à GALANT Jacqueline, Ministre de la Fonction publique, de la Simplification administrative et des Infrastructures sportives
En 2024, la société Securex, spécialisée dans le secrétariat social, a analysé les chiffres de l'absentéisme pour maladie dans les entreprises. Les données de 197 477 travailleurs occupés dans 23 688 entreprises comptant jusqu'à 1 000 travailleurs ont été passées à la loupe.
Ainsi, dans les entreprises de plus de 50 travailleurs, le pourcentage de travailleurs avec au moins une absence d'un jour est passé de 2,56 % en 2022 à 3,70 % en 2023, ce qui représente une augmentation de 44,2 %. En revanche, dans les petites structures de moins de 50 personnes et où le certificat médical est toujours de mise pour justifier une absence d'un jour, ce pourcentage a augmenté dans une moindre mesure, passant de 1,83 % en 2022 à 2,1 % en 2023, soit une augmentation de 15 %. Si l'on regarde le pourcentage de travailleurs qui ont un absentéisme fréquent et qui sont malades au moins trois fois par an, dans les petites entreprises de moins de 50 travailleurs, il a diminué, passant de 11,61 % en 2022 à 11,16 % en 2023. Par contre, dans les entreprises de plus de 50 personnes, où ce certificat n'est plus nécessaire, le pourcentage de travailleurs fréquemment absents est passé de 20,91 % en 2022 à 22,11 % en 2023.
Qu'en est-il en dans l'administration en Wallonie ?
Mme la Ministre peut-elle me donner les chiffres de l'absentéisme dans l'administration en Wallonie pour les années 2022, 2023 et 2024 ?
Ceux-ci sont-ils en augmentation et si oui comment l'expliquer ou au contraire Mme la Ministre estime-t-elle que l'emploi public résiste mieux que le secteur privé à ces absences inopinées ?
Réponse du 23/09/2025
de GALANT Jacqueline
Au sein du Service public de Wallonie, le taux d’absentéisme se situe aux alentours des 9 % depuis 2022 (9,29 % en 2022, 9,16 % en 2023 et 9,28 % en 2024).
À titre de comparaison, le taux d’absentéisme en Belgique s’établissait à 8,57 % en 2024, selon les données de Securex.
Le taux d’absentéisme du Service public de Wallonie varie selon plusieurs critères : - l’âge (15,54 % chez les 60-64 ans alors qu’il est de 2,64 % chez les 18-24 ans en 2024) ; - le sexe (avoisinant les 11,40 % chez les femmes, contre les 7,58 % chez les hommes en 2024) ; - le niveau (15,25 % pour les niveaux D3 contre 6,49 % pour les niveaux A6 en 2024) ; - le statut (13,83 % chez les contractuels contre 7,66 % chez les statutaires en 2024).
Il existe également des particularités selon les métiers exercés : ce sont les auxiliaires de nettoyage (22,17 %), les convoyeurs scolaires (18,24 %), les agents administratifs de niveau D (15,74 %) et les ouvriers (14,38 %) qui sont le plus touchés par l’absentéisme.
Concernant les périodes d’absences, nous remarquons au SPW une forte concentration des absences pour maladies pendant le mois de janvier (36 317 jours) et juillet (20 560 jours) contre 11 604 au mois d’août et 9 982 au mois de décembre.
Depuis 2022, le nombre d’absences maladies sans certificat était de 8 452 en 2022, puis il a nettement baissé en 2023 (7 884) avant de remonter en 2024 (8 527).
En 2024, le nombre moyen de jours d’absence pour maladie sans certificat s’élève à 2,2 jours, en ne tenant compte que des 4 535 agents ayant eu au moins une absence de ce type. Si l’on intègre l’ensemble des agents, y compris les quelque 5 900 qui n’ont enregistré aucune absence sans certificat, la moyenne descend alors à 0,75 jour.
Concernant les causes qui expliquent ces disparités, plusieurs pistes sont étudiées selon l’administration parmi lesquelles : - la nature du métier, en corrélation avec sa pénibilité objective, impliquant des horaires difficiles (à pause, horaire coupé, et cetera) ; - pour le personnel plus âgé, les problèmes de santé chroniques sont plus fréquents, la récupération plus lente, il y a un risque d’usure professionnelle, ou encore la nécessité de s’occuper d’un conjoint lui-même malade.
Parmi les actions mises en place au SPW, nous noterons l’aménagement du temps de travail en fin de carrière mis en application à partir de 2019 et destiné à faire passer le temps plein de 38h à 30h24, sans impact sur le salaire ou la pension et avec embauche compensatoire, pour les travailleurs répondants aux caractéristiques suivantes :
Néanmoins, cette mesure, bien que saluée par les agents qui en bénéficient, n’a pas permis de réduire le taux d’absentéisme (14,4 % en 2024, contre 7,6 % en 2018 sans aménagement et pour la même population). Il convient dès lors de prendre d’autres mesures, ce à quoi nous travaillons actuellement. L’égal accès aux évolutions de carrière, que j’ai souhaité mettre en place en mettant fin aux nominations, devrait, je l’espère, améliorer la motivation des agents contractuels auparavant limités dans leur avancement.