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La campagne en faveur d’une génération sans tabac

  • Session : 2017-2018
  • Année : 2018
  • N° : 412 (2017-2018) 1
  • Question écrite du 06/06/2018
    • de PUGET André-Pierre
    • à GREOLI Alda, Ministre de l’Action sociale, de la Santé, de l’Egalité des chances, de la Fonction publique et de la Simplification administrative
    La Fondation contre le cancer a lancé le 28 mai sa campagne en faveur d’une « Génération sans tabac ».
    L’objectif avoué et ambitieux est de faire en sorte que chaque enfant né à partir de 2019 puisse naître et grandir dans un monde sans tabac et, mieux encore, qu’aucun d’entre eux ne commence à fumer.

    En outre, pour protéger les adultes de demain du tabagisme, de multiples organisations appellent à la création de lieux sans tabac et, en priorité, des lieux qui accueillent de nombreux enfants.

    Le principe « Voir fumer incite à fumer » a guidé la campagne de la fondation contre le cancer, ainsi que les diverses organisations précitées qui ont ratifié ce 28 mai une charte dans laquelle elles s’engagent à tout mettre en œuvre pour créer une génération sans tabac.

    À l’heure actuelle, 95 % des Belges soutiennent le droit des enfants à grandir sans tabac, 85 % indiquent vouloir se mobiliser pour ce mouvement des Générations sans tabac et 86 % estiment que le gouvernement doit prendre des mesures dans cet objectif.

    Dans ce cadre, six communes ont déjà pris l’initiative et transformeront sous peu les plaines de jeux et terrains de sports en espaces sans tabac.
    De plus, quatre fermes pour enfants et trois hôpitaux en ont fait de même sur leurs sites.

    Quel regard porte Madame la Ministre sur cette campagne ?

    Sommes-nous à l’aube d’une génération sans tabac ?

    Le gouvernement soutient-il la démarche ?
    Et dans l’affirmative, comment ?
  • Réponse du 18/06/2018
    • de GREOLI Alda
    La Wallonie se sent bien sûr tout à fait concernée par l'appel ambitieux de Génération sans tabac. Dans le même ordre d'idée, j'ai fait appel au secteur de la grande distribution pour qu'il se penche et réfléchisse à la vente libre de tabac, car c'est une manière de dénormaliser le tabac que de le supprimer de la vue des plus jeunes. Une démarche proche, que je loue, est le fait de supprimer le tabac de la vue des consommateurs dans les grands magasins. Elle entrave également l'impulsion du fumeur qui souhaite acheter.

    Plusieurs acteurs du Plan wallon sans tabac, dont le FARES, le Fonds des affections respiratoires, soutiennent des actions semblables en faisant la promotion d'environnements sans fumée, mais la démarche spécifique elle-même de Générations sans tabac ne fait pas partie des actions du Plan, à ma connaissance, mais c'est dans la même philosophie.

    L’honorable membre me demande si nous sommes à l'aube d'une génération sans tabac. J'aimerais que ce soit le cas et je sais qu'il est possible en tout cas de continuer à progresser et à faire diminuer le taux de fumeurs en Wallonie, car le nombre de fumeurs diminue sans cesse, tandis que le taux de personnes qui veulent arrêter augmente. 25 % de la population générale fume en Wallonie : 34 % dans les milieux les plus défavorisés et de 14 % dans les classes sociales les plus favorisées. Ce serait déjà un bel objectif que d'atteindre un jour 14 % de fumeurs dans la population générale. D'ailleurs, toutes les actions du Plan concourent d'une manière ou d'une autre à atteindre cet objectif de diminution des fumeurs et donc à terme de génération sans tabac.

    Je rappelle que la Wallonie soutient les partenaires du Plan wallon sans tabac pour un total de 822 000 euros. La liste des actions soutenues dans le cadre du Plan est très longue. J'en citerai les principales :
    - le FARES, le Fonds des affections respiratoires, réunit les partenaires et pilote le Plan (avec l'aide de l'AViQ et sous l'égide de mon cabinet). Il reçoit pour cela 51 000 euros. Le FARES reçoit également près de 270 000 euros pour des actions spécifiques qui consistent principalement à former et à accompagner dans la gestion du tabagisme les professionnels en contact avec des fumeurs ;
    - la Fondation contre le cancer est financée à hauteur de 315 000 euros pour un autre dispositif particulièrement important : il s'agit de la ligne téléphonique d’aide pour arrêter de fumer, dont le numéro est renseigné sur les emballages des paquets de tabac. Des tabacologues organisent à la demande des coachings spécifiques qui ont démontré leur efficacité pour aider les fumeurs à arrêter ;
    - l'institut Bordet gère pour sa part deux programmes d’aide au sevrage tabagique, pour un total de 62 000 euros. L'un pour les jeunes de 15 à 25 ans et l'autre pour les personnes sans emploi ;
    - le SEPT, le Service d'étude et de prévention du tabagisme, reçoit 50 000 euros pour accompagner les fumeurs en hôpital psychiatrique ou en prison et pour soutenir les professionnels de ces institutions.

    Le service Hainaut santé de la Province de Hainaut fait la promotion d’environnements sans tabac pour les populations vulnérables avec un projet financé pour 42 000 euros.

    En plus, la Wallonie donne 18 000 euros à la Société scientifique de médecine générale pour le soutien au médecin de famille qui est le premier référent santé dans le domaine du tabagisme, ainsi que 15 000 euros pour la Fédération des maisons médicales, afin de les soutenir dans la mise en œuvre de projets pluridisciplinaires autour du tabagisme.

    En plus, d'autres associations participent au dispositif wallon de lutte contre le tabagisme sans être subventionnées : des services assuétudes (Alfa, la Fédito), mais aussi l'Association des unions de pharmaciens et la Société de médecine dentaire.

    Il s'agit donc d'une belle panoplie d'actions dirigées vers les différentes conséquences négatives du tabagisme : que ce soit sur la santé du fumeur (médecin, dentiste et pharmacien pour les médicaments de substitution nicotinique), sur sa famille ou sur l'environnement dans lequel il vit.

    Je soutiens donc indirectement la démarche de la Fondation contre le cancer avec toutes les actions complémentaires du plan et via le renforcement des acteurs par le biais de conventions pluriannuelles.

    En ce qui concerne les actions futures, les acteurs du Plan wallon sans tabac vont commencer à se réunir à partir de ce mois-ci pour tenter de dégager des actions prioritaires à soutenir. En temps utile, je reviendrai vers le Gouvernement avec les conventions pluriannuelles et une liste d'actions prioritaires à soutenir à partir de 2019.