à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
Le projet « Forêt résiliente », lancé il y a quatre ans, arrive à un moment charnière. Porté par une volonté d'adapter nos forêts au changement climatique, il visait à soutenir les propriétaires forestiers privés dans la régénération et la diversification de leurs peuplements. Un enjeu essentiel non seulement pour la santé des forêts, mais aussi pour l'avenir de la filière bois et la préservation de la biodiversité.
Ce projet illustre bien comment des politiques publiques ciblées peuvent faire levier sur des pratiques sylvicoles plus durables, tout en créant des bénéfices environnementaux, économiques et sociaux.
Dès lors, Mme la Ministre pourrait-elle dresser le bilan de ces quatre années du programme « Forêt résiliente » ? Combien d'hectares ont été concernés ? Quels ont été le profil des bénéficiaires et les principales actions entreprises ?
Quels enseignements a-t-elle tirés de ces appels à projets ?
A-t-elle prévu de pérenniser ce dispositif ou au moins de s’en inspirer dans le cadre des politiques futures ?
Le 17 juillet dernier, sur sa proposition, le Gouvernement a adopté une modification de l'arrêté de subvention du 15 décembre 2022 relatif au projet « Forêt résiliente » (projet 108). Pourrait-elle nous indiquer le contenu et l'objectif de cette modification ?
Quelles perspectives pour la résilience de nos forêts dans le cadre du budget 2026 ?
Enfin, a-t-elle prévu une coordination renforcée avec la filière bois, pour que la résilience forestière s'inscrive aussi dans une stratégie globale et circulaire de gestion des ressources naturelles ?
Réponse du 07/10/2025
de DALCQ Anne-Catherine
Le programme « Forêt résiliente », mis en œuvre entre 2021 et 2024 dans le cadre du plan de relance de la Wallonie, a soutenu les propriétaires forestiers dans leurs démarches de régénération et de diversification des peuplements.
Le programme a permis : - d’encourager la diversification et la régénération de parcelles forestières ; - de favoriser les essences plus résilientes face aux changements climatiques ; - de diffuser les connaissances techniques et scénarios sylvicoles auprès de la filière ; - de mettre en avant des essences biogènes (chêne sessile, pin sylvestre, châtaignier…), avec un usage plus limité d’essences non biogènes (douglas, mélèze, chêne rouge d’Amérique…) ; - de mettre en place divers scénarios sylvicoles en termes de plantation mélangée (en plein, par parquets, groupes, lignes, en ligne en quinconce, ou intimement), combinée avec de la régénération naturelle ; - de mettre en place des moyens de protection (utilisation de répulsifs, de latex, de gaines, voire de laine de mouton ; - de limiter le gyrobroyage ; - de diffuser et sensibiliser.
Les aides ont été destinées aux propriétaires privés avec la possibilité d’un accompagnement personnalisé via : - la Cellule d’appui à la petite forêt privée pour les propriétés de moins de 5 ha ; - les experts forestiers agréés pour les propriétés de plus de 5 ha.
Cet accompagnement leur a permis de mieux réfléchir à la régénération de leurs forêts et d’orienter leurs choix vers des peuplements diversifiés et résilients.
Côté propriétaires publics, les aides ont été destinées aux propriétaires de 100 ha et plus.
Au cours de ces quatre années, 719 propriétaires privés ont déposé 1 632 projets pour une surface de 2 420 ha bénéficiant d’un financement régional pour un montant total d'aides versées d'environ 5,7 millions d'euros.
Entre 2021 et 2024, ce sont 1 802 projets, 128 propriétaires publics différents et un total de 2 679 ha qui ont été régénérés pour un montant total de 5,6 millions d’euros.
En synthèse on a donc un total de plus de 3 400 projets répartis sur plus de 5 000 ha pour un financement total de 11,3 millions d’euros.
Sa portée surfacique reste toutefois limitée puisque rapportée à la superficie boisée de la Wallonie (500 000 ha), le projet n’a couvert que 1 % environ.
Le projet a indéniablement produit des effets sur la prise de conscience de la nécessité de diversifier et adapter les peuplements par rapport aux changements climatiques.
Cependant, l’ensemble du dossier a nécessité une quantité de travail administratif considérable et va encore en nécessiter énormément étant donné que la partie publique est financée via le PNRR et est soumis à des procédures de contrôle très lourdes par l’UE. Le contrôle va en effet se poursuivre durant les 10 prochaines années.
Le résultat du projet Forêt résiliente est bien entendu suivi par l’administration. La pérennité de nos forêts est un enjeu important et n’est bien sûr pas remise en cause. La stratégie forestière régionale donnera la vision et la forme de la politique à venir pour le secteur forestier.
Concernant, l’arrêté modificatif que vous citez, il avait pour seul objet de prolonger d’un an la période d’éligibilité des dépenses du CRAW pour son projet lié à la génétique forestière.
Comme l’honorable membre le sait, la Filière bois dépend de la résilience et de la pérennité de nos forêts qui est à la base de son activité sectorielle. La filière participe activement aux discussions autour de la recherche, mais aussi sur les questions de l’avenir de la forêt et du secteur forestier. Elle s’adapte également progressivement aux nouvelles réglementations.