L’impact du recul de l’immigration économique en Belgique sur la Wallonie
Session : 2025-2026
Année : 2025
N° : 71 (2025-2026) 1
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Question écrite du 29/09/2025
de CLOQUET Jean-Jacques
à JEHOLET Pierre-Yves, Ministre de l'Economie, de l'Industrie, du Numérique, de l'Emploi et de la Formation
Le dernier rapport de Myria révèle un léger recul de la migration économique en Belgique depuis 2022, tendance confirmée en 2024. Le nombre de visas long séjour pour raisons professionnelles a diminué de 9 %, tandis que les premières demandes de « permis unique » ont reculé de 12 %, surtout en Flandre et à Bruxelles. Fait notable : la Wallonie, qui partait de plus bas, connaît une progression relative.
Ce phénomène s'inscrit dans un contexte de ralentissement économique et de durcissement des conditions d'accès à la migration économique. Pourtant, notre marché de l'emploi reste l'un des plus tendus d'Europe, et les besoins en main-d'œuvre, notamment dans certains secteurs en pénurie, demeurent élevés.
M. le Ministre dispose-t-il d'analyses spécifiques sur l'évolution de la migration économique en Wallonie et ses impacts sur le marché de l'emploi régional ?
Quels secteurs wallons bénéficient de cette légère progression du recours à la main-d'œuvre étrangère ?
Quelles mesures la Région entend-elle mettre en œuvre pour attirer les profils qualifiés dont nos entreprises ont besoin, tout en garantissant une intégration socioprofessionnelle réussie ?
Enfin, quelles synergies sont envisagées avec les dispositifs de formation et d'emploi existants pour limiter les tensions persistantes sur le marché du travail wallon ?
Comme l’honorable membre le mentionne, selon le dernier rapport de Myria, la migration économique progresse en Wallonie.
Cette progression s’illustre à travers le nombre d’autorisations de travail demandées auprès de la Région wallonne : voir annexe.
Les « visas long séjour », cités par Myria, sont, eux, délivrés par l’Office des Étrangers.
En tout état de cause, la progression de la migration économique est de l’ordre de 20 % par an depuis deux ans. Elle est similaire dans ces proportions tant au niveau des demandes introduites que des octrois découlant de leur traitement.
Les années 2020 à 2022 ont essentiellement été marquées par les conséquences de baisse d’activité et de baisse des relations internationales en raison de la crise sanitaire.
L’analyse de ces chiffres en vue d’explications exhaustives reste un exercice difficile, tant ceux-ci, sommes de situations individuelles, peuvent évoluer au regard de contextes internationaux comme le Brexit, la guerre en Ukraine, les conflits israélo-palestiniens ou Indo-Pakistanais bloquants des délivrances de visas, le contexte américain, et cetera, mais aussi nationaux ou encore locaux, de politiques et de changements de réglementation mis en œuvre au niveau régional ou autres, de situations de secteurs ou de grandes entreprises.
Enfin, une réflexion est en cours sur une éventuelle actualisation de l’arrêté du Gouvernement wallon du 6 juin 2024 relatif à l’admission au travail de travailleurs étrangers. L’objectif serait d’articuler au mieux, d’une part, la (re)mise à l’emploi prioritaire des chercheurs d’emploi wallons par le FOREm et, d’autre part, le recours à la migration économique destinée à répondre aux besoins non rencontrés des entreprises, dans une optique de développement économique pour la Wallonie.