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Les indemnisations des dégâts causés par le héron cendré en Région wallonne.

  • Session : 2005-2006
  • Année : 2006
  • N° : 190 (2005-2006) 1

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  • Question écrite du 31/07/2006
    • de FONTAINE Philippe
    • à LUTGEN Benoit, Ministre de l'Agriculture, de la Ruralité, de l'Environnement et du Tourisme

    Monsieur le Ministre connaît mon intérêt pour les espèces animales protégées en Région wallonne. Outre un intérêt strict à ces animaux peu courants ou réintroduits chez nous après parfois des siècles d'absence, certains d'entre eux, bien que parfaitement réadaptés, peuvent causer des dommages plus ou moins importants selon la taille de leur population, leur degré de prédation et les opportunités qui s'offrent involontairement à eux.

    Je lui ai déjà posé plusieurs questions à propos de ces animaux protégés mais jamais spécifiquement à propos de ce grand échassier qu'est le héron. Je souhaiterais donc d'abord pouvoir en apprécier son nombre et ensuite savoir comment évolue cette population.

    Rare il y a quelques années parce que détruit presque systématiquement, le héron a vu sa population s'accroître considérablement dès sa protection intégrale. Plusieurs colonies nichent dans la vallée de la Meuse et, à Laeken, une colonie compte plus de deux cents couples. Il me paraît intéressant d' apprécier plus finement la progression et la localisation de ce ciconiiforme ardéidé.

    Se nourrissant de poissons, il arrive que le héron se rende responsable de dégâts importants aux étangs et piscicultures. Les exploitants peuvent alors se faire indemniser en application de l'arrêté du Gouvernement wallon relatif à l'indemnisation des dommages causés par certaines espèces animales protégées du 8 octobre 1998.

    Mes questions seront les suivantes.

    Monsieur le Ministre peut-il me dire si les autorisations de tir peuvent être délivrées pour le héron ? Si oui, combien ont été délivrées ? Cela a-t-il permis de faire diminuer les prédations sur les piscicultures et diminuer le nombre de demandes d'indemnisation provenant des exploitants ?

    Peut-il me communiquer le nombre de demandes d'indemnisation rentrées auprès des services compétents depuis ces deux dernières années et les montants indemnisés par dossier ?

    Peut-il me dire où en est son administration dans la recherche de solutions de prévention efficace ?
  • Réponse du 23/08/2006
    • de LUTGEN Benoît
    En ce qui concerne les autorisations de tir, l'administration a délivré 5 autorisations de tir de hérons cendrés, pour 4 demandeurs différents, parmi lesquels la Défense nationale pour des motifs de sécurité aérienne. Ces autorisations portaient sur un total de 56 individus.

    J'ai jusqu'à présent reçu les rapports de tir pour 3 de ces autorisations (deux demandeurs), lesquels mentionnent respectivement, 18, 3 et 3 oiseaux tirés.

    Aux dires des pisciculteurs, le tir permet de protéger momentanément les bassins d'une pisciculture, mais de nouveaux oiseaux ne tardent pas à se réinstaller et une présence régulière d'oiseaux est dès lors constatée.

    De plus, le pisciculteur qui a transmis un rapport souligne que le tir demande un investissement humain important et que les dérangements provoquent souvent le départ des oiseaux qu'il n'est alors plus possible de tirer.

    Pour 2005 et 2006, quatre indemnisations ont été octroyées pour des dommages conjoints de cormorans et de hérons ; elles portent sur des montants respectifs de 561, 744 , 52 et 12.395 euros, soit un montant total de 13.751 euros.

    En outre, 6.065 euros ont été octroyés pour la mise en place de moyens de prévention. D'autres dossiers de demande sont actuellement en cours d'examen au sein de mes services.

    En ce qui concerne la recherche de moyens de prévention, la Région wallonne a financé, voici 2 ans, l'ASBL GIPPA pour une étude portant notamment sur l'identification de moyens de prévention pour les piscicultures.

    Cette étude a permis d'effectuer le recensement de moyens de prévention existant en Belgique ainsi que dans les pays voisins et d'identifier les situations dans lesquelles ils sont les plus adaptés. Les conclusions constatent néanmoins qu'aucun moyen de prévention n'est efficace à 100 %. De plus, les moyens proposés présentent généralement des risques colatéraux pour la faune sauvage.

    Les résultats de cette étude seront publiés dans les prochains mois afin de servir de guide aux agents de la DNF et aux experts chargés de proposer des moyens de prévention.