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La prévention du suicide chez les jeunes

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2025
  • N° : 123 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 26/09/2025
    • de DAYE Maxime
    • à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
    Des chiffres alarmants, concernant les suicides chez les jeunes, ont été révélés. Bien que le nombre total de tentatives de suicide en Belgique ait diminué en 2023, les chiffres wallons ne confirment pas cette tendance. On apprend, en effet, qu'en Hainaut, le nombre de tentatives de suicide chez les jeunes est de 168 en 2023 contre une moyenne de 50. Quand on sait que le suicide reste la première cause de mortalité chez les 10-54 ans en Belgique, avec cinq décès par jour et un constat particulièrement alarmant chez les jeunes, on mesure toute l'importance d'agir.

    M. le Ministre possède-t-il les chiffres des tentatives de suicide survenues en Wallonie ces dernières années ?

    Certaines régions, comme le Hainaut, sont-elles particulièrement touchées ?

    Quelles actions va-t-il mettre en place pour tenter d'inverser la tendance ?

    Au niveau budgétaire, quels moyens sont alloués à la lutte contre le suicide chez les jeunes ?

    Des indicateurs lui permettent-ils de juger de l'efficacité de ces investissements ?
    Si c'est le cas, sont-ils optimaux ou doivent-ils être mieux orientés ?

    Le Centre de prévention du suicide révèle que les jeunes sont particulièrement vulnérables compte tenu de la période de changements à laquelle ils doivent faire face.

    Que compte mettre en place M. le Ministre pour que les jeunes puissent, durant cette période de changements, obtenir toute l'aide et le soutien possible pour ne pas passer à l'acte ?

    Des établissements adaptés sont-ils à leur disposition pour tenter de remonter la pente ?
  • Réponse du 16/10/2025
    • de COPPIETERS Yves
    Comme rappelé récemment, la prévention du suicide constitue une priorité de santé publique en Wallonie. Dans le cadre du Plan wallon de promotion de la santé et de prévention 2023-2027, validé par le Gouvernement, des actions de sensibilisation et de prévention sont prévues dès 2025. Celles-ci s’inscrivent dans une approche transversale et intersectorielle, conformément aux recommandations de l’OMS. Elles visent notamment à améliorer la compréhension du processus suicidaire, à renforcer le rôle des proches et de la communauté dans le repérage, à lutter contre la stigmatisation des troubles psychiques, et à adapter les campagnes aux publics vulnérables, en particulier les jeunes en situation de précarité sociale ou économique.

    Les données disponibles sont principalement issues d’enquêtes déclaratives et de statistiques de mortalité. Selon l’Enquête nationale de santé, 5,5 % de la population ont déclaré avoir déjà fait une tentative de suicide et 0,3 % au cours de l’année précédente. L’étude BELHEALTH, mise en œuvre par Sciensano depuis 2022, indique une prévalence annuelle d’environ 0,4 % dans la population adulte. Ces chiffres ne sont pas ventilés par région ou âge jeune, mais les analyses révèlent une augmentation des troubles anxieux et dépressifs chez les 18-29 ans après la crise sanitaire. En matière de mortalité, les données du Centre de Prévention du Suicide situent le taux wallon autour de 20 décès pour 100 000 habitants, supérieur à la moyenne nationale, et l’IWEPS rappelle que, parmi les 10-24 ans, plus de la moitié des décès relèvent de causes non naturelles, le suicide étant la plus fréquente.

    Ces constats mettent en évidence des insuffisances de surveillance : aucune source publique ne permet aujourd’hui de suivre les tentatives de suicide chez les jeunes depuis 2020 ni de les ventiler par province. Les remontées disponibles reposent sur des enquêtes périodiques ou sur la mortalité, sans couverture complète des gestes auto-infligés.

    Ces nuances ne minimisent pas la gravité du phénomène ni la nécessité d’une action résolue ; elles visent simplement à communiquer une information fiable et scientifiquement validée.

    Tel que l’honorable membre le sait, l’AViQ a publié le 25 septembre 2025 un appel à candidatures intitulé « Pour et avec les jeunes en bonne santé mentale, aujourd’hui et demain ». Cet instrument entend promouvoir des projets visant à renforcer les compétences psychosociales des jeunes et leur résilience individuelle et collective. Grâce à cet appel, l’AViQ encourage le développement d’initiatives de promotion du bien-être et de prévention des risques (dont le risque suicidaire), en favorisant des actions participatives menées par et pour les jeunes dans leurs milieux de vie (écoles, quartiers, associations). Cet appel complète le dispositif régional en insistant sur le renforcement de la capacité des jeunes à faire face à l’adversité, à reconnaître les signaux d’alerte chez eux et chez leurs pairs, et à mobiliser des ressources de soutien avant que la crise ne s’aggrave.

    La Wallonie dispose aujourd’hui d’un maillage d’acteurs de proximité - CPMS, services de promotion de la santé à l’école, services de santé mentale, centres de planning familial, services AMO, CLPS, lignes d’écoute (notamment le 0800 32 123) - pour le repérage, l’orientation et l’accompagnement des jeunes. Toutefois, aucune source publique ne recense actuellement ces structures selon la province ni leurs capacités opérationnelles. Les groupes de travail et le comité de pilotage du plan stratégique en santé mentale, devront se pencher sur des questions telles que le suivi post-tentative, la coordination renforcée entre hôpitaux et première ligne, et une continuité de soins mieux assurée pour les jeunes en détresse.