à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
Le mercredi 12 novembre s'est tenue l'inauguration du Pôle circuit court de Liège. Ce nouveau centre logistique implanté à quelques centaines de mètres du marché matinal va permettre de transformer, stocker et distribuer des produits alimentaires durables et de qualité aux cantines scolaires, crèches, hôpitaux ou encore maisons de repos, à travers le travail de la légumerie-conserverie de Terra Alter.
En chiffres, le nouveau Pôle circuit court de Liège devrait représenter de 70 à 80 000 repas servis quotidiennement dans les collectivités grâce à 130 producteurs locaux, le tout comprenant une grande majorité de produits bio. En plus de fournir des produits locaux et de qualité à nos enfants et aux cantines de collectivités, le Pôle circuit court de Liège et les coopératives qui s'activent derrière lui sont un magnifique exemple de l'importance de l'économie sociale.
Il faut continuer et répandre le travail qui a déjà été fait. Soutenir l'alimentation locale, durable et saine, c'est aussi assurer notre souveraineté alimentaire dans un contexte très tendu au niveau international.
D'autres projets de ceintures alimentaires existent, je pense par exemple à celle de Charleroi, mais le travail doit continuer pour que les produits sains, bio et locaux dont vont bénéficier les collectivités liégeoises puissent être accessibles à plus grande échelle sur le territoire wallon. En Brabant wallon, il y a encore du travail d'ailleurs pour créer une véritable ceinture alimentaire dans un territoire plus densément peuplé.
Dès lors, qu'a prévu M. le Ministre pour étendre ces initiatives plus largement en Wallonie et pour soutenir les projets de ceintures alimentaires, mais aussi, plus largement, la relocalisation de notre alimentation dans l'ensemble de ses maillons ?
Par ailleurs, lors de son discours d'inauguration du Pôle circuit court de Liège, il a évoqué le lancement d'un appel à projets sur l'alimentation durable.
Peut-il nous donner les détails de cette initiative ?
Réponse du 02/12/2025
de COPPIETERS Yves
Ces dernières années, de nombreuses initiatives ont émergé en Wallonie: ceintures alimentaires, maisons de l’alimentation durable, conseils de politique alimentaire ainsi qu’une multitude d’autres initiatives. Elles jouent un rôle essentiel dans la transition. Cependant, leurs actions restent fragmentées et manquent de lisibilité, faute d’un cadre clair.
La volonté est précisément de dépasser ces limites en décloisonnant l’action publique, afin de soutenir des projets alimentaires territoriaux intégrés. Plutôt que d’empiler des projets isolés, il s’agit de financer des initiatives qui rassemblent les dimensions santé, environnement, action sociale, économie sociale et développement durable, dans une logique de cohérence, de complémentarité et de vision systémique.
Mon ambition est de capitaliser sur l’expertise existante et de renforcer l’impact de ces acteurs en créant un véritable réseau d’animation territoriale, capable de structurer la coopération entre eux. Ce réseau reposera sur une échelle intermédiaire, suffisamment large pour mobiliser les forces vives du territoire, mais proche des réalités locales.
L’objectif est simple : assurer l’alignement des actions territoriales avec la stratégie régionale, tout en valorisant les ressources et expertises déjà présentes, y compris celles issues de l’économie sociale.
Cette approche encouragera la coopération entre des acteurs aux profils variés - producteurs, coopératives, associations, opérateurs sociaux et de santé, pouvoirs locaux, acteurs de la transformation et de la distribution - afin de constituer de véritables consortiums d’acteurs engagés dans la transformation systémique de nos systèmes alimentaires.
C’est dans ce cadre que j’ai évoqué, lors de mon discours d’inauguration du Pôle circuit court de Liège, mais également lors de la journée de rencontre des acteurs de la transition alimentaire du 16 octobre, le lancement d’un nouveau dispositif de financement, sous forme d’un appel à manifestation d’intérêt. Le dossier est actuellement soumis à l’avis de l’Inspection des finances en vue d’un prochain passage en Gouvernement.
Cet appel à manifestation d’intérêt aura pour objectif d’identifier des projets territoriaux capables d’agir concrètement en soutien local à la politique régionale que je mène pour une alimentation saine et durable. Les projets devront démontrer leur capacité à travailler de manière transversale, à mobiliser des partenariats locaux solides et à produire des résultats mesurables.
Sans préempter les arbitrages qui devront être actés en Gouvernement, les critères porteront notamment sur la cohérence du projet territorial, la capacité à décloisonner les politiques publiques, la solidité du consortium d’acteurs, l’impact social, environnemental, économique et sanitaire, la viabilité et la pérennité des actions proposées.
Nous comptons sur ce dispositif et son ambition pour contribuer à l’accélération de la relocalisation de notre alimentation, en soutenant des outils et des acteurs structurants. L’expérience liégeoise montre qu’un outil et un écosystème structurant peuvent changer l’échelle et l’ambition d’un territoire ; nous voulons donner cette possibilité à d’autres régions de Wallonie.
Je veillerai à ce que les moyens nécessaires soient mobilisés pour garantir la continuité des projets jusqu’à la sélection des lauréats du nouveau dispositif, que nous visons à rendre opérationnel au premier semestre 2026. Que l’honorable membre soit en tout cas certain qu’à travers ce dispositif, mon objectif est clair : offrir un cadre de financement plus stable, structurel et lisible, fondé sur des projets intégrés, à fort impact et dotés d’objectifs cohérents, transversaux et mesurables.