Le démantèlement de la centrale nucléaire de Chooz (France) et les impacts sur l’environnement en Wallonie
Session : 2025-2026
Année : 2026
N° : 591 (2025-2026) 1
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Question écrite du 16/01/2026
de HAZEE Stéphane
à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
Selon plusieurs articles de presse récents, le démantèlement de la centrale nucléaire de Chooz, située en France à quelques kilomètres de la frontière wallonne, a été stoppé suite à des contaminations survenues lors de la découpe de la cuve du réacteur, entraînant l'interruption des travaux et suscitant de vives inquiétudes quant au respect des procédures de sécurité et à l'évaluation des risques transfrontaliers pour l'environnement et les populations riveraines. Ces faits mettent en évidence, d'une part, des lacunes apparentes dans la conduite et la surveillance du démantèlement et, d'autre part, l'absence totale de communication proactive avec les autorités belges voisines !
L'article D.29-24-7 du Code wallon de l'environnement relatif à la convention d'Espoo prévoit notamment que, lorsqu'un projet est susceptible d'avoir des incidences notables sur l'environnement de la Région wallonne, « les informations sur […] le projet accompagné des documents d'évaluation des incidences, qui ont été transmis par les autorités compétentes de cette autre Région ou de cet autre État, sont mises à la disposition du public et des instances désignées par le Gouvernement ».
Il serait donc légitime que la Wallonie et les communes concernées soient au minimum informées, mais aussi consultées et associées aux travaux de la Commission locale d'information de Chooz, et puissent exercer un suivi effectif de ce dossier.
Dans ce contexte, quelles dispositions M. le Ministre a-t-il prises afin de garantir que la Wallonie et les communes frontalières soient informées de manière systématique du suivi et des incidents liés au démantèlement de la centrale de Chooz ?
Quels contacts entretient-il avec les autorités françaises afin que la Wallonie et les communes concernées soient associées aux instances de concertation et d'information telles que la Commission locale d'information ?
Comment assure-t-il la surveillance environnementale afin de prévenir tout risque pour la population et l'environnement wallons ?
Réponse du 12/02/2026
de COPPIETERS Yves
Avant tout, qu’il me soit permis de rappeler que la gestion du nucléaire dans son ensemble est une compétence fédérale et que mon administration n’est dès lors pas en première ligne pour la collecte d’informations à ce sujet. Il nous faut néanmoins, bien entendu, rester vigilants pour tout impact que les activités de ce secteur pourraient avoir sur l’environnement.
Cependant, si la presse a en effet fait écho de problèmes récurrents lors du démantèlement du réacteur de Chooz A qui ont amené l’Autorité de sûreté nucléaire et radioprotection (ASNR) française à demander l’arrêt du chantier, ces incidents ne semblent pas concerner l’extérieur du site et donc l’environnement.
L’ASNR a en effet constaté un nombre croissant de déclenchements des balises de la surveillance de la contamination atmosphérique et une augmentation du nombre de cas de contamination d’opérateurs.
Néanmoins, ces cas n’ont pas dépassé le niveau 0 de l’échelle internationale de classification des événements nucléaires. Cette échelle va de 0 à 7. Le niveau 0 est défini comme « Aucune importance au niveau de la sûreté » et ce n’est qu’à partir du niveau 3 que l’on observe un rejet en dehors du site. On ne doit dès lors pas craindre, pour Chooz A, un effet sur l’environnement.
Concernant les inquiétudes de l’honorable membre quant à l’information de la Belgique, depuis une trentaine d’années, le site de Chooz dispose d’une Commission locale d’information (CLI), comme tout site nucléaire français. La CLI de Chooz comporte 54 membres, dont 5 représentants belges. Parmi ceux-ci, on note le Gouverneur de la Province de Namur, le Bourgmestre de Doische, un membre de l’Agence Fédérale de Contrôle nucléaire, un représentant du Bureau économique de la Province de Namur et un représentant d’associations de protection de l’environnement. Nous pouvons donc considérer que tout est mis en place pour qu’une information complète et validée parvienne bien en Région wallonne.