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Les relations internationales de la Wallonie avec la Chine et le Japon

  • Session : 2016-2017
  • Année : 2017
  • N° : 112 (2016-2017) 1

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  • Question écrite du 12/05/2017
    • de KAPOMPOLE Joëlle
    • à MAGNETTE Paul, Ministre-Président du Gouvernement wallon

    Il y a quelque temps, le collègue de Monsieur le Ministre-Président en charge du Tourisme était interrogé sur l’accueil de touristes chinois à Charleroi, via les transports "low cost".

    Le 3 mai 2017, p. 28, l’Écho publiait un article exposant que le tourisme et l’emploi des femmes permettaient à l’action nipponne de s’élever.

    Dans ce contexte, j’aimerais revenir sur nos relations internationales avec deux pays.

    Quel sera le point de vue de la Wallonie et du Gouvernement quant à ces relations ?

    Quelle sera l’optique du Gouvernement wallon quant au tourisme et aux échanges économiques à envisager et à entretenir avec ces deux pays ?

    Quelles mesures concrètes le Gouvernement entend-il prendre pour faire connaître notre région aux multiples talents à la Chine et au Japon ?
  • Réponse du 08/06/2017
    • de MAGNETTE Paul

    * Chine

    Les relations officielles entre la Chine et la Belgique dans les matières concernant les entités fédérées remontent à la signature de l’accord culturel du 9 décembre 1980 entre les deux pays. Cela étant, à la suite des événements de la place Tien Anmen de juin 1989, ces relations sont pratiquement restées au point mort. Ce n’est véritablement qu’en 2007 que la reprise des commissions mixtes en matière culturelle et scientifique a permis d’officialiser la relance de notre coopération avec ce pays.

    En la matière, les domaines d’action prioritaires de WBI sont la culture (accord culturel), la recherche et innovation (accord China Scholarship Council - FNRS - WBI et accord avec le ministère chinois des Sciences et des Technologies), la coopération universitaire (accord avec l’université de Behiang), l’enseignement et la Francophonie. L’AWEx et WBI mènent également des actions conjointes pour la participation à des foires commerciales ou en matière d’enseignement.

    En termes de relations économiques, la Chine constitue un immense marché, offrant des opportunités dans de nombreux secteurs comme la logistique, les biotechnologies, le numérique ou l’agroalimentaire.

    Deux succès peuvent être épinglés :
    - Déjà basé aux Pays-Bas, le groupe Alibaba a décidé de s’implanter en Belgique et a annoncé son arrivée par l’organisation de workshops afin d’inviter les sociétés belges à proposer leurs produits sur leur plateforme d’e-commerce. Il s’agit d’une opportunité intéressante pour les sociétés qui auront la possibilité de vendre en Chine sans devoir prospecter activement ce marché ni assumer toute la logistique y afférente.
    - Le partenariat noué entre le Wuhan East-Lake HiTech Innovation Center (WHIBI) et le parc scientifique de Louvain-La-Neuve conduira à l’implantation chez nous du China-Belgium Technology Center (CBTC) sur un terrain de 8,5 hectares. Le centre néo-louvaniste comprendra six ailes qui regrouperont cinq pôles d’activités : biotechnologies-nanotechnologies, TIC, optoélectronique, électronique, développement durable et ingénierie verte. En juin 2016, à l’occasion de la visite officielle de la délégation de la province d’Hubei, un MoU a été signé entre United Investement Europe et l’AWEx afin de confirmer le soutien formel de la Wallonie au projet, l’objectif final étant la création d’une plateforme sinoeuropéenne de coopération commerciale et technologique. La construction du bâtiment a démarré fin mai et s’étalera sur deux ans. En attendant, deux bâtiments ont été acquis pour un montant total d’investissement de 2,75 millions d’euros et, à ce jour, neuf sociétés sont enregistrées au CBTC.

    En matière de commerce extérieur, avec 1,42 % de nos exportations, la Chine était, en 2016, notre premier client sur le continent asiatique, devant le Japon et la Corée du Sud. Le secteur pharmaceutique pèse pour un quart (23,99 %) dans ces exportations. Le secteur Mecatech est également important, représentant 22,69 % du total. Les métaux communs et ouvrages comptent pour un cinquième (19,98 %). On notera aussi l’importance relative de l’agroalimentaire (6,36 %).
    En termes d’importations, avec 2,11 %, la Chine était aussi, en 2016, notre premier fournisseur asiatique, devant le Japon et Singapour. Les machines et appareils représentent près de la moitié de nos importations (43,34 %). En revanche, le textile ne présente plus qu’un onzième (9,03 %) de celles-ci, principalement pour les vêtements qui, à eux seuls, représentent 8,01 %. À noter aussi que les jouets représentent un douzième de nos importations chinoises.



    * Japon

    Les relations entre la Wallonie – et la Fédération Wallonie-Bruxelles  et le Japon s’inscrivent dans le cadre de l’accord culturel signé, le 4 mai 1973, entre le Royaume de Belgique et le Japon. Le dernier programme de coopération s’est achevé fin 2001. Il était limité à la coopération académique et aux bourses d’études. Depuis, le Japon n’a plus souhaité convoquer les commissions mixtes permanentes. En l’absence d’un nouveau programme de travail, la coopération de la Wallonie comme de Bruxelles avec ce pays est plus limitée. Elle vise essentiellement l’échange de boursiers, le soutien à des manifestations culturelles ponctuelles, l’aide à la mobilité de compagnies et d’artistes. Elle comprend aussi des actions de visibilité spéciales comme le 150e anniversaire des relations bilatérales entre la Belgique et le Japon, le bicentenaire Sax ou la visite d’État.

    Nos relations sont plus importantes sur le plan économique. Le Japon est le premier investisseur asiatique en Wallonie. Il représente la création et le maintien de 4 000 emplois, avec une contribution à l’économie wallonne de 665,5 millions d’euros.

    En termes de commerce extérieur, les entreprises wallonnes qui offrent des produits et des solutions novateurs et de qualité rencontrent le succès quel que soit leur secteur d’activité. Les principaux secteurs sont néanmoins l’ingénierie mécanique, le domaine digital, les sciences du vivant, l’agroalimentaire et l’édition.

    L’existence de collaborations actives entre les universités et les centres de recherche des deux pays dans des domaines très techniques comme l’automobile ou les biotechnologies est un facteur déterminant du développement à long terme de nos relations commerciales et économiques.

    Le Japon est le 25e marché d’exportation de la Wallonie, soit le deuxième en Asie, après la Chine. Les principaux secteurs concernés sont les produits pharmaceutiques et des industries chimiques (47,7 %), l’agroalimentaire (16 %) et les machines et équipements mécaniques, électriques et électroniques (13,5 %). En termes d’importations, le Japon est le 18e fournisseur de la Wallonie. Les principaux secteurs concernés sont les machines et équipements mécaniques (43,8 %), les matières plastiques (26,77 %) et le matériel de transport (13,43 %).

    Concernant les investissements japonais, la Wallonie accueille des activités :
    - de production automobile, verrière et aéronautique (JTEKT, Aisin AW, Bridgestone, NGK, AGC…) ;
    - de recherche et de production dans le secteur pharmaceutique (Daichi Sankyo, Mitsui Global Finance Group) ;
    - et dans le secteur TIC (Canon).

    Ceci précisé, s’agissant des éléments plus directement relatifs au volet touristique, l’Honorable Membre pourra interroger le ministre Collin, chargé de cette matière au sein du Gouvernement wallon.