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Les risques sanitaires et écologiques des lâchers de petits gibiers

  • Session : 2024-2025
  • Année : 2025
  • N° : 240 (2024-2025) 1

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  • Question écrite du 12/06/2025
    • de TELLIER Céline
    • à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
    Chaque année en Wallonie, environ 200 000 canards, faisans et perdrix sont relâchés dans la nature, principalement dans un but cynégétique, c'est-à-dire pour être chassés. Ce chiffre interpelle.

    D'après les dernières analyses de l’administration de Mme la Ministre, le DEMNA, la législation actuelle est lacunaire : aucune contrainte sur le nombre d'animaux relâchés, leur origine, leur état sanitaire ou encore leur impact sur les écosystèmes locaux. En conséquence, il existe des risques significatifs, tant en termes de transmission de maladies qu'en termes de concurrence avec des espèces ou de déséquilibres écologiques. Le DEMNA va jusqu'à recommander l'interdiction pure et simple des lâchers de tir, jugeant les risques trop importants.

    Mme la Ministre a récemment déclaré vouloir prendre le temps de la réflexion sur ce sujet et consulter l'ensemble des acteurs de la ruralité. Son collègue en charge de la Santé et de l'Environnement sera aussi impliqué.

    A-t-elle pris connaissance des conclusions du DEMNA sur les risques liés aux lâchers de petits gibiers à des fins cynégétiques ? Quelle est sa lecture de ce rapport ?

    Confirme-t-elle qu’elle travaille actuellement à une proposition de réforme ? Dans quels délais a-t-elle prévu de la présenter ? Quels sont les acteurs de la ruralité qu’elle a prévu de concerter ? Le Conseil wallon du bien-être animal (CWBEA) avait déjà rendu un premier avis sur la chasse, et la question du lâcher était également sur la table. A-t-elle prévu de concerter également le CWBEA sur sa réforme ainsi que son collègue en charge du bien-être animal ?
  • Réponse du 16/06/2025
    • de DALCQ Anne-Catherine
    Je confirme avoir pris connaissance de la note du DEMNA relative aux lâchers de petit gibier et gibier d’eau. J’ai également eu l’occasion d’échanger à ce sujet avec mon administration, notamment dans le cadre des travaux préparatoires à l’arrêté d’ouverture de la chasse pour les cinq années à venir.

    La réglementation en vigueur interdit formellement les lâchers de grand gibier. Elle encadre également les lâchers de petit gibier et de gibier d’eau, en prévoyant une période d’interdiction durant les trente jours précédant l’ouverture de la chasse de l’espèce concernée. Quant aux aspects sanitaires liés à ces lâchers, qui relèvent de la compétence fédérale, ils sont suivis par l’AFSCA.

    La réglementation régionale actuelle n’impose pas de contraintes en termes de provenance ni de nombre d’animaux relâchés.

    Il me paraît essentiel que toute opération de lâcher de petit gibier ou de gibier d’eau s’accompagne d’une amélioration des habitats naturels susceptibles de les accueillir. Ces actions doivent également tenir compte des enjeux sanitaires et génétiques, afin de garantir un impact réellement bénéfique et durable sur la petite faune, en particulier sur les espèces caractéristiques de nos plaines.

    Des échanges sont d’ores et déjà prévus avec mon administration et différents acteurs de la ruralité, issus de sensibilités diverses. L’objectif est d’entendre leurs points de vue et d’accueillir toute proposition constructive dans ce domaine.

    À ce stade, je ne souhaite pas m’avancer sur un calendrier précis. Il me semble préférable de laisser à cette démarche le temps nécessaire à une réflexion solide. Lorsque celle-ci aura abouti à une proposition concrète, les autres membres du Gouvernement seront naturellement associés à la réflexion.

    Au cours de cette réflexion, je ne manquerai pas d’échanger avec mon collègue en charge bien-être animal au sujet des lâchers de petits gibiers et gibiers d’eau.