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L'obésité en Wallonie

  • Session : 2017-2018
  • Année : 2018
  • N° : 397 (2017-2018) 1
  • Question écrite du 30/05/2018
    • de PECRIAUX Sophie
    • à GREOLI Alda, Ministre de l’Action sociale, de la Santé, de l’Egalité des chances, de la Fonction publique et de la Simplification administrative
    Une députée N-VA a fait parler d’elle ce week-end en demandant la scission de la sécurité sociale entre la Wallonie et la Flandre, tout simplement parce que les Wallons seraient plus obèses que les Flamands.

    Il ne m’appartient pas de juger les propos de cette consœur députée, les périodes électorales étant assez stressantes pour que d’aucuns perdent les pédales et le sens des réalités !

    Néanmoins, le SPF santé publique confirme que la chirurgie luttant contre l’obésité morbide est en constante augmentation.

    J’en reviens bien entendu au volet « prévention », compétence régionale, pour connaître les futures campagnes de prévention luttant contre l’obésité.

    Qu’a prévu Madame la Ministre dans les prochaines semaines pour lutter contre l’augmentation de l’obésité ?

    D’autre part, existe-t-il une différence statistique entre l’obésité wallonne et flamande ?
  • Réponse du 21/06/2018
    • de GREOLI Alda
    D’après les chiffres fournis par l’Institut Scientifique de Santé publique à la suite de l’enquête de santé par interview de 2013, la prévalence de surpoids (BMI>=25) est relativement similaire en Wallonie et en Flandre : 57 % des hommes sont en surpoids en Wallonie contre 54 % en Flandre ; 41 % des femmes sont en surpoids en Wallonie ainsi qu’en Flandre.

    En ce qui concerne les enfants, les données issues de cette même enquête montrent que de 2 à 17 ans, nous avons 25 % d’enfants en surpoids et 9 % obèses contre respectivement 16 et 5 % en Flandre. Les chiffres fournis par l’enquête spécifiquement dédiée à la santé des jeunes (l’enquête HBSC Health Behaviour Schooled children) mettent en évidence des chiffres moins alarmants, à savoir 11 % de jeunes seraient en surpoids et 6 % souffriraient d’obésité.

    À noter toutefois, la prévalence de surpoids et d’obésité reste inchangée au fil des enquêtes, soit depuis 1997. La préoccupation n’est donc pas nouvelle. De plus, l’obésité des enfants et des adultes est très marquée parmi les niveaux socio-économiques bas, ce qui explique en partie la différence entre régions.

    Ce problème médico-social impose une quadruple coopération : coopération interministérielle, coopération avec les organismes assureurs, coopération avec le secteur de l’enseignement et des loisirs, coopération avec le secteur agroalimentaire. L’intégration des mesures nécessite la mise en place de concertation à même de murir le débat de société et de déployer des moyens appropriés de suivi. La société doit être disposée à accepter d’importants changements dans ses valeurs culturelles et ses aspirations, avec des répercussions sur tous les aspects de la chaine alimentaire, les services sociaux, les activités de loisir, et les considérations sur l’environnement.

    Dans le cadre de l’opérationnalisation du Plan de prévention et de promotion de la santé, j’ai demandé à l’APES-ULg de finaliser l’axe alimentation et activité physique suite aux différents travaux réalisés par les groupes de travail qui se sont réunis sur cette thématique, et ce pour septembre 2018.

    Entre temps, nous soutenons une campagne de promotion de l’activité physique qui sera lancée prochainement par l’ADEPS. Nous sommes aussi en contact avec les partenaires du gouvernement notamment du développement durable pour que les référentiels et autres projets relatifs à l’alimentation adoptent bien une perspective transversale et fassent la part belle aux actions propice à la lutte contre le surpoids et l’obésité.

    Nous abordons aussi ces questions avec les représentants de l’autorité fédérale, en ce qui concerne l’étiquetage alimentaire ainsi que l’enquête de consommation alimentaire. Chaque niveau de pouvoir doit en effet prendre ses responsabilités dans cette thématique essentielle à la santé publique.