/

L’impact de la hausse de la taxe d’embarquement sur l’aéroport de Charleroi

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2025
  • N° : 159 (2025-2026) 1

2 élément(s) trouvé(s).

  • Question écrite du 04/12/2025
    • de CLOQUET Jean-Jacques
    • à NEVEN Cécile, Ministre de l'Energie, du Plan Air-Climat, du Logement et des Aéroports
    Le Gouvernement fédéral a annoncé une nouvelle hausse de la taxe d'embarquement, qui doublera pour les vols de plus de 500 km, passant de 5 à 10 euros, après une première augmentation en juillet dernier. Cette taxe, applicable à chaque billet émis au départ d'un aéroport belge, risque d'être répercutée sur le prix payé par les voyageurs et pourrait détourner une partie des passagers vers des pays voisins moins taxés.

    La compagnie Ryanair a immédiatement réagi, dénonçant une mesure qui nuirait à la compétitivité de la Belgique face à des pays qui réduisent ou suppriment ce type de taxe pour stimuler la croissance du secteur. Si Ryanair n'évoque pas encore explicitement un retrait d'aéroports belges, l'exemple français interpelle : l'entreprise y a suspendu cet hiver ses opérations dans plusieurs aéroports régionaux après une augmentation jugée excessive des taxes aériennes.

    L'aéroport de Charleroi, dont l'activité repose largement sur Ryanair, serait particulièrement exposé à une baisse de fréquentation ou à une réduction de capacités. Les impacts potentiels sur l'emploi, le trafic et l'attractivité aéroportuaire wallonne méritent donc une attention accrue.

    Mme la Ministre dispose-t-elle d'éléments d'analyse quant aux effets potentiels de cette nouvelle hausse de taxe sur le trafic aérien en Wallonie, et en particulier sur Brussels South Charleroi Airport ?

    A-t-elle eu des contacts avec les acteurs concernés, notamment Ryanair, afin d'évaluer le risque d'une réduction d'activité similaire à celle observée en France ?

    Enfin, quelles démarches la Wallonie peut-elle entreprendre pour préserver l'attractivité de ses aéroports dans un contexte de fiscalité fédérale en hausse ?
  • Réponse du 06/01/2026
    • de NEVEN Cécile
    Ryanair, qui représente plus de 80 % du trafic à Charleroi, a annoncé :
    • -1 million de passagers à Bruxelles et à Charleroi ;
    • retrait de 5 avions basés à Charleroi (sur 18 avions basés) ;
    • suppression de 13 lignes à Charleroi ;
    • et ceci pour la saison hiver 2026–2027.

    Les conséquences estimées par l’aéroport de Charleroi d’une potentielle perte de 5 des 18 avions basés seraient lourdes :
    - 1 100 emplois directs et indirects menacés, dont 150 au sein même de l’aéroport ;
    - près de 100 millions d'euros de retombées économiques en moins pour l’économie belge ;
    - une atteinte directe à l’emploi hennuyer : 71 % des emplois directs/indirects se trouvent dans le Hainaut, dont 40 % dans les 9 communes proches de l’aéroport et 25 % dans la ville de Charleroi.

    Selon BSCA, ce n’est pas tant l’existence d’une taxe ou d’une contrainte prise isolément qui pose un problème, mais le fait que l’équilibre économique qui faisait la force du modèle de Charleroi a été modifié dans un laps de temps très court. Je partage ce constat.

    La Région évalue actuellement la taxe communale de Charleroi sur l’exploitation de l’aéroport et exercera, le cas échéant, sa tutelle à travers le ministre des Pouvoirs locaux.

    Pour ma part, je ne manque pas de relayer les intérêts de nos aéroports auprès des instances fédérales compétentes.

    Dès que ces incertitudes sur les taxes fédérales et communales seront levées, il s’agira de soutenir le Management dans l’exécution de son master plan afin de donner un avenir serein et poursuivre de rendre l’aéroport encore plus attractif.