prévue dans le programme de consultation et de liaison intersectorielle. Un des effets escomptés est de renforcer l’adéquation entre la prise en charge idéale des patients et le comportement des prescripteurs. Un circuit de soins TDA/H pourrait être envisagé. En outre, la sensibilisation, le soutien et la formation de la première ligne sont prévus (médecin généraliste et services de promotion de la santé).

    Le travail n’est donc pas clôturé, mais il est bien avancé. Il est le fruit d’une collaboration entre les experts des trois régions.
    La Région wallonne est associée à chaque étape de ce processus via l'Intercabinet Taskforce en santé mentale. Une conseillère de mon cabinet suit les nombreuses réunions de cette taskforce ainsi qu'une personne au moins de l'AViQ. L'avis de la taskforce est sollicité à chaque étape, notamment lors de la création des modèles qui servent à réaliser les différents programmes et lors des évaluations du fonctionnement de ces programmes. Nous donnons également notre avis sur l'évolution des réseaux dans leur ensemble.

    En résumé, le Gouvernement fédéral ne dirige pas seul le processus : nous y participons. Cette concertation continue permet de réellement travailler ensemble, avec les différentes compétences, pour améliorer la prise en charge des personnes victimes de troubles en santé mentale.

    De manière générale, les services agréés et/ou subventionnés par la Wallonie participent bien entendu aux réseaux ainsi que les plates-formes de concertation en santé mentale que nous subventionnons. Une partie du budget de ces plates-formes a d'ailleurs été réservé pour l'engagement du coordinateur des réseaux en santé mentale pour enfants et adolescents. La Région n'a cependant pas dégagé de budget spécifique pour améliorer le diagnostic et le traitement du TDA/H dans le cadre des réseaux pour enfants et adolescents.

    La branche handicap de l’AViQ est également impliquée dans ce travail en réseau, soit via la participation d'un agent de la branche handicap aux réunions Intercabinets, soit via la participation à la plate-forme intra-francophone (impliquant également le secteur de l'Aide à la jeunesse) chargée d'opérationnaliser un plan d'action dans le cadre de la nouvelle politique en santé mentale pour enfants et adolescents.

    De manière spécifique, la branche handicap s’attelle, en vertu des valeurs et de ses objectifs en matière d’inclusion des personnes en situation de handicap, à collaborer avec l’intégralité des organismes susceptibles d’accueillir ou d’accompagner des personnes en situation de handicap. Les bureaux régionaux et le service Orientation et Information de l’AViQ ont ainsi pour activité notable l’information des personnes en situation de handicap et de leur famille sur les offres de services existants au sein de leur réseau local, et cela quel que soit le type de handicap considéré.

    Elle mentionne les Services d’Aide Précoce (SAP) et les Services d’Aide à l’Intégration (SAI). Ces services, agréés et subventionnés par l’AViQ, sont amenés à accompagner les parents d’enfants et d’adolescents présentant des difficultés qui, en raison de leur intensité ou de leur régularité, sont considérées comme étant interpellantes, dans des démarches de natures diverses : médicales, etc. Ces services aiguillent couramment les familles de ces jeunes vers des professionnels de la santé ou d’autres secteurs susceptibles de répondre adéquatement à leur demande et aux besoins sous-jacents, tantôt préalablement tantôt consécutivement à l’établissement d’un diagnostic. Cela a par ailleurs justifié la rédaction d’un accord de coopération entre la Communauté française et la Région wallonne en matière de soutien à la scolarité pour les jeunes présentant un handicap. Les personnes souffrant du Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) ne sont que rarement demandeurs ou bénéficiaires des services d’un SAP ou d’un SAI, à l’exception faite d’une minorité d’entre-elles cumulant le TDA/H avec un autre type de déficience (comorbidités).