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L'évolution de la filière bio

  • Session : 2017-2018
  • Année : 2018
  • N° : 704 (2017-2018) 1
  • Question écrite du 30/08/2018
    • de STOFFELS Edmund
    • à COLLIN René, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité, du Tourisme, du Patrimoine et délégué à la Grande Région
    Un appel à projets a été lancé afin de développer et renforcer la cohérence et l’organisation de l’offre au sein des filières bio wallonnes.

    Il existe, depuis 2013, un Plan stratégique bio, qui fixe des objectifs d’évolution à l’horizon 2020. Ce plan prévoyait de consacrer 14 % de la surface agricole utile (SAU) au bio et visait 1 750 exploitations certifiées. En 2016 ces objectifs avaient été revus à la hausse : 17,4 % de la SAU et 2 000 exploitations.

    Et même si l’agriculture bio est en plein essor, l’offre wallonne en produits reste inférieure à la demande (couverte par des exportations).

    S’il en est ainsi, ne faut-il pas davantage mettre le focus sur la filière bio ?

    En favorisant notamment les produits pour lesquels on constate un manque d’offre ?

    Serait-il envisageable d’aider les ménages à petit revenu à acheter bio eux aussi ?
  • Réponse du 17/09/2018
    • de COLLIN René
    Rappelons d’abord qu’en bio comme en non-bio, certains produits sont et resteront le fruit d’une importation. La banane, le thé, le café, par exemple, comptent parmi les produits bio qui ont le plus de succès. Pour ceux-là, il n’est d’autre choix que de les faire venir de pays tiers.

    L’honorable membre a fait référence au Plan stratégique pour le développement de l’agriculture biologique en Wallonie à l’horizon 2020. Ce plan stratégique a été évalué en 2016, puis révisé en 2017. La nouvelle mouture du Plan intègre des moyens supplémentaires de 3 millions d’euros. Parmi les nouvelles actions mises en œuvre, l’une d’elles vise à favoriser le développement de filières complètes.

    La DGO3 a lancé un appel à projets en ce sens, qui s’est clôturé le 31 mai dernier. Sept projets ont été soumis. Trois ont été sélectionnés pour être financés au travers d’un budget de plus de 250 000 euros. Les filières céréales et fruits et légumes seront ainsi soutenues en vue de pouvoir couvrir notre propre consommation et ainsi réduire les importations au profit du développement de notre économie locale. La troisième concernée est la filière viande bovine qui, à l’opposé des deux autres, voit de nombreux agriculteurs wallons s’engager dans la production bio sans que tous puissent valoriser cette production de façon équitable.

    Notons par ailleurs que le premier « groupement de producteurs bio » mis en place en Wallonie est celui des producteurs de porcs bio. Or, le secteur porcin est un de ceux pour lesquels le déficit de production locale se fait le plus cruellement sentir. Cette structure a été récemment reconnue de façon officielle par mes services. Elle poursuit précisément les objectifs que l’honorable membre évoque.

    Enfin, pour ce qui concerne le soutien des ménages à faible revenu, je crains de ne pas avoir en main les compétences nécessaires à cette fin. Deux éléments cependant : en premier lieu, si le produit bio est plus cher, on peut le consommer en modifiant son mode de consommation, par exemple, en adaptant les quantités ou en optant pour les circuits courts, plutôt que des produits issus de filières longues. En second lieu, le bio n’est pas toujours plus cher. Un produit fortement transformé peut en effet s’avérer plus coûteux qu’un produit plus simple utilisant des matières premières locales et de qualité. Grâce au soutien apporté au secteur bio, à son développement progressif menant à des économies d’échelle, l’équilibre qui s’installe entre l’offre et la demande fait qu’un produit bio peut être proposé à un prix inférieur à celui de son homologue conventionnel.