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Le bilan de la Cellule sécheresse et la promotion de l'hydrologie régénérative

  • Session : 2023-2024
  • Année : 2024
  • N° : 387 (2023-2024) 1

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  • Question écrite du 10/04/2024
    • de FONTAINE Eddy
    • à TELLIER Céline, Ministre de l'Environnement, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité et du Bien-être animal
    La Cellule expertise sécheresse a indiqué dans son dernier bilan, présenté le 26 mars, que l'état des nappes phréatiques et des réservoirs était globalement supérieur à l'indice sécheresse. Les précipitations automnales et hivernales permettent d'être rassuré pour l'été prochain.

    À l'image de ce qui existe en France, une association de l'hydrologie régénérative s'est constituée. En collaboration avec l'ULiège et le Centre des Technologies agronomiques de Strée, une série de conférences sont proposées (semaine du 8 au 12 avril) aux agriculteurs sur la préservation de l'eau. L'objectif du concept est un aménagement de l'environnement pour retenir au maximum l'eau à l'endroit où elle tombe, en augmentant les matières organiques, en créant des mares et des fossés. L'eau est ainsi stockée et mieux répartie. Elle s'infiltre dans les terres au lieu de ruisseler.

    Les agriculteurs sont invités à favoriser l'agriculture durable permettant la régénération des cycles d'eau douce nécessaire aux cultures et à l'élevage.

    Ce concept d'hydrologie régénérative peut-il s'inscrire dans les pratiques alternatives durables de la gestion de l'eau ? Le concept est-il intégré dans la Stratégie sécheresse ?

    Madame la Ministre compte-t-elle déployer une campagne de sensibilisation autour de ce concept auprès des agriculteurs et maraîchers ? Dans la positive, quelle forme prendra-t-elle ?
  • Réponse du 21/05/2024
    • de TELLIER Céline
    Cette question avait fait l’objet d’une réponse à une question orale en Commission de l’environnement. Voici la réponse qui avait été apportée :

    « Je profite des questions que vous me posez pour faire également écho aux nouvelles rassurantes qui émanent de la dernière réunion de la Cellule d’expertise sécheresse. Comme Monsieur le député Antoine l’a rappelé, ces signaux encourageants ne nous prémunissent en rien d’épisodes de sécheresse, particulièrement sur les zones du territoire les plus sensibles et lors des périodes de pics de consommation. L’année 2020, par exemple, présentait des niveaux similaires à la même période, mais comme vous le savez, elle avait été marquée par une sécheresse importante par la suite. Je reste donc, avec l’aide de mes services, particulièrement attentive à l’évolution de la situation.

    Tout comme vous, j’ai appris avec intérêt le lancement de l’association de l'hydrologie régénérative. La gestion de l’eau est une des composantes fondamentales de la gestion environnementale. Bien que l’association soit nouvelle, les concepts de l’hydrogéologie régénérative, comme ralentir la vitesse d’écoulement et favoriser l’infiltration et la rétention de l’eau dans le sol, sont connus.

    Comme vous le savez, j’ai travaillé à mieux prendre en compte la gestion de l’eau au travers des décisions que j’ai défendues telles que la protection des espaces naturels, l’amélioration de la résilience de nos forêts, la création de nouveaux parcs en milieux urbains, la plantation d’arbres et de haies entre autres projets aidés et soutenus à travers les acteurs de terrains en Wallonie.

    Toutes ces mesures vont dans le sens d’une restauration du cycle de l’eau et sont prônées par l'hydrologie régénérative. Cependant il faut faire plus et c’est en s’appuyant sur les sciences telles que l’hydrologie régénérative que nous parviendrons à surmonter les problématiques environnementales et climatiques.

    La politique intégrée de gestion durable de l’environnement que je me suis efforcée de mettre en place a pour avantage de toucher à toutes les composantes de l’environnement en créant un cercle vertueux qui restaure le fonctionnement des écosystèmes et, de ce fait, offre un large éventail de services bénéfiques à notre société, mais contribue également à la protection de la biodiversité. Mon souhait est que cette vision soit prise en compte dans toutes les décisions d’aménagements du territoire.

    Je ne peux donc qu’encourager l’ensemble des acteurs de la société à repenser leur utilisation de l’eau pour préserver cette ressource précieuse tant en qualité qu’en quantité. En ce sens, le cycle de conférences organisé par l’association contribue à cet objectif.

    Le parallèle avec l’actualité de la cellule sécheresse est en effet très intéressant, car le panel de mesures de la Stratégie intégrale sécheresse intègre le projet 104 du Plan de Relance de la Wallonie qui a pour objectif d’« améliorer la gestion quantitative de l’eau en agriculture en Wallonie dans le contexte du changement climatique » en utilisant l’Aménagement foncier rural (AFR). Certains aménagements ont vu le jour dans ce cadre, on peut notamment citer la Zone d’immersion temporaire de Willemeau ou le reméandrage de la Marcq à Enghien. Et d’autres concepts innovants sont à l’étude, par exemple, la Zone de gestion de l’eau (ZoGE) s’inscrit parfaitement dans le concept de l’hydrologie régénérative en formant une étendue d’eau en lieu et place d’axe d’écoulement important ce qui permet de mieux gérer les flux d’eau en favorisant le ralentissement, la répartition, l’infiltration, le stockage et l’évapotranspiration qui sont les 5 piliers de l’hydrologie régénérative.

    Je ne peux que me réjouir que les principes de l’hydrologie régénérative et de l’agroécologie cheminent dans les esprits et infusent dans les pratiques jusqu’à cette commission ».