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La distribution d’eau en Wallonie

  • Session : 2017-2018
  • Année : 2018
  • N° : 1456 (2017-2018) 1

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  • Question écrite du 25/06/2018
    • de FOURNY Dimitri
    • à DI ANTONIO Carlo, Ministre de l'Environnement, de la Transition écologique, de l'Aménagement du Territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings
    Je souhaite interroger Monsieur le Ministre d’une manière globale sur l’avenir de la production et de la distribution d’eau en Wallonie. Sur notre territoire, certaines situations particulières mettent en avant des éléments inquiétants quant à la durabilité de la gestion de la SWDE vis-à-vis de nos ressources aquifères.

    Pour exemple, dans certaines communes de la Province de Luxembourg, l’eau de distribution de villages provient de la station de Chassepierre. Je pense particulièrement à la Commune de Bertrix (qui bénéficiait jusqu’il y a peu de l’eau de la station de Rossart) ou à celle de Neufchâteau.

    L’eau de cette station de Chassepierre est certes potable, mais pourtant sa qualité est inférieure pour les usages domestiques. On le voit par sa teneur forte en calcaire qui entraîne des désagréments pour les usagers, mais aussi à travers les conclusions de différents prélèvements issus de la station qui marquent la présence de davantage de nitrates, sulfates et pesticides dans l’eau.

    Comment peut-on justifier le fait de distribuer de l’eau qui contient plus de calcaire, de nitrates, de sulfates et quatre fois plus de pesticides au détriment d’une eau plus saine et produite de manière locale ?

    Comment peut-on justifier le fait de désinvestir dans des stations de pompage alors que les problèmes des ressources en eau, liés aux sécheresses et aux pollutions, se posent de plus en plus  ?

    Comment expliquer aussi que le changement d’eau se fait sans que la population ne soit prévenue et qui amène parfois de gros dégâts, donc de grands frais, dans les installations des particuliers, mais aussi des entreprises installées sur le territoire  ?

    Comment trouver les moyens nécessaires pour arrêter la suppression de ces nombreuses stations de pompage, améliorant ainsi la qualité de vie et la qualité de l’eau dans nos zones rurales  ?
  • Réponse du 16/07/2018
    • de DI ANTONIO Carlo
    La ligne de conduite du Gouvernement est de garantir à tous les Wallons une eau de qualité et en quantité, à un prix maîtrisé tout en assurant les investissements nécessaires pour maintenir et développer les infrastructures.

    Le schéma régional d’exploitation des ressources en eau est le principal outil pour y parvenir.
    En 2010, le Gouvernement a confié à la SWDE l’établissement de ce schéma régional, avec comme objectif d’en faire la référence pour l’alimentation en eau par les différents opérateurs en Wallonie, entre autres en ce qui concerne le caractère pérenne des prises d’eau par rapport à une fourniture alternative.
    Ces travaux ont conclu à la nécessité de rationaliser l’alimentation en eau à des fins de distribution en désactivant les petites ressources fragiles (sur les plans qualitatif ou quantitatif) et donc non fiables, et en augmentant la production de grosses ressources, stratégiques et sous-utilisées (barrages, valorisation d’eau d’exhaure, et cetera).

    Tenant compte de ces objectifs, le schéma régional prévoit une série de travaux, majoritairement de liaisons pour une longueur de 700 km et un budget estimé de 640 millions d’euros investis principalement par les acteurs de l’eau. Le Gouvernement a octroyé fin 2015 une aide de 40 millions sur huit ans pour contribuer à ces importants chantiers.
    Après réalisation, la sécurisation de l’ensemble des raccordements sera possible moyennant des travaux complémentaires de chaque opérateur au sein de son propre réseau. Une fois cette sécurisation en place, des situations comme celles vécues à Charleroi récemment n’auront plus cours dès lors qu’il sera possible de recourir à un approvisionnement alternatif lors d’un problème avec un captage.

    Les prises d’eau des communes de Bertrix et Neufchâteau se situent dans un contexte géologique peu favorable aux ressources en eau souterraine et sont vulnérables aux pollutions. La rationalisation passe par l’abandon progressif de ce type de prises d’eau et la concentration des moyens de protection pour les ouvrages stratégiques, tout en les interconnectant afin d’offrir la possibilité de basculer sur des ressources d’eau de surface, pour s’adapter aux changements climatiques. La maîtrise des coûts de production d’eau garantit aussi un accès à un prix raisonnable.

    L’eau de substitution provient, via l’adduction existante du Centre Ardenne, du captage de Chassepierre à Florenville qui est une ressource stratégique et protégée depuis 2004. L’eau, prélevée dans la masse d’eau du Sinémurien, est typique de la minéralisation de cet aquifère. Elle est plus dure, mais aussi plus équilibrée et donc protectrice vis-à-vis des métaux constitutifs des canalisations comme le plomb.

    Les nanotraces d’un pesticide interdit depuis 10 ans (la déséthylatrazine) qui y subsistent (16 ng/L), sont largement inférieures à la norme de 100 ng/L et disparaîtront avec le temps. La qualité de l’eau fournie est donc garantie, à court terme, mais aussi et surtout à long terme.