à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
En province de Luxembourg, comme dans d'autres zones de Wallonie, la pénurie de vétérinaires ruraux devient alarmante. Les données de l'Observatoire des vétérinaires indiquent que les taux de remplacement sont largement insuffisants : seuls 50 % des vétérinaires partant à la retraite sont remplacés.
Cette crise a des répercussions concrètes : certains éleveurs préviennent qu'ils devront mettre un terme à leur activité faute d'interventions médicales disponibles à temps pour leurs animaux.
Heureusement, notre secteur académique est particulièrement proactif en matière de sciences vétérinaires.
Il est indispensable de soutenir ces efforts et de prendre des mesures concrètes pour inverser la tendance. Mme la Ministre a-t-elle pris connaissance des chiffres de l'Observatoire des vétérinaires ?
Le 12 mai dernier, en Commission, elle répondait à ma collègue Mme Hanus que la charge administrative de la profession de vétérinaire relevait du Fédéral. A-t-elle interpellé son collègue, le ministre Clarinval, sur cette thématique précise ? A-t-elle, elle-même, été interpellée par la profession vétérinaire et les syndicats agricoles sur le sujet ? Quelles sont leurs demandes à son égard ?
Quelles actions concrètes a-t-elle envisagées, en collaboration avec les universités et les organisations professionnelles, pour améliorer l'attractivité du métier, en particulier dans les zones rurales ? La Wallonie a-t-elle prévu de soutenir davantage le développement de structures collectives (associations vétérinaires) et le salariat, comme c'est le cas en France, pour offrir aux jeunes diplômés des conditions de travail plus viables ? Un accompagnement spécifique est-il prévu pour encourager les jeunes vétérinaires à s'installer en zones en pénurie ?
Réponse du 12/06/2025
de DALCQ Anne-Catherine
L’honorable membre connaît tout mon attachement au secteur de l’élevage et dès lors aux vétérinaires qui sont des partenaires essentiels.
Comme je l’ai déjà dit devant la Commission agriculture et ruralité le mois dernier, depuis 2017, nous soutenons la création des personnes morales vétérinaires. Les vétérinaires ruraux sont accompagnés dans ce cadre pour créer des associations qui permettent de mutualiser les coûts liés à la charge administrative, mais également les gardes afin de réduire la pénibilité de ce beau métier. Les tâches administratives des vétérinaires relèvent de la compétence fédérale. Ces tâches ne sont donc pas analysées par le Gouvernement wallon. J’ai déjà évidemment eu l’occasion de m’entretenir à ce sujet, avec le ministre fédéral de l’Agriculture.
Concernant la pénurie des vétérinaires spécialisés en animaux d’élevage en Wallonie, j’ai adressé un courrier fin mai, à Mme Degryse, Ministre-Présidente en charge de l’Enseignement supérieur, afin d’envisager avec elle des pistes de solutions.
Mon cabinet, l’administration et moi-même avons des contacts réguliers avec l’Union professionnelle vétérinaire qui coordonne le projet « observatoire vétérinaire ». Ce projet a été conçu comme projet permettant d’avoir une photographie détaillée de la situation à un moment donné. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, nous disposerons d’une information complète concernant la situation de la profession en zone rurale en fin d’année, ce qui permettra d’envisager comment continuer à agir au mieux.