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La situation du cantonnement du Département de la nature et des forêts (DNF) d’Eupen

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2026
  • N° : 268 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 11/02/2026
    • de DEJARDIN Valérie
    • à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
    Dans une lettre ouverte du début de ce mois de février, la Fédération des agents des forêts et de l'Amicale des chefs de cantonnement du DNF alertent sur la situation de sous-effectif des cantonnements du DNF en ce compris celui d'Eupen.

    Il est indiqué dans cette lettre qu'au cantonnement d'Eupen, seuls 12 postes sont actuellement occupés sur 20 (bientôt 11). Le service ne compte plus que 2 ouvriers forestiers domaniaux pour plus de 5 000 hectares de forêts domaniales. 4 triages forestiers sur 10 sont inoccupés, y compris dans des zones urbanisées et rurales soumises à de fortes sollicitations des citoyens et des communes. Aucun agent gradué n'est en fonction et l'unique agente administrative est engagée sous contrat de remplacement, en fin de durée.

    Quelles sont les conséquences opérationnelles de ce sous-effectif ?

    Comment Mme la Ministre entend-elle régler cette situation ?
  • Réponse du 30/03/2026
    • de DALCQ Anne-Catherine
    J’ai pleinement conscience de l’importance des missions assurées par le DNF, notamment au bénéfice des communes.

    Le cas du cantonnement d’Eupen est particulièrement aigu. S’agissant d’un cantonnement germanophone, les mutations internes en provenance d’autres services du département sont plus rares, la qualité de germanophone étant une condition requise pour les candidats.

    Les conséquences sont nombreuses sur l’exercice des missions du DNF. J’ai bien conscience des besoins sur le terrain et ce que le manque d’effectifs peut induire. J’ai déjà eu l’occasion de souligner l’importance des missions assurées par le DNF, notamment au bénéfice des communes.

    J’ai rencontré la Fédération des agents forestiers et l’Amicale des chefs de cantonnement à la suite de la publication de leur lettre ouverte. Cette réunion a été très constructive.

    J’ai également rencontré la hiérarchie : le directeur général ainsi que le Comité de département (CODEP) du DNF, qui reprend l’Inspecteur général et les différents directeurs.

    Plusieurs rencontres se sont tenues avec le CODEP afin de poursuivre les travaux relatifs à la situation du département de la nature et des forêts, et à l’analyse des missions susceptibles d’être temporairement suspendues proposées par le CODEP.

    J’ai demandé que cette proposition soit complétée par une analyse sur la charge de travail et la charge mentale des agents, sur l’impact interne au service de l’administration, ainsi que les impacts externes vis-à-vis de tiers, dont les communes.

    Ce travail doit permettre aux directions et aux agents du département de prioriser la mise en œuvre de leurs missions essentielles et fondamentales. J’ai également clairement indiqué que toute suspension de mission devra s’accompagner d’une évaluation de ses effets concrets, tant sur la charge de travail que sur la continuité des missions et des relations avec les partenaires locaux. En plus de ces éléments d’objectivation nécessaires, j’ai donné un cadre clair au CODEP et au directeur général afin de sortir de cette logique de liste fermée et de prioriser les actions sur la base de cette analyse d’impact :
    - certaines missions ne doivent pas être suspendues en raison de leur caractère légal ou réglementaire, de leurs liens avec d’autres niveaux de pouvoir - comme certaines obligations européennes - ou de leur impact pour des tiers, comme les communes ;
    - certaines missions doivent pouvoir être adaptées dans leur mise en œuvre en fonction des réalités de terrain ;
    - enfin, certaines missions peuvent être suspendues de manière transversale sur base de cette méthodologie et de cette grille de lecture.

    À ce stade, aucune décision définitive n’a été arrêtée. Une réunion extraordinaire du CODEP, élargie aux chefs de cantonnement et à certains agents, s’est tenue la semaine dernière afin de concerter les propositions du CODEP ainsi que leur applicabilité et leur mise en œuvre.

    Cette suspension temporaire et cette priorisation des missions, comme j’ai pu le rappeler lors des réunions avec le CODEP, doivent rester une première étape afin de répondre à court terme à la situation actuelle.

    Il s’agit de poursuivre la réorganisation du travail au sein du SPW ARNE sous le pilotage du directeur général. L’autre levier identifié est la simplification administrative et la réduction de la charge administrative liée à l’exécution des missions. Plusieurs pistes concrètes ont déjà été évoquées, elles devront être approfondies et concrétisées.

    Enfin, il convient également de prendre en considération que le plan de personnel de l’ARNE pourra contribuer à apporter certaines réponses à la situation actuellement rencontrée au sein du DNF. Si des disparités géographiques existent aujourd’hui en raison d’inégalités dans la disponibilité des ressources humaines, celles-ci seront progressivement atténuées par une réorganisation interne et une répartition plus équitable des moyens disponibles.

    Sur ce point, je rappelle que le directeur général élabore le plan de personnel dans le cadre d’une enveloppe globale budgétaire fixée par le Gouvernement sur base de la méthodologie proposée par le Costra.

    À ce stade, le plan de personnel prévoit l’engagement de trois chefs de cantonnement.

    Une demande d’ouverture des postes d’encadrement a été transmise par la DG Support à la ministre de la Fonction publique, qui devrait statuer prochainement sur ce point. Je soutiens cette demande, qui permettrait de pourvoir aux postes d’encadrement des services extérieurs du DNF. Dans ce cadre, les agents promus par avancement de grade seraient remplacés poste pour poste.

    L’objectif de ces actions reste d’assurer la continuité du service public tout en garantissant le bien-être des agents.