/

La baisse de la consommation de viande de boeuf wallonne

  • Session : 2017-2018
  • Année : 2017
  • N° : 200 (2017-2018) 1
  • Question écrite du 13/12/2017
    • de STOFFELS Edmund
    • à COLLIN René, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité, du Tourisme, du Patrimoine et délégué à la Grande Région

    Febev : « Il est important que le consommateur mange de façon équilibrée et nous entendons bien sa demande de produits durables. Cela dit, la suspension des jours sans viande n'est pas une mauvaise nouvelle pour notre secteur, dont on a tiré un portrait injustement négatif. Nous avons à changer la perception de la viande. ».

    FWA : « On en est venu à stigmatiser le steak de bœuf alors que cette viande produite en Wallonie est saine et locale. Du coup, les consommateurs se rabattent davantage sur des produits transformés à base de viande qui, eux, posent des questions de santé. Par ailleurs, à la maison, ils boudent nos produits. Mais, au resto, ils craquent pour des pièces de viande venues d'Amérique latine. ».

    Dans la balance, on ajoutera aussi la survie des éleveurs bovins wallons qui tirent la tête avec ou sans « Dagen zonder vlees ».

    Monsieur le Ministre confirme-t-il les propos de la FWA concernant les produits transformés à base de viande qui poseraient question pour la santé ?

    Y a-t-il une importation importante de viandes d’Amérique latine destinée à l’Horeca wallon ? Confirme-t-il ?

    Comme Monsieur le Ministre est aussi Ministre du Tourisme et que l’Horeca joue un rôle important dans le tourisme, que va-t-il faire en la matière, si jamais les propos se confirment ?
  • Réponse du 28/12/2017
    • de COLLIN René

    Le bureau d’études GFK Belgium, qui suit les achats de 5.000 ménages belges entre 18 et 65 ans, nous confirme le fait que le Belge est et reste un vrai mangeur de viande. 63 % des Belges déclarent manger de la viande au moins 4 fois par semaine et 24 % même presque tous les jours. Par rapport à cela, nous en avons 21 % qui mangent plus d’une fois par semaine du poisson ou des mollusques et crustacés et également 21 % qui mangent végétarien plus d’une fois par semaine. Seulement 5 % des Belges entre 18 et 65 ans sont végétariens.

    Ainsi, en 2016 :

    - la consommation domestique de viande, volaille et gibier était de 29 kg par personne, dont 10 kg de volaille et gibier ;
    - le pourcentage des ménages achetant de la viande reste très élevé : 98 % ;
    - la fréquence d’achat a par contre baissé de 63 fois par an en 2008 à 53 fois en 2016

    Il est à noter qu’outre les quantités consommées, c’est également le choix des morceaux qui évolue. Le mélange de viande représente par exemple 36 % du volume des achats de viande fraîche. Il en va de même pour le choix d’une qualité de viande avec une une désaffection certaine à l’égard de la viande de taurillons abattus à 20 mois, alors que, jusqu’à présent, cette viande faisait la fierté du Blanc Bleu Belge : viande maigre, diététique, très haut rendement carcasses. Tout cela se traduisant par une baisse des prix.

    Une étude réalisée par l’Agence wallonne pour une agriculture de qualité (APAQ-W) relative au comportement de consommation et d'achat de viande bovine en Wallonie et à Bruxelles concluait également que 42 % des consommateurs estiment que la viande bovine est trop chère.

    La maison est et reste le lieu de consommation principal pour l’alimentation en général et la viande et la volaille en particulier. Sur l’ensemble des moments de consommation, 2/3 se déroulent à la maison.

    Concernant les questions de santé publique, j’ai dénoncé il y a quelques mois les amalgames et simplismes. J’ai appelé aux nuances et aux messages reposant sur des bases scientifiques. L’Organisation mondiale de la santé et les diététiciens font des recommandations nutritionnelles. De mon côté, je prône le bon sens et la consommation raisonnable de tous produits.

    En ce qui concerne l’Horeca, la part des viandes originaires d’Amérique latine ne représente, selon l’ISPC, que 5 %, viandes auxquelles il convient évidemment d’ajouter les viandes issues d’autres pays de l’Union européenne tels que l’Irlande.

    En 2018, une action spéciale nationale sera menée en partenariat avec l’Horeca et le VLAM. On veillera à allier gastronomie, produits locaux et fierté régionale. Les choix se porteront sur la viande issue des races élevées chez nous : Blanc Bleu Belge, Salers, Angus, Limousine, Charolaise, Blonde d’Aquitaine… L’originalité des morceaux sera primée et nous présenterons ces résultats à la presse.

    Je précise enfin que l’APAQ-W est impliquée dans le déploiement d’un plan marketing stratégique et opérationnel aux côtés du pôle de compétitivité WAGRALIM.