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L'accompagnement des "start-up"

  • Session : 2016-2017
  • Année : 2017
  • N° : 344 (2016-2017) 1
  • Question écrite du 31/05/2017
    • de DEFRAIGNE Christine
    • à MARCOURT Jean-Claude, Ministre de l'Economie, de l'Industrie, de l'Innovation et du Numérique

    Dans la Déclaration de politique régionale, le Gouvernement annonçait vouloir « simplifier la vie des entrepreneurs et de faciliter leur accès aux marchés et services régionaux. » À l'heure actuelle, un outil d'aide supplémentaire pour les « start-up » vient de voir le jour : Startup Wallonia. Il s'agirait d'un label chapeautant l'ensemble des opérateurs actifs au sein des différents écosystèmes pour « start-up ». Monsieur le Ministre confirme-t-il cela ?

    Il vient s'ajouter à d'autres initiatives comme W.IN.G., Creative Wallonia Engine, Wallonia Digital, … Les citoyens désireux de se lancer dans l'entrepreneuriat pourraient se sentir perdus au milieu de toutes ces opportunités qui lui sont proposées.

    Cependant, dans la Déclaration de politique régionale, le Gouvernement déclarait vouloir créer « un véritable choc de simplification administrative ». Il semblerait plutôt que ces différentes aides créent des démarches administratives supplémentaires. Il existe un risque que nos futurs chefs d'entreprises se perdent parmi ces multiples initiatives et ne sachent pas vers laquelle se tourner.

    Ce nouvel outil va-t-il permettre de simplifier et rationaliser les aides proposées ?
    Dans l'affirmative, comment ?

    D'autres projets sont-ils en cours ?

    De plus, il apparaît que la Belgique détient le record du niveau le plus bas de « starters » féminins de l'Union européenne : 3 %. Qu'en est-il pour la Wallonie ?

    Startkit@kbc, plus grand réseau d'incubateurs présent en Flandre et à Bruxelles, va prendre les devants afin de féminiser davantage l'entrepreneuriat.

    Une campagne encourageant les femmes à créer leur propre entreprise a été lancée le 8 mars. Un projet similaire est-il prévu en Wallonie ?

    Plusieurs études montrent que les « start-up » technologiques dirigées par une femme réalisent, en moyenne, 12 % de bénéfices supplémentaires. Il semblerait que « les entrepreneuses seraient 30 % moins nombreuses à faire faillite que les entrepreneurs ».

    Monsieur le Ministre peut-il confirmer ces chiffres ?

    Quelles en sont les raisons ?

    Quels incitants ont ou pourraient être mis en place afin d'encourager les femmes à créer leur propre « start-up » ?
  • Réponse du 20/06/2017
    • de MARCOURT Jean-Claude

    En ce qui concerne l’entrepreneuriat féminin, le Gouvernement décidait le 4 juin 2015 de confier à l’Agence pour l’Entreprise et l’Innovation la mise en œuvre et le pilotage d’un programme pluriannuel 2015-2020 d’entrepreneuriat féminin, concerté avec les acteurs de terrains labellisés.

    Une mesure concrète de ce plan, par exemple, est un appel à projets organisé par l’AEI en lien avec le numérique, qui a été lancé dans le courant du mois de mars.

    Cet appel à projets vise notamment à :
    * Soutenir les femmes à entreprendre dans les métiers du numérique, notamment en sensibilisant les jeunes femmes aux opportunités du secteur.
    * Former et accompagner les femmes entrepreneures, actives dans des secteurs traditionnels, à faire un usage efficient des outils numériques et à détecter les opportunités qu’ils suggèrent.
    * Favoriser la mise en évidence des femmes actives dans le secteur et la mise en réseau des femmes qui s’illustrent dans des secteurs technologiques, scientifiques ou autres.

    Il s’agit globalement de permettre à toutes les femmes entrepreneures ou « entrepreneures en devenir » de maîtriser les outils numériques, d’en mesurer les enjeux, d’adapter leur fonctionnement et/ou leur offre au monde connecté de demain.

    Selon la dernière étude réalisée par l’UCM et Graydon, le « starter atlas », près de 43 % des nouvelles entreprises créées en Belgique le sont par des femmes. Ce n’est certes pas encore la parité, mais c’est loin des 3 % auxquels l'honorable membre fait référence dans sa question.

    Pour en venir maintenant à l’accompagnement des startups, l’idée est justement de structurer le paysage de l’accompagnement et du financement, pour répondre au mieux aux besoins des startups. Il est nécessaire d’avoir un schéma intégré de soutien aux startups de la nouvelle économie, à chaque phase de leur développement.

    Ainsi, pour chaque phase spécifique de son cycle de vie, la startup doit pouvoir s’appuyer sur des outils efficients qui favoriseront son développement.

    Pour rappel, les 4 phases clés qui mènent une idée jusqu’à un projet de croissance sont : la pré-accélération, l’accélération, l’accompagnement et le financement d’amorçage, et le scale up.

    Le dispositif Start’up wallonia a été approuvé par le Gouvernement fin 2016 afin de structurer l’émergence d’écosystèmes numériques locaux.

    Ces écosystèmes ont pour but de fédérer les actions d’accompagnement des CEEI avec les acteurs du financement que sont les Invests locaux et le fonds d’investissement W.IN.G, au profit des startups dans leur phase de développement (pré-accélération, accélération, accompagnement/financement d’amorçage et scale-up). Pour ce faire, les CEEI développent en leur sein des méthodologies d’accélération basée sur les principes du lean management, telles que préconisées par Créative Wallonia.

    Créative Wallonia engine accompagne la dynamique en œuvrant comme un laboratoire des méthodologies et fournit à chaque écosystème son expertise via ses coaches.

    Le label commun, « Start’Up Wallonia », combiné à la « marque » propre de chaque écosystème sera utilisé sous la forme de « Start’Up Wallonia by ... ». Par exemple : Start’Up Wallonia by Leansquare, Star’Up Wallonia by Digital Attraxion,… et ce, en vue d’assurer la visibilité du dispositif au service des Start’Up à l’échelle de la Wallonie.

    Parce qu’il s’agit bien d’une simplification du paysage. En effet, le dispositif regroupe une série d’acteurs : les hubs créatifs, les CEEI, les Invests, le fonds d’investissement W.IN.G, …

    En ce qui concerne le fonds W.IN.G (Wallonia Innovation and Growth), le nouveau fonds wallon d’investissement pour les startups numériques a déjà été largement présenté et son succès n’est plus à démontrer.

    Pour rappel, ce fonds est mis en œuvre par la SRIW et investit à 2 stades du développement des startups numériques :
    * en pre-seed (pré-financement) : La startup, au tout début de sa création et éventuellement à la sortie d’un incubateur peut obtenir auprès de W.IN.G un financement de 50.000 euros, sous forme de prêt convertible. Ce financement lui permet de continuer à affiner son projet, tout en montant un premier tour de table en vue d’une augmentation de capital.
    * au second stade de développement : Lorsque le projet a gagné en maturité, au moment de la recherche d’investisseurs, W.IN.G peut, s’il est convaincu du potentiel de rentabilité de la startup numérique, intervenir aux côtés de ces investisseurs privés, lors du véritable « premier tour de financement ». L’intervention financière peut alors aller jusqu’à 250.000 euros, pour autant qu’il y ait une intervention privée égale au moins à la moitié de l’intervention publique.

    Après presque un an d’activité, plus de 250 dossiers de demande de financement ont été introduits. Des décisions d’investissement ont été prises pour 40 startups, pour un montant global de 4,651 millions d’euros.

    Le fonds W.IN.G ne fait pas d’accompagnement. S’il s’avère que les start’ups s’adressant au fonds ne sont pas suffisamment mûres pour obtenir les premiers financements, elles sont dirigées vers un écosystème numérique d’accompagnement et d’accélération de projet.

    Il existe donc une grande complémentarité entre les dispositifs, au bénéfice des start’ups.