à TELLIER Céline, Ministre de l'Environnement, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité et du Bien-être animal
Les frelons asiatiques sont présents depuis 2016 sur le territoire wallon. Les politiques successives menées par la Wallonie indiquent que c'est un constat d'échec qu'il convient malheureusement aujourd'hui de soulever, un risque énorme à l'égard de l'existence des ruches d'abeilles, une menace pour la santé humaine et pour la sauvegarde de la biodiversité.
Comment expliquer que les mesures prises aient échoué et quelles sont les difficultés rencontrées et les éventuelles solutions apportées ?
Est-ce une insuffisance de moyens budgétaires, d'équipements appropriés et d'informations utiles qui justifient l'échec ?
Quelle est la lecture de Madame la Ministre sur cette problématique ?
Elle et son collègue en charge de l'Agriculture sont-ils conscients que les nids de frelons asiatiques ne se logent dorénavant plus en hauteur d'espace, mais se retrouvent abondamment au sol, dans les roseraies ou les haies ? Une situation et des implantations dangereuses pouvent mener, à brève échéance, à des accidents pouvant avoir des conséquences très graves.
Bien que 1 000 interventions aient été comptabilisées en 2022, les prévisions des professionnels considèrent qu'il conviendra d'en pratiquer plus de 4 000 sur le territoire wallon en 2024. Des budgets suffisants existent-ils pour que ce ne soit pas le citoyen qui doive faire face seul au coût de l'intervention de neutralisation du nid (intervention qui n'est pas obligatoire à effectuer de la part du citoyen) ?
Quels sont-ils et comment l'administration communique-t-elle sur le sujet ?
Ne convient-il pas de faire de cette cause une véritable cause d'intérêt général et public ?
La seule solution sur laquelle semblent s'accorder les pays européens touchés est aujourd'hui la neutralisation massive !
Madame la Ministre partage-t-elle le constat et peut-elle confirmer que les ressources humaines et les matériels sont présents en nombre suffisant sur le territoire ? Quels sont-ils ?
Peut-elle en apporter le détail et les précisions utiles quant à leur disponibilité ?
Face à l'urgence, n'est-il pas plus que temps de réunir un groupe de travail qui soit composé d'apiculteurs, d'acteurs ayant une grande expérience dans la neutralisation et l'approche des nids, de pisteurs de nids, de représentants du service du numéro 112 et de l'Administration (de la Cellule des espèces invasives) ?
Quand ce groupe de travail pourrait-il se mettre en place et quel échéancier Madame la Ministre lui donne-t-elle ?
Réponse du 28/05/2024
de TELLIER Céline
Dès l’arrivée des frelons asiatiques en Europe, le monde scientifique s’est montré pessimiste sur les chances d’arrêter sa propagation. Malgré les efforts de neutralisation de tous les nids détectés entre 2016 et 2022, la population du frelon asiatique n'a cessé de croître de façon exponentielle, comme dans d’autres pays. C’est notamment le cas en France, malgré un coût annuel de plusieurs millions d’euros.
Les raisons de cette propagation sont multiples et ne peuvent être imputées à un manque de moyens. L’espèce est capable de se déplacer sur de longues distances, de se démultiplier facilement lorsque les conditions lui sont favorables. De plus, il est techniquement impossible de détecter les nids avant la dispersion des reines fondatrices.
Face à cette réalité, la stratégie adoptée par le Gouvernement et par mes services, est une stratégie de gestion de l’espèce plutôt qu’une lutte acharnée, inefficace, et coûteuse.
Cette stratégie est justifiée par l’impossibilité d’envisager une éradication complète de l’espèce au niveau européen, mes services n’ayant connaissance d’aucun pays européen s’étant engagé dans une neutralisation massive et complète des nids. Les conséquences encore plus délétères de l’utilisation massive d’insecticides, produits hautement toxiques pour le milieu aquatique et pour le reste de la biodiversité, légitiment aussi notre stratégie de gestion de l’espèce.
Face à ces défis, il est évident que mes services poursuivent leurs efforts au regard de toutes les espèces exotiques envahissantes présentes en Wallonie afin de minimiser leurs impacts.
En ce qui concerne le secteur apicole, le Gouvernement a pris différentes mesures de soutien. J’invite l’honorable membre à solliciter mon collègue le Ministre Borsus en charge de cette compétence pour davantage d’informations.