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L’observation d’une nouvelle espèce hybride dite sanglochons et son impact sur les écosystèmes et l'agriculture

  • Session : 2024-2025
  • Année : 2024
  • N° : 31 (2024-2025) 1

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  • Question écrite du 22/10/2024
    • de LEPINE Jean-Pierre
    • à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
    Je souhaite attirer l'attention de Madame la Ministre sur des témoignages récents provenant de plusieurs régions de Wallonie concernant l'observation d'une nouvelle espèce hybride, les « sanglochons » ou « cochongliers », résultat du croisement entre un sanglier et un cochon domestique.

    Les dégâts causés par les sangliers sont déjà une source d'inquiétude pour les agriculteurs et les forestiers. L'apparition de ces hybrides pourrait aggraver la situation et entraîner des conséquences supplémentaires pour le secteur agricole ainsi que pour nos écosystèmes.

    Le Gouvernement wallon a-t-il connaissance de l'existence d'élevages ou d'autres facteurs expliquant la prolifération de ces hybrides sur notre territoire ?

    Un recensement des populations de sanglochons a-t-il déjà été effectué ou est-il prévu dans un avenir proche, afin d'évaluer l'ampleur du phénomène ?

    Quels sont, selon les informations disponibles, les impacts de la présence de ces hybrides sur la biodiversité, les activités agricoles et les écosystèmes forestiers en Wallonie ?

    Des mesures spécifiques sont-elles envisagées pour limiter la prolifération de ces espèces hybrides et prévenir les dommages potentiels qu'elles pourraient causer ?
  • Réponse du 18/11/2024
    • de DALCQ Anne-Catherine
    J’informe l’honorable membre que mon administration et moi-même n’avons été alertées d’aucune problématique particulière de prolifération de sanglochons sur le territoire de la Région wallonne.

    L’hybridation entre le sanglier et le cochon domestique a été pratiquée par le passé, au début du XXe siècle, lorsque les populations de sangliers sauvages étaient au plus bas. Des cochons étaient croisés avec des sangliers et les individus les plus proches phénotypiquement étaient relâchés pour reconstituer les populations sauvages à des fins cynégétiques.

    Il reste des traces de cette hybridation qui ont pu être mises en évidence par l’outil génétique. Deux études au Luxembourg et en Wallonie ont en effet démontré la présence d’haplotypes asiatiques, en lien étroit avec les porcs domestiques, dans les populations de sangliers chassés. L’analyse la plus récente réalisée en 2017 par l’UCLouvain indiquait un taux de 1,6 % de sangliers issus de croisements. Une concentration plus forte est mise en évidence au Luxembourg et en forêt d’Anlier, consécutive à des lâchers illégaux de sanglochons au début des années 1990 en forêt d’Anlier.

    De nouvelles techniques plus sensibles ont été appliquées à une centaine de sangliers chassés en Wallonie en 2017 pour tenter de mettre en évidence le taux d’hybridation sanglier – cochon domestique au sein de plusieurs populations européennes. Les résultats préliminaires indiquent que 7 % des sangliers testés présentent une filiation plus ou moins lointaine avec des porcs domestiques, ce qui correspond à ce qui est observé en Allemagne, République tchèque et Pologne.

    Si l’élevage de sangliers ou d’hybrides est permis, il est évidemment totalement interdit de les relâcher en parcours libre. Dès lors, l’administration reste particulièrement attentive à toute alerte ou apparition du phénomène afin d’empêcher la propagation des sanglochons, s’ils venaient à être observés dans la nature.

    Un hybride aura le même impact sur l’environnement qu’un sanglier pur. Cependant, la taille des portées et la prise de poids sont plus importantes chez les hybrides, engendrant ainsi un accroissement plus rapide de la population et des déprédations qui y sont liées.