La situation du site de l’ancienne cimenterie CBR situé à Harmignies
Session : 2025-2026
Année : 2025
N° : 63 (2025-2026) 1
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Question écrite du 11/09/2025
de SOUPART Guillaume
à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
Le site de l'ancienne cimenterie CBR situé à Harmignies a été la source de nombreuses inquiétudes au sein de la population locale en raison de la pollution qui contaminait les sols. En effet, ceux-ci manifestent des déchets d'amiante et de combustibles.
Depuis plusieurs années, des tractations concernant la dépollution de ce site sont menées et en 2024, les travaux ont enfin avancé avec l'assainissement d'une première parcelle de terrain. Les riverains demeurent toutefois inquiets face à ces différentes activités et à leurs impacts environnementaux éventuels.
De plus, il est apparu qu'un permis d'exploitation faisait également l'objet d'une instruction pour la remise à niveau d'un centre de broyage ainsi que la construction d'espaces de stockage de matières premières.
M. le Ministre peut-il nous informer quant à l'avenir réservé au site de l'ancienne cimenterie CBR d'Harmignies ?
Où en sont les différentes phases de dépollution et d'assainissement du site ?
M. le Ministre a-t-il un retour du suivi réalisé par la Société publique d'aide à la qualité de l'environnement (SPAQuE) ?
Enfin, peut-il nous en dire plus sur ce nouveau projet d'exploitation ?
Quels sont les enjeux afférents à ce dernier en termes environnementaux ?
Des concertations sont-elles menées avec les cabinets des ministres Jeholet et Desquesnes à ce sujet ?
Réponse du 13/10/2025
de COPPIETERS Yves
Depuis 2014, l’ancienne cimenterie CBR à Harmignies a cessé ses activités industrielles. Après plusieurs rachats (Les Silos d’Harmignies en 2017, puis Liandur en 2021), le site est partiellement réutilisé pour produire des liants moins polluants, sans fabrication de clinker. En février 2025, Liandur a introduit une demande de permis pour aménager le site. Le projet présente divers impacts environnementaux.
En ce qui concerne les eaux, le site fonctionne principalement en circuit fermé avec traitement des eaux usées et stations d’épuration prévues pour les usages domestiques. Une dérogation au raccordement à l’égout public est demandée pour raisons techniques et économiques.
L’air est traité par 26 dépoussiéreurs avec filtres et alarmes, les rejets de vapeur sont filtrés, et la construction de nouveaux espaces couverts vise à limiter les émissions diffuses.
Le bruit reste dans les normes, avec des ajustements réalisés pour corriger de légers dépassements sans recours à une dérogation.
La biodiversité locale ne devrait pas être affectée par le projet, les zones sensibles étant situées à plus de 500 mètres du site.
Enfin, le charroi est important, mais son impact sur le trafic local reste faible selon une étude et des solutions comme le transport fluvial ou des camions plus grands sont envisagés
Le permis a fait l’objet d’un projet de refus en raison d’un écart au guide communal d’urbanisme et de manquements techniques (poussières, amiante, bruit). L’autorité a demandé des plans modificatifs et des compléments d’évaluation, toujours attendus pour poursuivre l’instruction.
En sus de l’entreprise Liandur, le site accueille deux autres projets : Harmignies Energy Storage, qui développe un parc de batteries, et Uniteq, qui avait obtenu un permis pour étendre ses activités, mais y a renoncé en juillet 2025.
CBR HEIDELBERG GROUP mène des opérations d’assainissement par zones. Les travaux réalisés entre 2019 et 2022 sur la partie « usine » ont été validés par l’administration, aucune intervention supplémentaire n’étant requise pour un usage industriel, sous réserve de mesures de sécurité.
Des travaux d’assainissement sont en cours au droit de la partie « usine » pour les pollutions en amiante. Ils devraient se terminer en décembre 2025 selon le planning actuel. De même, des investigations de terrain y sont en cours afin de déterminer la présence éventuelle d’une pollution en substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS).
La DAS a jugé le projet d’assainissement de la carrière incomplet depuis 2020, et les compléments attendus n’ont toujours pas été transmis par le titulaire des obligations.
En ce qui concerne la société Uniteq, une étude combinée réalisée dans le cadre des prescrits du décret sols devrait être introduite auprès de la DAS dans les prochaines semaines.
Pour conclure, j’informe l’honorable membre que la SPAQuE a réalisé au début des années 2000 un suivi de la zone « décharge » du site. La SPAQuE précise que la situation rencontrée sur cette zone n’avait pas été jugée préoccupante, en l’état des connaissances et des normes de l’époque, car les résultats tant au niveau des eaux que des sols en couverture de décharge s’étaient révélés négatifs.