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La propagation de la grippe aviaire en Wallonie

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2025
  • N° : 166 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 27/11/2025
    • de HUBERTY François
    • à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
    Ce dimanche 23 novembre, la presse transmettait deux informations peu rassurantes au sujet de la grippe aviaire. Premièrement, un foyer de grippe aviaire a été détecté à Gembloux, menant malheureusement, selon RTL Info, à l'abattage de plus de 11 000 poulets bios. Ce nouveau foyer a conduit à la mise en place d'une zone de protection de 3 kilomètres autour de l'élevage, et à une zone de surveillance s'étendant jusqu'à 10 kilomètres. Cet événement survient quelques jours seulement après la détection d'un autre foyer à Kinrooi, en Province du Limbourg.

    Deuxièmement, un habitant de l'État de Washington serait décédé après avoir contracté une forme rare de grippe aviaire « jamais détectée jusque-là chez l'être humain ». Le variant, évoqué par l'Université de Washington, serait le H5N5.

    Mme la Ministre confirme-t-elle les informations relayées par la presse ?

    Où en est la propagation de la grippe aviaire sur notre territoire ?

    Quelles mesures met-elle en œuvre afin d'en monitorer la propagation auprès des animaux sauvages et de favoriser les bons gestes auprès de nos concitoyens – comme le fait de ne pas s'approcher d'un oiseau mort ?

    Quelles concertations Mme la Ministre mène-t-elle avec le niveau fédéral, au niveau de la protection de la chaîne alimentaire, mais également avec son collègue wallon en charge de la Santé, afin de mener une action efficace et de favoriser les synergies sur ce dossier ?

    Quels sont les variants actuellement présents sur notre territoire ?

    Quel est le risque actuel de transmission à l'homme de ces variants ?
    Si le cas américain venait à être révélateur d'une nouvelle forme de la grippe aviaire contagieuse pour l'être humain, comment et sous quel délai pourrions-nous agir pour éviter que celui-ci ne se retrouve sur notre territoire ?
  • Réponse du 29/12/2025
    • de DALCQ Anne-Catherine
    Depuis octobre 2025, plusieurs foyers de grippe aviaire hautement pathogène (H5N1) ont été confirmés chez des oiseaux domestiques en Belgique. Le variant H5N1 est le seul détecté en Belgique actuellement. En particulier en Wallonie, un foyer dans un élevage amateur a été détecté le 20 octobre 2025 à Welkenraedt, et trois foyers dans des exploitations avicoles situées dans la province de Namur près de Gembloux : un élevage de 11 500 poulets de chair, un élevage de reproduction comptant environ 6 500 volailles et un élevage de 250 canards destinés à la production de viande.

    En Wallonie, la surveillance de la grippe aviaire dans l’avifaune s’articule en deux volets :
    1) une surveillance passive basée sur le dépistage du virus sur des carcasses d’oiseaux retrouvés morts ;
    2) une surveillance active par prise d’écouvillons sur des animaux apparemment sains, capturés pour le baguage par l’Institut des Sciences naturelles, et ceux tirés à la chasse en collaboration avec la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Liège.

    La prévalence de cet automne sur les oiseaux trouvés morts est de 27 % (95/354). Deux évènements provenaient de la surveillance active. Ces anatidés (cygnes, oies et canards) ne présentaient pas de signes cliniques et présentaient un portage viral faible. À ce jour, aucune restriction n’est appliquée à la chasse.

    Un décès lié à la grippe aviaire H5N5 aux États-Unis a été signalé par le Département de la Santé de l’État de Washington en novembre 2025. L’enquête menée par les autorités sanitaires a révélé que le patient élevait des volailles dans son jardin, lesquelles avaient été exposées à des oiseaux sauvages.

    Afin de renforcer la sensibilisation au risque d’infection provenant des animaux et à l’importance des mesures préventives appropriées, le SPW ARNE a diffusé plusieurs actualités sur son portail Biodiversité informant les citoyens à la prudence, de ne pas toucher d’oiseaux trouvés morts et de tenir les chiens en laisse, tout en rappelant de contacter le Département de la Nature et des Forêts. Quand un foyer est identifié sur un lieu public fréquenté, des affiches sont également placées pour avertir les citoyens.

    Le virus H5N1 reste mal adapté à l’homme. La transmission des oiseaux à l’homme est rare et aucune transmission entre humains n’a été observée. La transmission des virus de la grippe aviaire à l’homme doit être identifiée le plus rapidement possible afin de mettre en place le suivi des personnes et des mesures de santé publique pour enquêter sur toute éventuelle transmission interhumaine. Des contacts entre mon administration, l’AViQ et l’AFSCA sont établis permettant de signaler des informations sanitaires de la faune sauvage présentant un risque pour la santé publique et la santé des animaux d’élevage. Tout cas de grippe aviaire hautement pathogène détecté en avifaune est directement notifié par le laboratoire de référence national (Sciensano) auprès de l’AFSCA qui se charge de notifier la Commission européenne. Dans le cadre du projet ZOOIS coordonné par l’AViQ et Sciensano, mon administration transmet à l’AViQ des signalements d’exposition à risque zoonotique afin que l’AViQ inclue les personnes exposées à des animaux infectés par le virus de la grippe aviaire dans l’étude de surveillance post-exposition.

    Dans le contexte des menaces de maladies zoonotiques, un protocole d’accord entre l’État fédéral, les Communautés et les Régions est en cours de concertation afin d’élargir le Risk Management Group avec des représentants des autorités régionales compétentes en matière de zoonose.