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La réhabilitation du site des Cokeries d'Anderlues

  • Session : 2017-2018
  • Année : 2018
  • N° : 1287 (2017-2018) 1

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  • Question écrite du 06/06/2018
    • de GONZALEZ MOYANO Virginie
    • à DI ANTONIO Carlo, Ministre de l'Environnement, de la Transition écologique, de l'Aménagement du Territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings
    De nouveau, je me permets de revenir vers Monsieur le Ministre concernant le site des anciennes cokeries d’Anderlues, site retenu par le Gouvernement wallon, en 2005, parmi ceux à réhabiliter prioritairement dans le cadre du Plan Marshall 1. Cela fait 16 ans, à présent, que les cokeries d'Anderlues ont cessé leurs activités de charbonnage et 12 ans donc que la réhabilitation de ce site est jugée comme prioritaire. Après les différentes phases du processus, le site de la cokerie d'Anderlues a finalement été retenu afin de procéder à sa réhabilitation. Les mécanismes juridiques à mettre en œuvre ont imposé de recourir à l'assistance d'avocats spécialisés en matière d'expropriation.

    Certes, le dossier est complexe, cependant, je souhaiterais, une nouvelle fois, faire le point avec lui d’autant que sous ce site, une nappe alimente l'ensemble de la région du Centre. Aussi, est-il possible que demander à la SPAQUE, dans un premier temps, un avis circonstancié sur la dangerosité du site et le degré d'urgence qu'il y a concernant son assainissement ?

    Est-il également envisageable qu'il demande à la Direction générale des Ressources naturelles et de l'Environnement quel est l'état de la nappe aquifère actuelle à Anderlues ?

    Par ailleurs, il avait explicité, lors de ma dernière interpellation concernant ce dossier, que les avocats désignés pour assister son cabinet travaillaient avec les services de la SPAQUE en vue d'établir une motivation irréprochable et un dossier de procédure complet et incontestable, qui soit le plus inattaquable possible.

    Qu’en est-il ?

    Le travail d'analyse juridique et d'élaboration d'une motivation adéquate est-il terminé ?
  • Réponse du 28/06/2018
    • de DI ANTONIO Carlo
    La réhabilitation du site des Cokeries d’Anderlues reste une préoccupation et un dossier complexe ; l’historique du site est par ailleurs particulièrement lourd.

    Des pollutions importantes du sol et des eaux souterraines ont été observées. Pour le sol, les principales contaminations concernent les huiles minérales, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les hydrocarbures aromatiques monocycliques (HAM), les cyanures et localement les métaux lourds, les PCB, les solvants (EOX) et phénols.

    Les eaux souterraines montrent également des contaminations, principalement en huiles minérales, HAP et HAM. Par ailleurs, l’ensemble des déchets liquides et solides, ayant fait l’objet d’analyses, présente des concentrations en divers contaminants supérieures aux normes en vigueur. De l'amiante a également été décelé en surface du site (ce qui indique une présence probable en profondeur également) dans un tas de déchets et dans les poussières des bâtiments. Au niveau des eaux de surface des bassins de rejet des eaux résiduaires, des contaminations en HAP et HAM ont également été observées.

    Outre les pollutions constatées, le site comporte encore une grande partie des anciens bâtiments, globalement dans un état de délabrement avancé ainsi que de nombreuses infrastructures.

    Plusieurs aquifères sont largement exploités pour la production d'eau potable par l'intermédiaire de galeries dont certaines sont situées à proximité du site. Selon la SPAQuE il ressort, sur base des premières investigations réalisées par le bureau d’études SGS en 2007, que les pollutions mises en évidence dans les sols et les eaux souterraines n'ont a priori pas d'impact sur ces galeries.

    Les zones de prévention arrêtées de la galerie du Berger n'incluent d'ailleurs pas le site. Toutefois, l'impact potentiel des pollutions mises en évidence sur la ressource en eau n'a pas pu être étudié de façon précise ; des investigations complémentaires sont nécessaires.

    Le propriétaire ayant empêché toute intervention sur le site depuis 2009, des investigations complémentaires restent indispensables pour actualiser l’état environnemental du site. Celles-ci sont entreprises avec l’appui du Département de la police et des contrôles et le service des eaux souterraines de la DGO3 et sont à présent planifiées au second semestre de 2018. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le signaler, les Conseils désignés par la Région wallonne et la SPAQυE travaillent de concert pour préparer la motivation la plus adéquate pour procéder à l’expropriation. Lorsque cette actualisation des données environnementales sera terminée, la motivation de l’arrêté d’expropriation pourra être finalisée et la procédure poursuivie.