/

La réhabilitation du site UCB au Roeulx

  • Session : 2013-2014
  • Année : 2013
  • N° : 206 (2013-2014) 1

2 élément(s) trouvé(s).

  • Question écrite du 19/11/2013
    • de TROTTA Graziana
    • à HENRY Philippe, Ministre de l'Environnement, de l'Aménagement du Territoire et de la Mobilité

    Le 29 janvier 2009, le Gouvernement wallon a approuvé la convention de transaction permettant à la SPAQuE de procéder aux travaux de réhabilitation du site UCB au Roeulx.

    Ce site, d'une superficie de 24 hectares, est selon la SPAQuE l'un des plus complexes à dépolluer, de par les substances que son sol contient et de par son étendue.

    Selon cette dernière, le site se caractériserait en effet par une concentration de benzène dans l'eau à cent mètres de profondeur « 130 fois supérieure à la norme de potabilisation et 1 300 fois supérieure à la norme concernant la consommation humaine ».

    Une étude de caractérisation du site réalisée entre 2003 et 2005 a également mis en évidence que le sol contient de fortes concentrations en autres polluants comme des huiles minérales et des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), du cyanure, des métaux lourds, etc.

    Monsieur le Ministre peut-il indiquer précisément l'état de dépollution de ce site ? Quelle superficie ou quelle quantité de terres ont totalement été dépolluées jusqu'à présent ? Quelle quantité de terres doit encore être traitée ?

    Selon la SPAQuE, des études menées n'ont révélé globalement aucun danger pour la santé des riverains. Quelles sont ces études ? Monsieur le Ministre confirme-t-il ces propos ?

    Quel est le coût total de la dépollution du site ? Quel est le montant pris en charge par UCB ? L'entreprise honore-t-elle correctement sa dette ?
  • Réponse du 16/01/2014
    • de HENRY Philippe

    Le site dénommé UCB, sis sur les communes du Roeulx et de Mons, d’une superficie de 26 hectares, fait l’objet d’une réhabilitation depuis 2009.
    Il s’agit d’un site extrêmement pollué en raison des activités historiques qui s’y sont déroulées pendant un siècle, comme vous le mentionnez.

    Dès la fin des années 1970, les installations ont été démantelées l’une après l’autre sans grand souci de la protection de l’environnement, entraînant une pollution très importante et très lourde, notamment en profondeur, dans la nappe phréatique.

    Confrontée à cette pollution historique, la SPAQuE a mené plusieurs campagnes d’investigation des sols. L’ampleur des pollutions rencontrées a nécessité un phasage des études avant même un phasage des travaux. Pour rappel, l’objectif de ces investigations et études est de déterminer les types de polluants, les volumes de terres et d’eaux contaminées et les meilleures techniques à employer pour dépolluer le site.

    Une partie de ces études sont en voie de finalisation, sur certaines parties du site. Mais, parallèlement, la réhabilitation est entamée, et même terminée, sur d’autres zones.

    Le chantier de réhabilitation proprement dit a débuté, en 2009, sur la partie sud du site. Cette partie se trouve en amont du sens d’écoulement des eaux qui se dirigent globalement vers le canal et la Haine et on y retrouve une grande partie des zones de pollutions les plus fortes. Il aurait été scientifiquement impensable d’assainir la partie nord avant la partie sud puisqu’elle serait, ainsi, restée soumise à la pollution migrant dans le sens sud-nord.

    D’ores et déjà, au cours de ce chantier, 90 500 m³ de terres polluées ont été excavés et envoyés en centre de traitement agréé dont 33 000 tonnes de goudrons et de brai, qui est un résidu pâteux de la distillation du goudron ou du pétrole.

    Dans l’état actuel des plannings, la réhabilitation de la partie nord du site et de la partie sud-ouest seront entamées fin 2014, début 2015. Il s’agit des zones dont la complexité a nécessité les études les plus longues et leur réhabilitation sera effectuée dans la foulée des travaux actuellement en cours. La fin des travaux est prévue pour fin 2016 ou début 2017. Si cet objectif est atteint, le délai total de réhabilitation du site aura été de huit à neuf années, ce qui est normalement attendu pour des sites aussi amplement pollués.

    J'informe également l'honorable Membre que cette réhabilitation s’effectue, notamment, dans l’objectif de protéger définitivement les captages d’eau qui sont en service au nord-ouest du site le long du canal.

    Les dépenses pour ce chantier de réhabilitation se montent, aujourd’hui, à un total de 27 millions d’euros, se répartissant en près de 16,5 millions de travaux terminés, auxquels s’ajoutent plus de 6,8 millions de travaux en cours et plus de 3,8 millions représentant le coût des investigations des sols et des études des faisabilités. Une enveloppe de l’ordre de 50 millions d’euros est prévue pour la réhabilitation de l’entièreté du site dans le cadre du financement alternatif du premier Plan Marshall.