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Les substances utilisées dans la lutte contre le frelon asiatique et le recensement des destructions de nids

  • Session : 2024-2025
  • Année : 2025
  • N° : 198 (2024-2025) 1

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  • Question écrite du 15/05/2025
    • de HUBERTY François
    • à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
    Introduit accidentellement dans le sud-ouest de la France vers 2004, le frelon asiatique s'est répandu jusque dans nos contrées, où il a été repéré pour la première fois en 2016.

    Depuis, il a conquis l'ensemble de notre Région. Si son éradication est jugée impossible, des actions d'extermination ont néanmoins lieu afin de protéger les zones urbanisées – pour des raisons de santé publique – ou pour protéger les ruchers de leurs attaques dévastatrices.

    Ces actions d'extermination ponctuelles utilisent habituellement des substances insecticides afin de tuer les nombreux frelons présents dans les nids secondaires repérés. Ces substances sont néanmoins nocives pour les autres espèces et peuvent causer, si elles sont utilisées sans les précautions d'usage, des dégâts importants.

    Mme la Ministre pourrait-elle nous fournir une liste détaillée des substances utilisées pour la destruction de ces nids, ainsi que les risques environnementaux, sanitaires, et de pollution associés à ces substances ?

    Pourrait-elle également me donner des informations sur l'efficacité des produits utilisés ?

    Détruisent-ils également les larves ?

    Quelles précautions doivent être prises lors de l'usage de ces substances ?

    Les formations des sections apicoles mettent-elles l'accent sur ces précautions ?

    Sont-elles adaptées afin de garantir la sécurité des exterminateurs lors des opérations de destruction ?

    D'autres substances, moins dangereuses, sont-elles envisageables ?

    Des recherches sont-elles menées en la matière ?

    Qu'en est-il des recherches menées par le CRA-W ?

    Lors d'une réponse à une question orale sur le sujet du frelon asiatique, Mme la Ministre a notamment mentionné l'usage expérimental de terre de diatomée afin de procéder à ces destructions.

    Mme la Ministre peut-elle me détailler les résultats de ces expériences ?

    À quel point cette substance est-elle efficace pour la destruction des nids et dangereuse pour l'environnement ? Où en sont les tests ?

    Compte-t-elle passer à des tests plus larges ? Cet usage pourrait-il se généraliser pour les opérations de destruction de nids de frelons asiatiques ?
    Le cas échéant, quel est le calendrier envisagé ?

    Il me revient du secteur qu'il n'y aurait pas de centralisation des données liées à la destruction des nids de frelons asiatiques. Ainsi, lorsqu'un nid est détruit par une équipe de zone de secours locale, par une section apicole locale ou un autre spécialiste, l'information de cette destruction n'apparaîtrait nulle part. Or, de telles informations semblent importantes afin de cartographier au mieux la présence du frelon, de la suivre au fil des ans, et de coordonner les efforts des acteurs de terrain.

    Mme la Ministre confirme-t-elle ce manque de centralisation des données ?

    Travaille-t-elle afin de permettre un meilleur recensement des actions de destruction des nids ?

    J'aimerais terminer ma question en interrogeant Mme la Ministre sur les pièges utilisés dans les opérations printanières de piégeage des fondatrices. Elle a indiqué en commission que 6 000 pièges de fondatrices avaient été distribués en 2024 et que 8 000 pièges avaient été distribués cette année, en 2025. Les retours du terrain sur cette politique sont positifs, même s'il me revient que le dispositif gagnerait à être étendu afin d'être pleinement efficace.

    Le site régional dédié aux espèces invasives – dans sa section consacrée au frelon asiatique – indique néanmoins, dans un encadré jaune présent à plusieurs endroits :

    « À éviter : le piégeage printanier des fondatrices ! Le piégeage printanier des jeunes reines est considéré comme très peu efficace, car il ne permet la capture que d'une très faible proportion d'entre elles. De plus, ce piégeage n'a pratiquement aucun effet sur le nombre de colonies qui vont être effectivement fondées. Il est aussi déconseillé, car il est à l'origine de la destruction accidentelle de très nombreux autres insectes. »

    Quelles informations Mme la Ministre peut-elle nous donner sur l'efficacité et la sélectivité des pièges ?

    Le site régional fait-il référence à des substances peu sélectives qui ne sont plus utilisées ?

    Mme la Ministre compte-t-elle sensibiliser le grand public à l'usage de ces pièges, notamment dans des régions fortement impactées par le frelon asiatique ?

    À cet égard, des synergies avec les autorités locales sont-elles envisageables ?
  • Réponse du 02/06/2025
    • de DALCQ Anne-Catherine
    Jusqu’à présent, les substances biocides autorisées par le SPF Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire, Environnement pour la neutralisation des nids de frelon asiatique à pattes jaunes sont des insecticides de la famille des pyréthrinoïdes tels que la cyperméthrine (Vespa) ou la perméthrine (Permas-D). Ces molécules neurotoxiques permettent d’agir rapidement, en quelques minutes après contact, et efficacement en touchant tous les stades dans le nid, larves comme adultes. Elles sont couramment employées par les services de secours et les désinsectiseurs pour neutraliser les nids de frelon asiatique, mais aussi de guêpes ou de frelons européens.

    Ces substances présentent toutefois des risques qu’il ne faut pas négliger. Pour limiter autant que possible l’ensemble de ces risques, des bonnes pratiques de manipulation sont enseignées lors de la formation de neutralisation donnée par le CRA-W en l’absence d’une licence biocide. Les sections apicoles ont ainsi été sensibilisées à ces différents risques.

    Pour limiter l’usage d’insecticides pyréthrinoïdes aux situations d’urgence représentant un danger pour la population et assurer une gestion durable du frelon asiatique, des recherches d’alternatives ont été menées au CRA-W avec l’étude de la terre de diatomée dans le cadre du PRW fiche projet 203.

    Des premiers essais ont été réalisés avec ce biocide à la fois en conditions contrôlées et sur le terrain. En laboratoire, l’exposition des adultes par contact actif conduit à une mortalité de tous les individus après 4 à 5 heures alors que la toxicité par contact passif se manifeste plus lentement avec une mortalité complète après 24 h. Sur la base des observations de terrain réalisées sur 8 nids, l’injection de terre de diatomée à l’instar d’un insecticide conduit à la neutralisation du nid, mais avec un délai beaucoup plus long qu’avec un insecticide : plus de 72 h au lieu de quelques heures.

    L’utilisation de terre de diatomée apparaît comme une alternative crédible aux insecticides pyréthrinoïdes pour la neutralisation des nids sans danger pour la population, mais la quantité de produit à injecter est encore à déterminer.

    Enfin, le signalement des nids et le suivi des neutralisations font partie intégrante de la gestion durable de cette espèce invasive. Dans ce but, l’application mobile « FixMyStreet », utilisée pour signaler les problèmes rencontrés dans l’espace public a été adaptée en 2024 par BeWapp afin de permettre le signalement des nids et le suivi des neutralisations en créant un volet spécifique « Espèces invasives » et une sous-catégorie « Frelon asiatique ».

    À l’automne 2024, une phase de test a été lancée avec les 32 sections apicoles en charge des neutralisations. Elle a permis le signalement de 745 nids et le suivi de 501 neutralisations. Après cette phase de test concluante, il est envisageable en 2025 d’élargir l’usage à d’autres acteurs tels que les désinsectiseurs, les pompiers et les communes. Pour accompagner cet élargissement, un encadrement a été demandé dans le Plan frelon 2025 afin de former, de guider et de répondre aux questions de ces acteurs en plus des sections apicoles.

    Quant au piégeage de printemps sélectif, les premiers résultats de cette nouvelle campagne centrée sur la protection des ruchers par l’installation de maillages de pièges indiquent la capture de plus de 1 000 fondatrices de frelon asiatique à ce jour contre 104 guêpes, 32 bourdons et 18 frelons européens. Il est à souligner que le piège utilisé est un piège non létal permettant la libération des espèces non ciblées contrairement à d’autres pièges sur le marché d’où l’avis négatif sur le site régional.

    Quant à l’efficacité en termes de nids, elle pourra normalement être estimée en fin de saison de 2025, en comparant les zones protégées par ces maillages à des zones non protégées. En fonction des résultats obtenus, les recommandations devront être adaptées sur la page Cellule interdépartementale Espèces invasives (CiEi) du site du SPW.