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L’impact sur la sécurité routière des voitures électriques en Wallonie

  • Session : 2024-2025
  • Année : 2025
  • N° : 380 (2024-2025) 1

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  • Question écrite du 17/02/2025
    • de LEPINE Jean-Pierre
    • à DESQUESNES François, Ministre du Territoire, des Infrastructures, de la Mobilité et des Pouvoirs locaux
    Une récente analyse menée sur l'impact sur la sécurité routière des voitures électriques fait le constat d'un risque aggravé dans certains pays nordiques, où elles sont davantage représentées que chez nous, notamment en semaine, pendant les heures de pointe et en milieu urbain.

    Chez nous, les statistiques nous montrent que les accidents impliquant ce type de véhicules sont plus fréquents en Flandre, sur les routes limitées à 30 km/h et sur les autoroutes.

    Nous n'avons pas de chiffres signifiants pour la Wallonie sur ce sujet précis, mais l'étude estime que les usagers faibles sont proportionnellement plus impliqués dans un accident : les piétons et des cyclistes représentent 28,6 % pour 22 % de collisions avec les autres voitures.

    Notons que les usagers faibles, sont, selon l'étude, 52 % à avoir l'impression qu'une électrique est difficilement audible pour les cyclistes et les piétons.

    Sachant que l'année passée, les voitures électriques ne représentaient que 4 % du parc automobile belge et principalement en Flandre et que ce taux est appelé à augmenter au vu des nouvelles législations à venir.

    M. le Ministre a-t-il pu prendre connaissance de cette étude ?

    Quelles en sont ses conclusions ?

    Voudrait-il nous fournir des statistiques qui nous montrent la proportion d'accidents impliquant ce type de véhicules ?

    Souhaite-t-il mener campagne pour sensibiliser les usagers de la route aux dangers inhérents au silence des électriques afin d'assurer une transition vers une conduite électrique sûre en sachant que ce silence désavantage des personnes à la vue défaillante qui comptent sur leur ouïe ?
  • Réponse du 10/03/2025
    • de DESQUESNES François
    En 2023, 1,6 % des accidents corporels qui se sont produits en Wallonie concernaient un véhicule électrique et 8,8 % concernaient au moins un véhicule hybride sans que l’on sache quel moteur (électrique ou thermique) fonctionnait au moment de l’accident. En Flandre, en 2023, 14,5 % des accidents impliquaient un véhicule hybride et 5,9 % un véhicule électrique.

    L’étude citée a été réalisée par l’Institut Vias. Elle souligne que les accidents impliquant des véhicules électriques sont en hausse et que les usagers vulnérables y sont proportionnellement plus représentés. Cependant, il est essentiel de replacer ces chiffres dans leur contexte : l’absence de données sur les kilomètres parcourus par type de motorisation et selon le type de voirie ne permet pas d’établir que les véhicules électriques présentent un risque intrinsèquement plus élevé. Par ailleurs, l’analyse montre que la gravité des accidents impliquant un véhicule électrique s’explique principalement par des facteurs tels que le poids et la puissance du véhicule, plutôt que par sa motorisation en elle-même.

    Plusieurs éléments peuvent expliquer un risque accru pour les usagers vulnérables : le silence des véhicules électriques à basse vitesse, leur accélération rapide et leur poids plus important.

    Depuis 2021, la réglementation européenne impose aux nouveaux véhicules électriques d’être équipés d’un système d’alerte sonore (AVAS) à faible vitesse. Toutefois, la directive européenne ne prescrit pas le son que les alertes devraient réellement émettre. Les constructeurs automobiles ont donc une certaine marge de manœuvre en matière de conception. Certains usagers de la route peuvent ne pas reconnaître le son.

    Étant donné l’augmentation attendue du nombre de véhicules électriques sur nos routes, l’AWSR renforcera la sensibilisation en la matière. Des messages et des campagnes spécifiques seront diffusés pour informer, à la fois, les conducteurs de véhicules électriques et les usagers vulnérables, sur les particularités de ce type de véhicules.

    L’une des 7 thématiques des actuels États généraux de la Sécurité routière porte sur les usagers vulnérables et la question des risques nouveaux liés aux véhicules électriques y sera abordée.