La limitation de la vitesse sur la N90 entre Andenne et Sclayn
Session : 2025-2026
Année : 2026
N° : 870 (2025-2026) 1
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Question écrite du 06/02/2026
de HAZEE Stéphane
à DESQUESNES François, Ministre du Territoire, des Infrastructures, de la Mobilité et des Pouvoirs locaux
La N90 traverse la ville d'Andenne et prend le nom de chaussée d'Anton entre Andenne et le village de Sclayn. La portion de cette chaussée est une longue ligne droite qui amène certains conducteurs à dépasser les vitesses autorisées.
En avril 2025, le journal L'Avenir faisait état de trois accidents sur une distance de 50 mètres en une seule année, sur la chaussée d'Anton, entre le Fond du Chenal et le Recyparc d'Andenne. À deux reprises et pour deux habitations différentes, cela s'est soldé par une façade démolie, un relogement, et des démarches longues et désagréables. D'après l'Institut Vias, cité par L'Avenir, sur la N90 qui traverse le territoire de la ville d'Andenne, il y a eu 8 accidents faisant au moins un tué ou un blessé entre 2014 et 2023. En 2023, il y aurait eu 15 accidents.
Les riverains se mobilisent notamment pour que de nouveaux aménagements soient réalisés. Sont évoqués par les citoyens : radar-tronçon, chicane, limitation de vitesse, dos-d'âne, feu tricolore.
À la question que je lui ai posée en avril dernier, M. le Ministre m'avait répondu que son administration et la commune d'Andenne devaient convenir d'une réunion. Cette réunion a eu lieu le 12 mai 2025 et a débouché sur la demande d'analyse de trafic à la zone de police des Arches.
L'Avenir nous a rapporté, dans son édition du 28 mai dernier, que le collège communal avait été interpellé sur cette question lors d'une séance du conseil communal le 26 mai 2026. Selon nos informations, le bourgmestre aurait déclaré dans ce contexte qu'il n'y avait pas de problème généralisé de vitesse sur cet axe. Il a ajouté que des mesures comme le renforcement de la signalisation au niveau du virage concerné étaient à l'étude, mais qu'aucun aménagement structurel lourd n'était prévu.
Le 6 janvier dernier, en Commission de l'aménagement du territoire, de la mobilité et des pouvoirs locaux, nous avons eu à traiter de la pétition titrée « Stop à la Chaussée d'An…tombe ! ». Si le nombre de signataires n'a pas pu permettre l'audition des citoyens concernés, le Collectif citoyen avait mené des actions au printemps pour faire entendre leur voix.
Je souhaite prolonger cet échange en interrogeant M. le Ministre sur le suivi du dossier.
Quelle est son appréciation quant à l'analyse de ce dossier ?
Quelles sont les conclusions de l'analyse de vitesse ?
L'analyse de vitesse donne-t-elle une orientation définitive à cette problématique ?
Le fait que cette analyse ait été réalisée durant le congé de printemps ne rend-elle pas la conclusion partielle ?
Le nombre d'accidents enregistrés sur la zone ne doit-il pas pousser les différentes autorités à plus d'engagements pour la réduction de la vitesse sur ce tronçon ?
Comme gestionnaire de la voirie, quelle est la position de M. le Ministre ?
Des aménagements peuvent-ils être prévus pour remédier à cette dangerosité ?
Une concertation a-t-elle eu lieu avec les riverains, avec les associations de cyclistes ou de piétons et les autorités communales ?
En matière de sécurité routière et d'encouragement à une mobilité plus durable, les modes doux constituent évidemment un point d'attention prioritaire. Une réflexion particulière est-elle prévue à cet égard sur ce tronçon ?
Réponse du 03/03/2026
de DESQUESNES François
Les données issues des véhicules connectés ainsi que l’examen de l’accidentalité sur plusieurs années permettent de disposer d’une base d’analyse suffisamment large. À l’échelle wallonne, ce tronçon n’est pas identifié comme présentant une densité moyenne ou élevée d’accidents sur la période 2020-2024.
Au regard du nombre d’accidents recensés et du volume de trafic enregistré supérieur à 16 000 véhicules par jour, la situation observée est comparable à celle d’autres voiries de gabarit similaire.
L’analyse de vitesse réalisée par la zone de police des Arches indique une V85 d’environ 68 km/h pour une vitesse maximale autorisée de 70 km/h, conforme au contexte bâti. Ces résultats ne mettent pas en évidence un dépassement généralisé de la vitesse autorisée nécessitant une adaptation du régime de vitesse en vigueur.
Bien que les riverains aient un sentiment d’insécurité et de dangerosité, l’infrastructure n’est pas à mettre en cause.
Aucune modification structurelle lourde de la RN90 n’est envisagée à ce stade. Le virage concerné fera l’objet d’un renforcement de la signalisation par la pose d’un signal A1a dans le sens Andenne-Namur. Une demande de contrôles complémentaires a été adressée à la zone de police.
Je rappelle que la Région met à disposition des zones de police gratuitement les lidars et que, chaque année, 150 radars fixes ou tronçons sont installés sur les routes régionales sur base des demandes formulées par les communes et les zones de police, en tenant compte des critères de priorisations objectifs.
Par ailleurs, le RAVeL longeant la RN90 offre un itinéraire sécurisé et attractif spécifiquement dédié aux cyclistes et aux piétons.