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La lutte contre la malbouffe facilitée par la présence de fast-foods

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2025
  • N° : 234 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 21/10/2025
    • de DEJARDIN Valérie
    • à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
    En avril dernier, j’interrogeais M. le Ministre sur l'impact sanitaire et territorial de l'implantation massive des chaînes de restauration rapide. Il avait alors souligné les axes du Plan wallon de promotion de la santé (WAPPS) et indiqué qu'une collaboration intersectorielle avec ses collègues en charge de l'Aménagement du territoire et de l'Économie était envisageable pour agir tant sur l'urbanisme que sur la régulation de la publicité.

    Où en sont ces contacts ? Interrogé sur la situation, son collègue en charge de l'urbanisme a indiqué qu'il n'y avait pas de règle spécifique sur le sujet.

    Pendant que nous ne faisons rien, la situation s'aggrave. Les grandes chaînes multinationales de la malbouffe poursuivent une stratégie d'implantation particulièrement agressive.

    Dans ce contexte, certaines communes en Région bruxelloise envisagent une taxe dissuasive sur les fast-foods, excluant les petits indépendants, pour tenter d'enrayer ce phénomène.

    M. le Ministre estime-t-il, à l'instar des autorités d'Auderghem, que l'outil fiscal est un outil intéressant pour limiter l'implantation des succursales des multinationales de la malbouffe ?

    Au niveau local ou régional ? Le cas échéant, d'un point de vue budgétaire, qu'est-ce que cela pourrait rapporter à la Wallonie ?

    Au-delà de la taxation ou de la limitation urbanistique, quelles mesures de prévention ciblées, notamment en milieux scolaires, sont envisagées pour accompagner les jeunes et les familles vers une alimentation plus saine ?

    La Wallonie doit se montrer ambitieuse face à cette crise sanitaire silencieuse, mais destructrice. La lutte contre la malbouffe ne se gagnera pas uniquement dans les assiettes, mais aussi dans les politiques publiques et dans l'espace public.
  • Réponse du 22/10/2025
    • de COPPIETERS Yves
    L'alimentation saine constitue un outil majeur de prévention des maladies chroniques. Mais cette alimentation doit être soutenue par un environnement favorable : disponibilité, accessibilité économique, qualité nutritionnelle, durabilité... Ce sont des éléments indissociables pour avoir un réel impact sur la santé publique.

    Depuis ma réponse d’avril dernier, en plus de l’appel à projets relatif à « En Wallonie, tous ensemble vers une société en santé favorisant des modes de vie sains » qui a pour objectif principal de lutter contre l’excès de poids et l’obésité, j’ai initié la mise en place d’un nouveau cadre de soutien à la transition de la restauration collective saine et durable à l’horizon 2030 et une stratégie alimentaire wallonne transversale a été lancée avec une vision systémique autour de cinq leviers : la restauration collective, la grande distribution, la lutte contre le gaspillage, les aides alimentaires et l’animation territoriale.

    Cette stratégie vise à rendre l’alimentation saine, accessible, durable (notamment via le local et le bio), culturellement adaptée et équitable. Elle répond ainsi non seulement à des objectifs de santé publique, mais aussi à des impératifs environnementaux et sociaux.

    Les milieux scolaires et les jeunes en Wallonie, par contre, ne sont pas de la compétence de la promotion de la santé de la Région wallonne : ils relèvent de l’ONE et de ma Collègue, Valérie Lescrenier. Aucun opérateur wallon n’est d’ailleurs agréé pour ces populations spécifiques.

    À l’initiative de nos cabinets respectifs, le comité stratégique qui rassemble l’AViQ et l’ONE a été remis en place : une série de groupes de travail se sont mis en place entre les administrations afin de mieux se coordonner et de formuler des propositions conjointes. L’ONE a lancé une initiative de concertation avec ses partenaires à laquelle l’AViQ va répondre. Nul doute que ces initiatives sont de nature à rapprocher les deux administrations pour faire face aux besoins de notre population.

    Les deux administrations se sont encore réunies ce 15 octobre en vue de renforcer leur dialogue, les actions complémentaires qu’elles mènent et d’actualiser la convention qui les unit, dans une vision harmonisée.