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La concertation avec le Gouvernement fédéral pour la délivrance des contraceptifs d'urgence dans les centres de planning familial

  • Session : 2017-2018
  • Année : 2018
  • N° : 446 (2017-2018) 1
  • Question écrite du 20/06/2018
    • de MORREALE Christie
    • à GREOLI Alda, Ministre de l’Action sociale, de la Santé, de l’Egalité des chances, de la Fonction publique et de la Simplification administrative
    La délivrance de contraceptifs d’urgence dans les centres de planning familial est un dossier sur lequel, malheureusement, nous devons revenir régulièrement afin de lutter contre l’immobilisme de certains.

    Comme Madame la Ministre me l’annonçait lors de ma dernière question parlementaire, en janvier, elle a adressé un courrier au cabinet de Mme De Block. Elle y propose une solution visant à réfléchir à la prise en charge du ticket modérateur par les centres de planning via un bon émanant du centre, afin que le pharmacien puisse délivrer gratuitement la pilule et que l'office de tarification concerné adresse, par la suite, une facture au centre de planning. Elle n'avait alors aucune réponse de la part du cabinet.

    Qu’en est-il ?

    A-t-elle pu avancer dans les discussions avec la Ministre fédérale de la Santé ?

    Comment entend-elle assurer une accessibilité géographique, temporelle et financière aux contraceptifs d’urgence ?
  • Réponse du 11/07/2018
    • de GREOLI Alda
    L’honorable membre souligne à juste titre plusieurs éléments concernant l’accessibilité à la contraception d’urgence. Elle cite l’accessibilité géographique, temporelle et enfin financière.

    Concernant les deux premiers, je lui répondrais que les pharmacies sont bien plus accessibles géographiquement et temporellement que les plannings. C’est donc une très bonne chose qu’elle me donne l’occasion de rappeler un message important qui est cette possibilité d’obtenir sans prescription une contraception d’urgence, et ce de jour comme de nuit, sept jours sur sept grâce au système de garde. Cette accessibilité géographique et temporelle est en effet absolument cruciale. Commander cette pilule par Internet ou attendre l’ouverture d’un centre de planning pourrait avoir des conséquences importantes.

    Quant à l’accessibilité financière, je lui rappelle que la pilule dite « du lendemain » coûte entre 8 et 10 euros en pharmacie. Les jeunes femmes de moins de 21 ans bénéficient d’un remboursement de 9 euros si elles présentent une ordonnance (au moment de l’achat ou a postériori).

    Concernant l’accès à la contraception classique par contre, je l’informe que nous n’avons pas trouvé de solution avec le Fédéral qui permettrait d’en garantir l’accès le plus large sans outrepasser la législation fédérale qui impose que seuls les pharmaciens peuvent délivrer des moyens contraceptifs médicaux.

    Il reste la question de l’anonymat et de l’accompagnement des jeunes dans leur vie affective et sexuelle. C’est précisément là que les plannings prennent tous leurs sens. Faire savoir aux jeunes que cette pilule existe, comment elle agit, ce qu’elle provoque, qu’ils ont le droit de la demander en aparté à leur pharmacien, et cetera. Ce sont des messages importants qui ne seront pas abordés dans une officine. Il y a donc une collaboration à mettre en place entre les acteurs de proximité pour des questions de ce type.

    Le contexte de la vie sociale affective et sexuelle est également un élément majeur pour le choix d'une contraception adaptée. Dans une première approche, le dialogue singulier avec un gynécologue, un centre de planning ou auprès d'un partenaire spécialisé, est certainement un moyen d'information efficace. D'une façon générale, la mise à disposition d'informations, par exemple sur le web, est également importante pour répondre, 24 heures sur 24, et parfois de façon anonyme, aux questions et inquiétudes des femmes concernant leur contraception, leur pilule et leur permettre de poser les questions en contact en ligne. Le site Love Attitude développé par les fédérations de centres de planning est un très bel outil et un outil très efficace.

    La pratique est en constante voie d'amélioration et la concertation avec le secteur continuera en 2018.