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L'alimentation durable et la lutte contre les gaspillages

  • Session : 2024-2025
  • Année : 2025
  • N° : 471 (2024-2025) 1

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  • Question écrite du 25/06/2025
    • de GOFFINET Anne-Catherine
    • à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
    M. le Ministre a récemment été interrogé sur la stratégie wallonne pour une alimentation durable. Il a notamment pointé cinq priorités pour répondre aux enjeux qui nécessiteront le développement d'une nouvelle stratégie alimentaire : faire de la restauration collective un moteur de la transition, mobiliser la grande distribution et l'agroalimentaire, réduire le gaspillage alimentaire tout au long de la chaîne, développer un réseau solide d'infrastructures locales dans le but d'assurer la relocalisation de l'alimentation et animer les territoires afin d'ancrer la transition dans la vie quotidienne. Il a souligné sa volonté d'adopter une approche transversale au sein du Gouvernement wallon.

    Dans une récente étude publiée par Sciensano et la KUL, il était souligné que les politiques menées par les différents gouvernements du pays en matière d'alimentation se concentraient principalement sur la sensibilisation. Pourtant, des instruments forts tels que la réglementation et les incitants économiques existent. En outre, plusieurs points communs (ex. nécessité de limiter la publicité des produits malsains non durables) existent entre entités et peuvent représenter des opportunités de collaboration dans une vision interfédérale.

    Dans sa DPR, le Gouvernement wallon entend lutter contre les gaspillages de ressources, qu'ils soient alimentaires ou non. Outre la sensibilisation, il entend travailler avec l'autorité fédérale sur les abus manifestes aux droits de protection des consommateurs et les outils de lutte contre les publicités intempestives.

    Que pense M. le Ministre du rapport et notamment de la recommandation d'envisager une vision nationale commune (coordination verticale) en complément de son ambition transversale (coordination horizontale) ?

    Les concertations ont-elles bien été initiées avec l'autorité fédérale?

    Des avancées sont-elles à pointer ?

    La nouvelle stratégie d'alimentation durable répondra-t-elle aux recommandations émises?
  • Réponse du 22/07/2025
    • de COPPIETERS Yves
    En effet, le 15 mai 2025, Sciensano et la KULeuven ont publié un nouveau rapport intitulé « De la Fragmentation à la Transformation : Combinaison de mesures politiques multiniveaux pour des environnements alimentaires sains et durables en Belgique ». Je tiens tout d’abord à préciser que ce rapport traite des enjeux liés aux environnements alimentaires. Conformément à la définition de la FAO, Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, l’environnement alimentaire fait référence aux contextes physiques, économiques et socioculturels dans lesquels les individus prennent leurs décisions alimentaires. Il englobe la disponibilité, l’accessibilité et le caractère abordable des aliments, ainsi que les types d’aliments proposés, les pratiques de commercialisation employées, les normes sociales et les pratiques culturelles qui influencent les comportements alimentaires.

    Ce rapport ne se focalise donc pas sur la lutte contre le gaspillage alimentaire, qui est un autre sujet qui me tient à cœur et qui est présent dans mon plan d’action lié au système alimentaire sain et durable. Il n’empêche que les conclusions du rapport peuvent s’appliquer également pour le gaspillage alimentaire : il est primordial d’adopter une approche concertée entre niveaux de pouvoirs qui permet la mise en place d’un mix cohérent d’instruments de politique publique. Ceci est d’autant plus d’actualité que le Parlement et le Conseil européen modifient actuellement la directive 2008/98/CE relative aux déchets qui fixera de nouveaux objectifs à atteindre en matière de gaspillage alimentaire d’ici l’horizon 2030.

    En ce qui concerne plus spécifiquement les résultats du rapport que l’honorable membre cite, j’ai bien noté que la majorité des instruments recensés en matière d'environnement alimentaire sont de nature informationnelle et que les instruments réglementaires et économiques - tels que l'interdiction de la publicité pour les produits malsains - sont beaucoup moins mobilisés à tous les niveaux.

    Le rapport formule des recommandations concrètes auxquelles je suis particulièrement attentif dans le cadre de l’élaboration de ma nouvelle stratégie alimentaire. Je suis en effet convaincu qu’une meilleure combinaison d’instruments politiques à différents niveaux de pouvoirs permet d’avoir une action plus transformatrice - et nous avons déjà commencé à travailler en ce sens.

    En ce qui concerne la Région wallonne, les recommandations formulées dans cette étude sont dans la lignée des priorités politiques présentées au Gouvernement wallon le 17 juillet 2025. Elles sont incluses directement au sein des feuilles de route sur lesquelles je travaille à savoir :
    - la restauration collective ;
    - le gaspillage alimentaire et l’aide alimentaire ;
    - le circuit court et le réseau d’infrastructures ;
    - la grande distribution et l’agroalimentaire ;
    - le réseau d’animations territoriales.

    En ce qui concerne la mise en place d’une coordination verticale, il faut qu’un nouveau plan interfédéral de lutte contre l’obésité infantile soit en cours. Nous avons participé à la réunion de lancement de ce 26 mai dernier. Celle-ci a permis de rassembler différentes administrations et cabinets politiques, tant à l’échelle fédérale que régionale, afin de développer une approche intégrée pour prévenir l’incidence de surpoids et d’obésité, chacun dans le cadre de ses compétences. Je défendrai à ce que ce plan interfédéral permette d’encadrer juridiquement la publicité alimentaire pour limiter son impact auprès des jeunes particulièrement vulnérables (de 0 à 18 ans), et ce conformément à l’avis du Conseil supérieur de la santé du CSS sur le marketing pour des aliments malsains d’octobre 2022 et aux recommandations listées dans l’étude Sciensano et de la KULeuven.