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Les arbres conçus pour produire plus facilement de la pâte à papier ou du carburant

  • Session : 2014-2015
  • Année : 2015
  • N° : 204 (2014-2015) 1

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  • Question écrite du 29/04/2015
    • de KNAEPEN Philippe
    • à COLLIN René, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Infrastructures sportives, délégué à la Représentation à la Grande Région

    S’il est courant d’aborder les études génétiques sur les espèces de la faune sauvage, ainsi que sur les cultures, il est moins courant d’aborder un autre type de culture génétiquement modifiée tel que la sylviculture.

    Dernièrement, un groupement de recherche nord-américain a réussi par génie génétique à modifier la lignine de façon à ce qu’elle soit plus facile à extraire de la pulpe, sans affaiblir les arbres.

    La lignine est un composant des cellules végétales qui doit être extrait lors des étapes de production du papier ou de biofuel. Cela requiert non seulement de l’énergie et l’ajout d’agents chimiques, mais génère aussi beaucoup de déchets.

    Les précédents travaux consistaient à diminuer la teneur en lignine des arbres, mais les résultats étaient décevants au niveau de la résistance des végétaux (au vent, aux attaques microbiennes ou encore aux insectes...) et de leur croissance.

    Les équipes des universités de Colombie-Britannique, du Wisconsin et du Michigan ont plutôt sélectionné des gênes qui induisent la formation de liaisons chimiques différentes à l’intérieur de la lignine. Ces liaisons chimiques nécessitent moins d’énergie pour être cassées. Le résultat est double: la lignine est plus facile à extraire et son réemploi (sous forme d’adhésifs ou d’additif pour peinture) est aussi facilité. Tout cela est obtenu sans pour autant affecter la croissance des arbres.

    Les peupliers sont clairement les arbres visés par cette technique en raison de leur croissance rapide, de leur implantation dans des zones réputées impropres aux autres cultures, de plus, leur teneur en lignine est comprise entre 20 et 25 %.

    Les chercheurs affirment que l’on peut contrôler le « confinement » des espèces au génome ainsi modifié afin d’éviter une dispersion de ces nouvelles espèces dans les plantations environnantes.

    Quel est l'avis de Monsieur le Ministre sur cette possibilité de dispersion ?

    Pense-t-il que le recul nécessaire a été pris afin d’être certain que cette nouvelle variété ne prendra pas le dessus sur les espèces indigènes et que celle-ci ne sera pas plus sensible au niveau de la résistance face au vent, aux attaques microbiennes ou d’insectes ?

    Cette technologie est transférable et des licences peuvent être sollicitées auprès de Wisconsin Alumni Research Foundation. Peut-il me dire si ce type de culture est déjà implantée en Wallonie ? Si oui où ?
  • Réponse du 28/05/2015
    • de COLLIN René

    Il est tout d'abord important de rappeler la position qui est la nôtre en Wallonie. Nous ne sommes pas favorables à l'utilisation d'OGM dans nos cultures, dans notre agriculture, dans notre population forestière. Notre position est donc très claire.

    Un décret « OGM » a été débattu et approuvé par le Parlement en mars 2009, texte qui rend la cohabitation entre les cultures conventionnelles et les cultures d’OGM très difficile. Certains disent qu'elle est rendue impossible. Ce texte a été confirmé par le Parlement l’an dernier lors de son intégration dans le Code wallon de l’agriculture.

    En Wallonie, il ne serait pas possible de mettre ces peupliers OGM en culture. Les conditions de notre décret ne le permettent pas.

    Aucune autorisation n’a été demandée en Europe pour la culture de peupliers OGM à des fins de commercialisation. Il n’y en a donc pas en Wallonie.