La vulnérabilité de la forêt wallonne face aux bouleversements climatiques
Session : 2024-2025
Année : 2025
N° : 239 (2024-2025) 1
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Question écrite du 12/06/2025
de TELLIER Céline
à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
L'étude de vulnérabilité du territoire wallon face aux effets du dérèglement climatique, lancée par le précédent Gouvernement et pilotée par l'AWAC, est arrivée à son terme. Le 21 mai dernier, ce travail ambitieux, réalisé par un consortium scientifique, a été présenté à Namur. Des indicateurs thématiques et spatialisés, permettant d'identifier finement les zones à risques en Wallonie, ainsi qu'un ensemble de propositions de mesures concrètes, ont été exposés.
Mme la Ministre a-t-elle pris connaissance des résultats de cette étude ? Quelles conclusions politiques en tire-t-elle ?
L'étude pointe notamment les risques qui pèsent sur la forêt wallonne, dont une plus grande exposition aux sécheresses et feux de forêt. Néanmoins, cette étude apporte des recommandations concrètes pour éviter de mettre à mal la forêt wallonne. La mise en place de réseaux écologiques fonctionnels, de liaisons écologiques forestières, de zones soutenant des habitats de climat frais et humides, ou encore l'amplification des efforts de restauration de la nature sont autant de recommandations à implémenter pour assurer la résilience et l'avenir de nos forêts.
Au regard de sa compétence en matière de nature et de forêt, comment a-t-elle prévu d'assurer la mise en œuvre effective de ces recommandations à l'échelle du Gouvernement wallon ?
Ce travail sera en effet essentiel pour faire de cette étude une véritable boussole stratégique, et non un rapport de plus sur une étagère. Peut-elle également nous indiquer si un calendrier d'intégration des résultats dans les plans et outils existants est prévu ? Et enfin, un budget spécifique est-il prévu pour mettre en œuvre concrètement les recommandations de cette étude ?
Enfin, l'étude intègre, en autres, les conséquences des futurs bouleversements climatiques sur la population, et ce, commune par commune. A-t-elle prévu une information, en collaboration avec sa collègue en charge du climat, à destination notamment des communes rurales ?
Réponse du 12/06/2025
de DALCQ Anne-Catherine
J’ai effectivement pris connaissance des résultats de l’étude sur la vulnérabilité du territoire wallon face aux changements climatiques, réalisée dans le cadre du projet 317 du Plan de relance. Comme l’honorable membre le souligne, cette étude couvre de nombreux domaines relevant de mes compétences ainsi que celles de mes collègues.
À ce jour, les recommandations scientifiques définitives n’ont pas encore été présentées ni publiées. Il s’agit donc d’un travail toujours en cours, et le comité de pilotage - auquel participent mes services - a émis plusieurs remarques afin que ces recommandations soient concrètes, directement applicables et adaptées au contexte wallon.
Les constats confirment malheureusement ce que de nombreuses recherches ont déjà mis en évidence concernant les effets du changement climatique sur la biodiversité, les forêts et leurs services écosystémiques.
C’est pourquoi ma priorité est la restauration des habitats afin d’agir pour renforcer la résilience écologique. C’est d’ailleurs l’un des objectifs majeurs du règlement sur la restauration de la nature. Dans ce cadre, la Belgique élaborera un plan national de restauration. Les travaux sont en cours, et il est donc à ce stade prématuré d’évoquer des mesures concrètes.
Il est par ailleurs certain que ce processus s’articulera étroitement avec la future stratégie wallonne d’adaptation aux changements climatiques, actuellement en préparation sous l’impulsion de ma collègue, la ministre du Climat et que les pouvoirs locaux joueront un rôle essentiel dans l’atteinte des objectifs. Enfin, comme annoncé déjà précédemment d’autres travaux sont en cours : - le plan quinquennal de recherche forestière qui sera plus flexible afin de pouvoir réagir plus rapidement en cas de besoin et de concentrer les forces sur un problème précis et urgent ; - enfin dans les forêts publiques, les plans d’aménagements forestiers doivent également être plus flexibles, car nous ne sommes plus capables de faire des prévisions sur du long terme ; - la poursuite de l’écriture de la stratégie forestière avec une concertation des acteurs ayant participé à l’élaboration des 74 résolutions prévue pour le mois de septembre ; - enfin, l’adoption du décret sanitaire qui est actuellement soumis à concertation. L’adoption du document final sera légèrement différée afin de correspondre à l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions en matière de droit pénal et de ne pas devoir modifier un texte à peine adopté.