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La prise de Rilatine par les étudiants lors des examens

  • Session : 2017-2018
  • Année : 2018
  • N° : 415 (2017-2018) 1
  • Question écrite du 07/06/2018
    • de TZANETATOS Nicolas
    • à GREOLI Alda, Ministre de l’Action sociale, de la Santé, de l’Egalité des chances, de la Fonction publique et de la Simplification administrative
    La fin de l’année scolaire annonce également l’arrivée des examens et du blocus pour les étudiants du supérieur.

    Dans ce contexte-là, nous pouvons constater qu’un certain nombre d’étudiants recherchent via les réseaux sociaux à se procurer de la Rilatine.

    Ce médicament, qu’on peut se procurer sur ordonnance, est un psychostimulant proche des amphétamines. Il procure de l’excitation, une plus grande résistance et une aide à la mémoire, effets recherchés par les étudiants pour affronter cette période stressante. Normalement ce médicament est utilisé pour les personnes souffrant de troubles du comportement, à ceux qui ont un déficit de l’attention liée ou non à de l’hyperactivité.

    Malheureusement, une dépendance peut s’installer avec des effets parfois forts dangereux pour la santé.

    En effet, il arrive que la personne devienne sujette à des insomnies, des pertes de poids, mais aussi à des problèmes cardiaques, de la colère ou encore de la dépression.

    Une campagne de sensibilisation a-t-elle été mise en place auprès du milieu estudiantin ?
  • Réponse du 19/06/2018
    • de GREOLI Alda
    Tout d'abord, en ce qui concerne la consommation par les étudiants de Rilatine et des psychostimulants apparentés, deux types d'usage sont concernés.

    Premièrement, la consommation suite à une prescription médicale. En Wallonie, les chiffres que j'obtiens, même s'ils ne sont pas très récents, ne sont en tout cas pas inquiétants puisque de 2010 à 2014 le nombre de jeunes de 20 à 24 ans ayant reçu une prescription pour la Rilatine est passé de 38 à 28, selon les données de Pharmanet. Cette information ne répondra cependant pas à la question de l’honorable membre, car il n’est pas possible par ce biais de savoir si la personne est étudiante ou non, ni de savoir pourquoi elle prend ce médicament (pour se soutenir pendant les examens ou pour traiter un trouble en santé mentale).

    En outre, ces données ne donnent évidemment aucune information sur le deuxième type d'usage, celui qui découle d'un achat via Internet. Dans ce dernier cas, il s’agit d'un circuit parallèle et il est impossible de connaître le nombre de consommateurs et fortiori le nombre d'étudiants.

    Mais des actions de prévention sur le terrain ne sont généralement pas ciblées sur un nouveau produit en particulier, surtout chez les jeunes, car l'important n'est évidemment pas la substance en tant que telle, mais les conséquences négatives que sa consommation peut avoir sur l'individu et sur son entourage. Seuls les produits légaux les plus consommés et qui ont une place particulière dans notre société, comme le tabac, l'alcool et les médicaments, font parfois l'objet d'actions spécifiques.

    La prévention de l'usage de substances psychoactives doit être abordée de manière générale, car tous les usages de substances psychoactives légales ou illégales représentent un risque plus ou moins grand pour la santé. La Wallonie entreprend donc rarement une campagne de sensibilisation pour cibler un produit spécifique.

    En matière de prévention, la panoplie des acteurs est déjà assez large, des centres agréés comme les centres locaux de promotion de la santé donnent des informations en tant que points d’appui assuétudes. D'autres associations subventionnées mènent des débats dans les écoles, telles que Citadelle, Canal J ou encore l'AVAT, pour n'en citer que quelques-unes. De manière plus ciblée, d'autres associations encore, comme Modus Vivendi ou Nadja, sont présentes sur des lieux festifs afin d’informer et de sensibiliser les potentiels consommateurs. Les équipes sont composées de professionnels, diplômés en médecine, santé publique, pharmacie ou psychologie, formés pour discerner les spécificités de ces produits.

    La prévention ne suffit cependant pas toujours, surtout pour les substances qui sont consommées par des publics qui échappent aux actions de prévention ou n'y sont pas sensibles. Pour les atteindre, d'autres actions de réduction des risques sont développées grâce à ces professionnels qui connaissent les usages en cours en développant une proximité avec les usagers. Ce type de connaissance de terrain est fondamental, car les usages évoluent très rapidement. L’honorable membre le voit, la Wallonie a déjà et depuis plusieurs années de nombreux outils destinés à protéger la population des conséquences nocives de la consommation de drogues licites ou illicites, nouvelles ou traditionnelles.

    Il est bien évident que je suis sensible aux conséquences négatives liées à la consommation des produits pouvant entraîner une dépendance. En matière de médicaments psychoactifs, j'ai d'ailleurs invité l'AViQ à plusieurs reprises à participer activement à la plateforme BelPEP dont l'objectif est de soutenir une politique concertée en matière de prescription et d'usage de médicaments, car si le Gouvernement fédéral est compétent en matière de prescription et de délivrance de médicament, la Wallonie a un rôle à jouer en matière de prévention du mésusage des médicaments prescrits. Dans le cadre de cette plateforme, j'examinerai d'ailleurs les actions prioritaires à mener, sur base de ce que l'Agence me rapportera et, bien sûr, du budget disponible.