à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
Dans son rapport annuel, Infor-Homes, désignée depuis 2009 par la Cocom comme dispositif de lutte contre la maltraitance des personnes âgées vivant à Bruxelles, il ressort qu'en 2024, ils ont ouvert 342 dossiers au sein des services Écoute seniors et Meldpunt (370 en 2023). Cette proportion d'appels se maintient depuis la crise sanitaire et varie de manière peu significative d'année en année.
Le 10 février 2014, la Wallonie a mis en place un numéro vert gratuit à l'attention des seniors.
Il s'agit du 0800/16 210, lequel est un numéro d'information et d'orientation destiné aux seniors, à leur famille et aux professionnels travaillant dans le secteur.
M. le Ministre peut-il nous donner l'évolution du nombre d'appels et de dossiers ouverts pour une maltraitance ou un ressenti de maltraitance chez l'appelant ?
Y a-t-il eu une augmentation depuis la crise sanitaire ?
Réponse du 12/05/2025
de COPPIETERS Yves
Le numéro d’appel gratuit à l’attention des séniors évoqué dans la question et mis en place par la Wallonie en 2014 n’est plus attribué.
Le numéro d’appel de référence pour le signalement de situations de maltraitance à l’égard des aînés en Wallonie est le 0800/30.330. Il s’agit du numéro d’appel gratuit de l’Agence wallonne de lutte contre la maltraitance des aînés « Respect Seniors » créée en mai 2009.
L’AViQ dispose aussi d’un numéro d’appel gratuit visant à informer et à orienter chaque citoyen, il s’agit du 0800/16.061. Le plan d’entreprise de l’AViQ travaille à la réorganisation de la première ligne d’aide et d’écoute afin d’améliorer de manière significative la lisibilité, l’accessibilité et le décloisonnement de l’offre de services existants au bénéfice de l’ensemble de ses publics cibles. L’objectif étant d’apporter des solutions de qualité, de garantir l’autonomie et d’offrir une continuité d’accompagnement tout au long du parcours de chaque citoyen, qu’il soit âgé, en situation de handicap ou souffrant d’une pathologie.
Concernant l’évolution du nombre d’appels reçus par l’ASBL Respect Seniors, il y a eu, en 2023, 4 180 appels reçus dont environ la moitié concernait des situations de maltraitance. Au total, 823 situations ont été accompagnées en 2023 dont certaines étant déjà en cours lors des années précédentes. De manière générale, nous observons une légère baisse du nombre de situations de maltraitance qui nécessitent un accompagnement.
La maltraitance psychologique est la forme de maltraitance la plus souvent rapportée sur les cinq dernières années, elle représente environ un tiers des appels. En 2020 et 2021, l’ASBL avait observé une augmentation des cas de maltraitance civique en raison de la crise sanitaire et du sentiment de privation de liberté des aînés, mais cela n'a pas affecté de manière significative le nombre de signalements durant cette période.
Enfin, l’AViQ vient de produire le rapport annuel sur les plaintes enregistrées dans ses différents secteurs, durant l’année 2024. Ce rapport dépasse les seuls cas de maltraitance, certes, mais reflète les points sur lesquels porter l’attention dans nos différents secteurs.
L’AViQ relève, en conclusion, que la grande majorité des réclamations a eu lieu au départ des collectivités, que ce soient celles qui hébergent nos aînés ou des personnes en situation de handicap.
Le nombre de réclamations fut très élevé et même supérieur à celles relevées durant la crise du covid. On en totalise 726 en 2024 dont 379 uniquement en maisons de repos et maisons de repos et de soins et 140 dans le secteur « Accueil / Hébergement » pour personnes en situation de handicap.
Plusieurs hypothèses peuvent être émises pour tenter d’expliquer le maintien du nombre élevé des réclamations adressées à l’Agence. Le degré de vigilance des résidents des collectivités, de leurs proches ainsi que du personnel, reste probablement exacerbé par ce qui a été vécu durant la crise du covid. Par ailleurs, les canaux par lesquels les citoyens peuvent contacter l’AViQ en cas de besoin sont aussi mieux connus et donc davantage exploités depuis la crise du covid. Par ailleurs il n’est pas impossible que l’affaire Orpéa reste présente dans les esprits et entretienne la sensibilité accrue des citoyens aux questions de la qualité de vie des personnes fragilisées accueillies dans les collectivités.