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L'impact de la sécheresse sur la biodiversité

  • Session : 2024-2025
  • Année : 2025
  • N° : 242 (2024-2025) 1

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  • Question écrite du 12/06/2025
    • de TELLIER Céline
    • à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
    La sécheresse exceptionnelle que connaît notre pays ce printemps a déjà des effets alarmants sur la faune et les écosystèmes.

    Tous les signaux convergent vers un constat : les épisodes de sécheresse impactent lourdement et durablement la biodiversité wallonne.

    Les effets ne sont plus anecdotiques ou localisés ; ils deviennent structurels, comme nous l'indique l'étude sur la vulnérabilité du territoire récemment divulguée. Dans ce contexte, quelles mesures spécifiques Mme la Ministre a-t-elle déjà prises depuis le début de son mandat pour atténuer les effets de la sécheresse sur la faune et la flore ?

    A-t-elle par ailleurs pris connaissance des résultats préoccupants de l'étude sur la vulnérabilité du territoire wallon, menée en collaboration avec l'AWAC et les universités, et présentée le 21 mai dernier ?

    Les experts recommandent notamment la mise en place de réseaux écologiques fonctionnels et insistent sur la nécessité d'amplifier les efforts de restauration des habitats naturels. L'objectif est de rétablir les connectivités écologiques indispensables au déplacement des espèces, avec une attention prioritaire aux zones forestières et aux zones soutenant des habitats de climat frais et/ou sur sols humides.

    Comment comprendre la volonté du Gouvernement d'abandonner le travail de cartographie du réseau écologique ?

    Comment a-t-elle prévu de mettre en œuvre les recommandations des scientifiques ?
  • Réponse du 12/06/2025
    • de DALCQ Anne-Catherine
    Comme l’ensemble du Gouvernement, mes équipes et moi-même avons pris connaissance des résultats de l’étude sur la vulnérabilité du territoire wallon face aux changements climatiques, réalisée dans le cadre du projet 317 du Plan de relance. Cette étude couvre de nombreux domaines relevant de mes compétences, notamment la biodiversité, les forêts, les milieux aquatiques et l’agriculture. Je suis, à ce titre, directement impliquée dans son suivi.

    Je tiens à rappeler que les recommandations scientifiques définitives n’ont pas encore été présentées ni publiées. Il s’agit d’un travail toujours en cours, et le comité de pilotage - auquel participent mes services - a émis plusieurs remarques afin que ces recommandations soient concrètes, directement applicables et adaptées au contexte wallon.

    Cela étant, les constats posés par l’étude - s’ils sont préoccupants - ne constituent malheureusement pas une surprise. De nombreuses recherches ont déjà mis en évidence les effets profonds et durables du changement climatique sur la biodiversité, les forêts et leurs services écosystémiques. La crise climatique est aujourd’hui un facteur structurant de transformation des écosystèmes, et nous devons nous préparer à une augmentation de la fréquence, de l’intensité et de la généralisation de ses effets.

    Dans ce contexte, la restauration des habitats constitue un levier essentiel pour renforcer la résilience écologique. C’est d’ailleurs l’un des constats majeurs qui a conduit à l’adoption du règlement sur la restauration de la nature. Ce texte fixe des objectifs ambitieux en matière de réhabilitation des habitats dégradés et impose notamment que les mesures de restauration tiennent compte de la connectivité écologique.

    Conformément à ce règlement, la Belgique élaborera un plan national de restauration. Les travaux sont en cours, et il est donc à ce stade prématuré d’évoquer des mesures concrètes.

    Il est par ailleurs certain que ce processus s’articulera étroitement avec la future stratégie wallonne d’adaptation aux changements climatiques, actuellement en préparation sous l’impulsion de ma collègue, la ministre du Climat. La stratégie pour la restauration de la biodiversité intègre également la mise en œuvre de la LRN et l’articulation avec la stratégie wallonne d’adaptation aux changements climatiques.

    Concernant enfin la question relative à la cartographie du réseau écologique, il faut savoir que les services compétents - notamment le DEMNA et le DNF - procèdent actuellement à l’analyse détaillée des produits délivrés. Avant d’envisager une quelconque publication, il importe d’évaluer avec objectivité la pertinence et la fiabilité des méthodes utilisées et des résultats.